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Des tarifs bancaires plus lisibles dès l'année 2011 ?

24/09/2010 - 19:21 - Sicavonline



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Des tarifs bancaires plus lisibles dès l'année 2011 ?

Dans un entretien accordé à Sicavonline, Serge Maître, secrétaire général de l'Association des Usagers des Banques (AFUB), nous livre sa réaction à l'annonce d'un accord entre le gouvernement et les banques portant sur l'amélioration de la lisibilité des tarifs bancaires. Selon le représentant de l'AFUB, les mesures annoncées passent à côté du véritable problème : celui de la tarification des services bancaires. Serge Maître en appelle à une véritable concurrence entre banques. Une concurrence que les mesures annoncées par Christine Lagarde ne sauraient créer.

Christine Lagarde vient d'annoncer tout une série de mesures afin de clarifier et de rendre plus lisibles les tarifs bancaires en France, que retenez-vous de ces dispositifs ?

Mme Lagarde a annoncé, entre autres choses, des mesures consistant à rendre plus lisibles les tarifs pratiqués par les banques. Dès le 1er janvier 2011, les professionnels devront mettre en avant sur leurs plaquettes tarifaires et sur leur site internet le prix de 10 services standards. L'AFUB est satisfaite puisqu'elle est à l'initiative de cette proposition. Cependant pour l'AFUB ce n'est pas suffisant car le véritable problème se situe à un autre niveau.

Où se situe-t-il ? Au niveau des tarifs bancaires en eux-mêmes ?

Absolument, la vraie question est celle de la tarification des services bancaires et des nombreux abus que subissent tous les jours les consommateurs. La pomme de discorde entre les banquiers et les usagers concerne la tarification pas sa lisibilité. Nous le voyons à travers les plaintes que nous recevons des usagers des banques. La majorité de celles que traite l'AFUB concerne des abus tarifaires. Ce qui est alors en cause, c'est généralement le bien fondé de la tarification appliquée par les banques, et non pas le manque de lisibilité des tarifs.

Or, rien ne nous laisse croire dans les propos de Christine Lagarde qu'elle fera le nécessaire pour convaincre les banques de mettre un frein à leurs appétits tarifaires. Au contraire, Mme Lagarde amorce un léger recul sur ce qui avait été plus ou moins annoncé, la forfaitisation de certains frais, notamment des commissions d'intervention (NDLR : une commission d'intervention est facturée au client lorsqu'une ou plusieurs opérations se présentent sur son compte alors que le solde est insuffisant) et des multiples frais d'incidents facturés par l'ensemble des banques.

La multiplication de ces frais pèse lourd dans le budget d'un ménage. Voilà pourquoi nous demandions que le nombre de commissions prélevées mensuellement soient par exemple limitées à un forfait mensuel maximum. Malheureusement cette proposition n'a été retenue par le gouvernement et les banques que pour les clientèles fragiles.

Mais l'engagement des banques à appliquer des tarifs spécifiques aux clientèles fragiles ne va-t-il tout de même pas dans le bon sens ?

Ne vous méprenez pas sur mon propos : protéger certaines catégories d'usagers est tout à fait honorable. Toutefois, assainir les tarifs pour une seule tranche de la population, ne revient-il pas à abandonner tous les autres usagers ? Christine Lagarde et les banques ne se donnent-t-elle pas ainsi à peu de frais un alibi de moralité ? Seule certitude, cette mesure ne va pas demander un grand sacrifice financier aux banques. La mise en place d'un forfait « sécurisé » comprenant notamment une carte bancaire anti-dépassement - qui au demeurant existe déjà - n'aura d'impact que sur quelques dizaines de milliers foyers, alors qu'au total les banques comptent 36 millions de clients et près de 60 millions de comptes.

Que conviendrait-il de faire selon vous ?

Le consensus né entre les banques et le gouvernement met en définitive uniquement l'accent sur la lisibilité des tarifs bancaires en oubliant le principal : stimuler la concurrence entre les banques et assainir les pratiques bancaires, car, seule une véritable concurrence peut limiter les aberrations tarifaires. La lisibilité des tarifs ne saurait être la solution à ce problème de concurrence. Actuellement, les banques s'entendent sur les tarifs pour tondre les moutons que nous sommes. Et chacune augmente ses tarifs au fur et à mesure que sa concurrente hausse les siens.

La sanction pécuniaire infligée à 11 banques françaises, par l'Autorité de la concurrence, pour s'être entendues sur la création d'une commission sur les chèques qui ne correspondait en réalité à aucun service rendu illustre bien mon propos. Cette « petite » affaire de frais non justifiés a tout de même coûté 220 millions d'euros aux usagers bancaires.

Vous vous élevez contre les tarifs bancaires pratiqués en France mais le rapport Pauget-Constans (NDLR : rapport demandé par le gouvernement sur la tarification des services bancaires en France) indique qu'ils sont parmi les moins chers d'Europe ?

Le rapport Pauget-Constans le dit mais les instances européennes ne sont pas du tout de cet avis. Un relevé de prix réalisé par Bruxelles indique que les tarifs bancaires pratiqués en France sont au contraire parmi les plus chers d'Europe, avec l'Italie et l'Autriche.

Rappelons-nous aussi que la ministre de l'Economie avait dans un premier temps stigmatisé les banques et leurs pratiques tarifaires, en parlant d'abus. Au final, Christine Lagarde a recherché un consensus avec les banquiers. Or, en matière de tarification, l'expérience montre la nécessité de prendre des dispositions réglementaires pour être entendu des banques. Pour preuve, depuis 2004 ces dernières se sont engagées à ne pas faire payer les retraits d'espèces dans l'agence où votre compte est ouvert, pourtant en 2010 de nombreuses d'entre elles violent encore cet engagement.

L'accord entre gouvernement et banques apparaît donc comme une grande illusion, d'autant plus qu'espérer une baisse des tarifs en accroissant la lisibilité des tarifs bancaires suppose que le client ait intérêt à quitter sa banque lorsque les prix pratiqués lui semblent intolérables. Mais en pratique, lorsqu'il change d'établissement, il ne voit malheureusement pas de différence, puisque les banques proposent des tarifs similaires.

Comment parvenir à une meilleure régulation de la tarification bancaire ?

Selon L'AFUB, cela passe par une amélioration de la lisibilité des tarifs, par un assainissement des pratiques bancaires et par un renforcement de la concurrence entre les professionnels. Ceci suppose une authentique transparence des éléments composant le prix des prestations, aujourd'hui encore sans relation avec le coût de revient.

Que les banques nous expliquent pourquoi des services avec un coût de revient de 3 ou 4 centimes sont facturés entre 80 centimes et 1 euro aux clients. Nous regrettons donc l'absence de toute initiative gouvernementale pour obliger les banquiers à faire la lumière sur leurs marges d'intérêts, c'est-à-dire la différence entre le prix de revient et le prix de vente de leurs services aux consommateurs.

Le problème de la tarification est donc loin d'être résolu, mais il y a fort à parier que les instances européennes mettent les pieds dans le plat dans les 2 à 3 ans qui viennent, comme elle l'ont déjà fait en matière de carte bancaire et de virement.


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