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Bourse : l'heure de l'avalanche approche (Pierre Sabatier)

24/11/2014 - 10:15 - Sicavonline (mis à jour le : 25/11/2014 - 13:56)



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Les marchés financiers changent de paradigme et cela n'augure rien de bon pour la bourse, c'est du moins le scénario de Pierre Sabatier, président du cabinet d'analyse économique PrimeView et membre fondateur des Econoclastes aux côtés d'Olivier Delamarche.


Rien ne semble devoir contrarier l'irrésistible ascension de Wall Street. Le S&P 500 caracole de sommets inédits en records historiques, ajoutant plus de 10 % de gains à cinq années de hausse ininterrompue. Le Dow Jones de son côté s'établit plus de 3000 points au-dessus de son précédent pic de 2007 et rien ne semble pouvoir entraver l'inexorable progression des indices Actions américains.

Toutefois, selon Pierre Sabatier, « l'accumulation d'un certain nombre d'indices laisse penser que l'heure de l'avalanche se rapproche dangereusement pour les prix des actifs risqués. »

En tout premier lieu, la valorisation tendue des marchés boursiers américains ne saurait être davantage ignorée, au dire du président du cabinet d'analyse économique PrimeView.

« Lorsque l'on regarde les niveaux de valorisation, on constate que ceux-ci atteignent des seuils  qui historiquement ont souvent concordé avec des moments après  lesquels les corrections ont été  relativement massives. » car pour celui qui est aussi membre fondateur des Éconoclastes aux côtés d'Olivier Delamarche une bulle est à l'œuvre sur les marchés actions américains, quand bien même le PER moyen de Wall Street serait seulement de 18.

« Le PER facial, si on ne le retraite par des éléments cycliques, apparaît à peu près dans sa moyenne historique,» convient Pierre Sabatier qui précise que « c'est oublié qu'aujourd'hui les taux de marge des entreprises américaines sont sur des sommets historiques. Les taux de marge actuels n'ont jamais été atteints. Le taux de marge des entreprises du S&P 500 dépasse maintenant 11 %. En 2007, tout comme au début des années 2000, il n'avait pas dépassé les 10 % ».

D'aucuns ne verront dans leur rentabilité présente que la manifestation de l'éclatante santé des sociétés américaines qui parviennent à dégager plus de profits avec des chiffres d'affaires parfois moins élevés que cinq ans auparavant. « Sauf que, » nuance en bon éconoclaste Pierre Sabatier « le risque pour demain réside dans la soutenabilité de tels taux de marge. » La question est donc de savoir ce qui rend ces taux de marge aussi élevés ?

Pierre Sabatier d'égrener : « Des prix de l'énergie faibles – les cours du gaz de schiste sont déjà très bas, ils n'ont plus tendance à décroître. Leur faiblesse est déjà intégrée par le marché – », mais aussi « un coût du capital très faible depuis cinq ans » grâce à l'action de la Réserve fédérale des États-Unis dont le quantitative easing a écrasé les taux d'intérêt - toutefois, imaginer aujourd'hui que le mouvement puisse se prolonger ne semble guère plausible eu égard à ce qui a déjà été réalisé. Enfin, l'absence totale depuis cinq ans de l'inflation salariale a elle aussi contribué aux marges records dégagées par les compagnies américaines.

Dans un tel environnement, l'économiste estime que le « véritable risque est effectivement que nous ne soyons pas sur un bas de cycle des profits des entreprises américaines mais plutôt sur un haut de cycle. Par conséquent, les risques [de correction] des taux de marge sont désormais très élevés.»

Preuves additionnelles de la tension sur les prix des actifs boursiers, un ratio cours/chiffre d'affaires des entreprises du S&P 500 équivalent à celui des précédentes apogées de 2000 et 2007, [NDLR : Le ratio cours/chiffre d'affaires indique le nombre d'années d'activité nécessaires pour obtenir la capitalisation boursière] un PE de Schiller au « même niveau qu'en 1929 et 2007» [NDLR : le PE de Schiller est un PER retraité du cycle économique].

Dès lors, pour le président de PrimeView, « entendre des investisseurs dire que non, les marchés actions ne sont pas chers, qu'ils ne sont pas survalorisés, nous semble relativement douteux au regard des chiffres. » Des chiffres qui ne laissent à l'écouter pas de place aux atermoiements quant à la conclusion : « l'état de fait est que les marchés sont en bulle, » affirme Pierre Sabatier.

