Pour Natixis, l'Europe devrait promouvoir la croissance

20/02/2012 - 11:31 - Option Finance

(AOF / Funds) - Dans sa chronique des marchés, Natixis rappelle que l'un des principaux objectifs de la création d'une zone monétaire entre (maintenant) 17 pays européens était de promouvoir la croissance. En faisant disparaître le risque de change, on faisait disparaître des coûts importants liés aux échanges internationaux. Comme les pays qui constituent aujourd'hui la zone euro étaient commercialement fortement intégrés, cette union monétaire devait nécessairement, selon ses concepteurs, accroître la richesse. Le problème, c'est que la fixation définitive des taux de change entre les pays de la zone euro n'a pas conduit, tant s'en faut, et contrairement à ce que beaucoup espéraient, à une convergence réelle : les pays déficitaires sont devenus de plus en plus déficitaires, et les pays excédentaires sont devenus de plus en plus excédentaires. Les seconds ont financé de plus en plus massivement les premiers, jusqu'à la crise. Et dans ce contexte, la zone euro affichera cette année un PIB en baisse (-0,3 %) alors qu'il devrait augmenter de 2,5 % aux Etats-Unis. Il devrait même augmenter au Royaume Uni, où pourtant la politique budgétaire est également très restrictive. Une partie des piètres performances de la zone euro en matière de croissance est donc liée à la crise de l'euro, et aux politiques d'ajustement préconisées. Le PIB baisse dans la plupart des pays périphériques, en général de manière violente et depuis longtemps. Ainsi, pour Natixis, s'il s'agit d'un problème de balance des paiements, il suffit en principe que les pays déficitaires réduisent leurs déficits vis-à-vis de l'extérieur (que les pays excédentaires fassent de même avec leurs excédents). Il faudrait donc que des pays comme l'Allemagne acceptent d'adopter une politique un peu plus coopérative, et qu'en même temps les pays déficitaires améliorent leur compétitivité. Mais la question qui consiste à savoir si la zone euro respectera à nouveau ses promesses en matière de croissance n'en resterait pas moins posée. AUT/MAF