EDF : coentreprise avec China Datang sur une centrale ultra-supercritique au charbon

22/04/2014 - 08:46 - Option Finance

(AOF) - EDF a annoncé vendredi dernier avoir signé avec China Datang Corporation un accord prévoyant la participation de 49% de l'énergéticien français dans Datang International Fuzhou Power Generation Company Ltd. La valeur de cette participation n'a pas été précisée. Cette co-entreprise construira et exploitera une centrale ultra-supercritique au charbon de deux unités de 1 000 mégawatts (MW) chacune, dont la construction vient d'être lancée sur le site de Fuzhou, dans la province du Jiangxi, au Sud-Est de la Chine. Avec une mise en service prévue en 2016, Fuzhou sera la première centrale charbon de type ultra-supercritique exploitée par l'électricien français. Selon EDF, cette technologie garantit un rendement élevé (43% contre 35% pour une centrale à charbon conventionnelle) ainsi qu'un impact moindre sur l'environnement: 800g/kilowattheure (KWh) d'émissions de CO2 et 100mg/Nm3 d'émissions d'Oxyde d'azote (NOx) et d'Oxyde de souffre (SOx), au lieu de respectivement 900 g/kWh de CO2, 720 mg/Nm3 de NOx et 1300 mg/Nm3 de SOx pour une centrale charbon "classique" sans traitement de fumées. La Chine, dont 75% de l'électricité est produite à partir de centrales thermiques au charbon, se trouve en effet à la pointe de cette technologie, indispensable pour répondre aux besoins énergétiques chinois tout en limitant l'impact sur l'environnement par la réduction des émissions polluantes. Cet accord permet à EDF une large implication dans le processus industriel de construction et d'exploitation de la future centrale. Le Groupe sera ainsi en mesure de renforcer ses compétences d'ingénierie et d'exploitant thermique, et d'établir de nouvelles synergies industrielles avec des leaders mondiaux de la filière thermique, comme Guangdong Engineering and Design Institute (GEDI), qui réalise la conception de la centrale, ou Dongfang, fournisseur de la turbine.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

- Leader du marché français de l'électricité et un des leaders européens de l'énergie ; - Forts besoins énergétiques dans le monde et prix de revient très compétitif grâce aux réacteurs nucléaires dont la durée en France passera de 40 à 60 ans, au prix d'investissements de 55 MdsEUR qui seront assurés par les actifs dédiés du groupe, la part non cotée étant regroupée au sein de EDF Invest ; - Stratégie du " mix génération " renforcée avec la prise de contrôle total d'EDF Energies renouvelables, activité en forte croissance en 2013 ; - Insensibilité au risque " retraite ", les engagements étant répercutés dans les tarifs ; - Forte rentabilité de la filiale italienne Edison, désormais détenue à 97,4 % et fin de l'aventure américaine, déficitaire, dans le nucléaire ; - Forte réduction de l'endettement et amélioration de la rentabilité en 2013 ; - Remontée en 2013 des tarifs de l'électricité au Royaume-Uni et en France, où est attendue une nouvelle hausse en août 2014 ; - Fin du conflit avec Veolia, EDF reprenant les activités françaises du groupe de services à l'énergie de Dalkia ; - Politique généreuse de distribution des dividendes de 55 % à 65 % du résultat courant.

Les points faibles de la valeur

- Faible visibilité en raison de la dimension " politique " de la valeur : intervention de l'Etat, notamment sur la hausse des tarifs de l'électricité, débat sur la sûreté nucléaire, interrogations sur la future formule de l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique) ; - Faible visibilité sur les conséquences des " stress tests " réalisés sur le parc nucléaire du groupe et plus généralement sur le niveau des investissements nécessaires (hausse des dépenses de maintenance, durée de vie des centrales, fermeture de certains sites...) ; - En France, incertitudes sur les compensations éventuelles à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et risques d'exécution du déploiement du compteur communicant Linky ; ; - Positions à l'international encore trop faible, la France restant le plus gros contributeur à l'excédent brut d'exploitation (64 %), loin devant le Royaume-Uni (12 %) et l'Italie (6,5 %) ; - Cours très éloigné du cours d'introduction de 32 euros en 2005, malgré une des plus fortes hausses de cours en 2013.

Comment suivre la valeur

- Secteur des " utilities " (producteurs d'eau, de gaz et d'électricité), traditionnellement considéré comme défensif mais actuellement considéré à risque dans un environnement de pression fiscale accrue ; - Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d'électricité nucléaire d'EDF à ses concurrents) avec des prix de l'électricité administrés en France d'où des difficultés à faire passer le coût de maintien du réseau dans les tarifs qui devraient croître de 30 % d'ici 2017, selon la CRE ; - Corrélation positive entre la hausse des tarifs et le cours de Bourse ; - Impact sur les profits de la loi Brottes sur l'élargissement de la base des bénéficiaires de tarifs sociaux ; - Relations historiquement imbriquées entre Areva et EDF (Areva est le premier fournisseur d'EDF, et EDF, le premier client d'Areva) et désormais difficiles en raison de désaccords sur des contrats ; - Vision 2014-2018 : livraison de grands projets - terminal méthanier de Dunkerque, EPR de Flamanville 3, énergies renouvelables-, poursuite de la maîtrise des coûts, gains de synergies de 2,5 MdsEUR en 2015 et retour à un cash-flow positif après dividendes ; - Exécution du programme nucléaire au Royaume-Uni, d'une durée de 35 ans et au prix de vente de l'électricité régulé ; - Remontée de la production nucléaire en France, après un recul en 2013 ; - Réalisation de l'objectif 2014 d'une croissance des ventes de 3 %, d'une hausse de l'EBITDA, de " 3 % au moins " et d'un maintien du taux de distribution aux actionnaires, après 13 MdsEUR d'investissements ; - Société publique contrôlée à hauteur de 84,44 % par l'Etat.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Services aux collectivités

Neuf géants européens de l'énergie (Enel, Eni, E.ON, Gas Natural, GasTerra, GDF Suez, Iberdrola, RWE et Vattenfall) ont proposé une série de réformes dans le cadre de la mise en place d'un plan d'urgence. En jeu : la diminution de la consommation d'énergie, du fait de la concurrence des énergies renouvelables, et la baisse des prix. Les groupes proposent, entre autre, de freiner le développement des énergies vertes lourdement subventionnées. Ils suggèrent également de relancer le marché européen du carbone et de réserver les subventions aux technologies ayant réellement besoin d'un soutien de lancement, comme l'hydrolien ou l'éolien en mer. FTB/ACT/