La question pendante reste naturellement de savoir quand cette bulle boursière éclatera. Afin d'y apporter une réponse plausible, s'impose de comprendre les ressorts de cette flambée des actifs boursiers aux États-Unis.

Or, à en croire l'éconoclaste Pierre Sabatier, l'envolée du Dow Jones, du Nasdaq, et autre S&P 500 participe moins de la conviction des investisseurs d'aborder sous peu, comme ils l'ont cru en 2000, les rives du pays de cocagne qu'elle ne procède de l'action de la banque centrale américaine. 

« Tout le monde le sait le catalyseur de la hausse, l'entité qui a orchestré cette envolée des actifs risqués, n'est autre que la Fed, la réserve fédérale des États-Unis. »
En évinçant de facto l'épargne privée de l'accès aux obligations d'État puisqu'elle achetait ces dernières en masse, la banque centrale américaine a re-orienté les flux de capitaux privés vers les actions. D'ailleurs, la corrélation entre la montée des indices boursiers américains et l'augmentation de la taille du bilan de la Fed ne souffre aucune contestation et démontre avec quelle efficience la première institution monétaire de la planète a savamment administré le prix des actifs. [Confère minutes 06:55 de la vidéo].

Cependant, la réserve fédérale des États-Unis  a aujourd'hui décidé de mettre un terme au gonflement de son bilan afin de prévenir une surchauffe et la formation de bulles incontrôlables. Toutefois arrêter de faire croître la taille de son bilan ne signifie pas la réduire. La Fed continuera « à acheter des obligations afin de remplacer celles arrivées à maturité. »

« Son bilan devrait donc rester stable. »  Ce qui devrait empêcher une sortie de route trop violente des marchés actions. Néanmoins, « le changement de paradigme »  est réel de l'avis de Pierre Sabatier : « Nous passons d'un bull market, [NDLR : un marché haussier] qui aura duré de deux à trois ans aux États-Unis à un marché où les forces haussières sont contrebalancées par des forces baissières, et dans un premier laps de temps, de six à neuf mois, on devrait avoir un marché en tôle ondulée qui oscille autour des niveaux actuels. »

Le véritable mouvement de correction ne surviendra bien sûr que lorsque la Fed contractera son bilan. L'heure n'en est sans doute pas encore venue mais elle approche. La Réserve fédérale des États-Unis ne pourra ad vitam aeternam mener « cette politique monétaire très expansionniste » qu'incarne un maintien de la taille de son bilan et de taux d'intérêt à zéro, alors que parallèlement elle reconnaît l'amélioration de la plupart des indicateurs économiques outre-Atlantique (baisse du taux de chômage de même que taux élevé des marges des entreprises).

« Si les choses continuent à aller tel quel, l'année prochaine la Fed sortira de cette politique moné-taire expansionniste pour faire remonter quelque peu ses taux d'intérêt. Cette inflexion est attendue au second semestre 2015, » conjecture Pierre Sabatier. « Il s'agira du moment où les marchés sortiront de cette phase de tôle ondulée pour probablement en sortir vers le bas. »

Le potentiel de correction des marchés pourrait être significatif si l'on en croit l'économiste de Pri-meView selon lequel la position d'équilibre des marchés peut être très éloignée des niveaux actuels. Ce dernier ne conçoit cependant pas que la Fed après avoir si brillamment géré les cinq dernières années rate la sortie du quantitative easing et la normalisation de sa politique monétaire.

« Il est probable que la réserve fédérale jouera un petit peu au chat et à la souris avec les marchés. Elle a orchestré la hausse du prix des actions jusqu'à maintenant, il est probable qu'ensuite elle orchestre le retour vers une position d'équilibre, c'est-à-dire le retour à des niveaux de valorisation probablement bien en deçà des niveaux actuels, » en ménageant toutefois les investisseurs quand l'excès de stress paraîtra trop manifeste.

Cliquez sur la vidéo ci-dessus pour visionner l'intégralité de l'interview de Pierre Sabatier, président du cabinet d'analyse économique PrimeView et membre fondateur des Econoclastes

Pierre Sabatier est ingénieur agronome de formation (diplômé d'AgroParisTech). Sa carrière débute en tant que stratège en finance de marchés pour JCF Group puis FactSet. Au sein de la société de gestion Pythagore Investissement, il deviendra gérant de portefeuilles et responsable de la stratégie. En 2009, Pierre Sabatier fonde avec Jean-Luc Buchalet le cabinet indépendant de recherche économique et financière PrimeView. Il est aussi co-fondateur des Econoclastes.

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