EDF : le Conseil d'Etat rejette un recours contre la hausse des tarifs

08/01/2015 - 08:59 - Option Finance

(AOF) - Le Conseil d'Etat a rejeté mercredi un recours contre la hausse des tarifs de l'électricité survenue en novembre dernier, jugée insuffisante par les concurrents d'EDF, au motif que la condition d'urgence de la procédure n'était pas remplie. La plus haute juridiction administrative était saisi en référé par l'Anode, l'association des opérateurs alternatifs (Direct Energie et Eni notamment), qui s'appuie sur la loi pour réclamer des hausses de tarifs permettant de couvrir les coûts d'EDF. Le nouveau PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a estimé fin novembre que son groupe souffrait de "retards préoccupants" en matière de hausses de tarifs en France et avait besoin d'un "rééquilibrage" dans ce domaine pour assainir sa situation économique. La ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal, et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avaient pris le 30 octobre 2014 un arrêté tarifaire fixant les nouveaux tarifs réglementés bleus (pour les particuliers et petites entreprises), jaunes et verts (pour les entreprises), à partir de la nouvelle méthode de calcul de ces tarifs définie par décret le 28 octobre.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

- Premier opérateur français d'électricité (production nucléaire à 75 %) et un des leaders européens de l'énergie, diversifié dans le gaz ; - Forts besoins énergétiques dans le monde et prix de revient très compétitif grâce aux réacteurs nucléaires dont la durée en France passera de 40 à 60 ans, au prix d'investissements de 55 Mds qui seront assurés par les actifs dédiés du groupe, la part non cotée étant regroupée au sein de EDF Invest ; - Stratégie du " mix génération " renforcée avec la prise de contrôle total d'EDF Energies renouvelables, activité en forte croissance en 2013 ; - Forte rentabilité de la filiale italienne Edison, désormais détenue à 97,4 % et fin de l'aventure américaine, déficitaire, dans le nucléaire ; - Renforcement des positions dans le nucléaire au Royaume-Uni ; - Forte réduction de l'endettement et amélioration de la rentabilité en 2013 ; - Politique généreuse de distribution des dividendes de 55 % à 65 % du résultat courant.

Les points faibles de la valeur

- Faible visibilité en raison de la dimension " politique " de la valeur : intervention de l'Etat, notamment sur la hausse des tarifs de l'électricité, débat sur la sûreté nucléaire, interrogations sur la future formule de l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique) ; - Faible visibilité sur les conséquences des " stress tests " réalisés sur le parc nucléaire du groupe et plus généralement sur le niveau des investissements nécessaires (hausse des dépenses de maintenance, durée de vie des centrales, fermeture de certains sites...) ; - Sensibilité au réchauffement climatique sur les revenus du groupe, très partiellement compensés par la hausse des tarifs ; - En France, incertitudes liées au futur plan de transition énergétique visant à diminuer à 50 % contre 73 % en 2013 la part du nucléaire dans la production française ; - Difficultés de la filiale britannique confrontée à des risques techniques dans les réacteurs nucléaires et, en France, report à 2017 du démarrage de l'EPR de Flamanville; - Positions à l'international encore trop faible, la France restant le plus gros contributeur à l'excédent brut d'exploitation (64 %), loin devant le Royaume-Uni (12 %) et l'Italie (6,5 %) ; - Cours très éloigné du cours d'introduction de 32 euros en 2005, malgré une des plus fortes hausses de cours en 2013.

Comment suivre la valeur

- Secteur des " utilities " (producteurs d'eau, de gaz et d'électricité), traditionnellement considéré comme défensif mais actuellement considéré à risque dans un environnement de pression fiscale accrue ; - Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d'électricité nucléaire d'EDF à ses concurrents) avec des prix de l'électricité administrés en France d'où des difficultés à faire passer le coût de maintien du réseau dans les tarifs qui devraient croître de 30 % d'ici 2017, selon la CRE ; - Corrélation positive entre la hausse des tarifs et le cours de Bourse ; - Relations historiquement imbriquées entre Areva et EDF (Areva est le premier fournisseur d'EDF, et EDF, le premier client d'Areva) et désormais difficiles en raison de désaccords sur des contrats ; - Attente, début 2015, de précisions sur la stratégie que mènera Jean-Bernard Lévy, nouveau président du groupe ; - Vision 2014-2018 : livraison de grands projets -terminal méthanier de Dunkerque, EPR de Flamanville 3, énergies renouvelables-, poursuite de la maîtrise des coûts, gains de synergies de 2,5 Mds en 2015 et retour à un cash-flow positif après dividendes ; - Réalisation de l'objectif 2014 d'une croissance des ventes de 3 % au moins, d'une hausse de l'EBITDA, de " 3 % au moins " et d'un taux de distribution de 55 à 65 % du résultat, après 13 Mds d'investissements ; - Société publique contrôlée à hauteur de 84,49 % par l'Etat qui pourrait réduire sa participation.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Services aux collectivités

Engagés dans un nouveau paysage énergétique, les énergéticiens mondiaux, surtout européens, doivent s'adapter face à l'érosion de la rentabilité de leur activité de production électrique, d'après le cabinet de conseil Bain & Company. Selon une étude, sur les cinq dernières années, dans certaines régions, les marges issues de la production d'électricité ont diminué de plus de moitié, ce qui rend non rentables de nombreuses centrales à charbon en Amérique du Nord et des centrales à cycle combiné gaz en Europe, conçues pour ne fonctionner que lors des périodes de pointe de la demande. Certains groupes doivent donc revoir leur portefeuille d'actifs et déterminer comment réduire les coûts. FTB/ACT/