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Une bourse stagnante mais pleine d'opportunités ces prochaines années

01/10/2010 - 07:33 - Sicavonline - Vincent Bezault



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Une bourse stagnante mais pleine d'opportunités ces prochaines années

Marc Girault de HMG Finance voit des opportunités dans un bourse stagnante

Marc Girault gère HMG Globetrotter, l'un des fonds les plus performants du marché sur trois ans et cinq ans, comme en témoigne son rang élevé dans le palmarès Sicavonline des meilleurs fonds Actions internationales. Les convictions du gérant de HMG Finance sont tranchées : la bourse devrait stagner ces prochaines années. Un drame ? Pas vraiment car le marché actions recèle à ses yeux de nombreuses opportunités.

Marc Girault, la bourse présente-t-elle un potentiel d'appréciation à moyen terme ?

J'ai envie de vous faire une réponse de normand : oui et non. Oui, parce que le rendement moyen du marché actions est passé au dessus du rendement moyen des emprunts d'Etat à long terme. Ce phénomène est plutôt rare et quand il survient, il traduit une sous-évaluation des actions. Du reste, dans les années qui suivent pareil événement, les marchés actions généralement surperforment. Cependant il existe un gros « MAIS » à ce scénario. Il tient à la réglementation et à la nature des investisseurs en actions.

Les investisseurs de long terme les plus présents sur le marché actions, ceux possédant le plus gros stock d'actions, ont été historiquement les caisses de retraite anglo-saxonnes et les assureurs vie européens. Les hedge funds que l'on cite souvent comme les maîtres de la bourse se contentent d'animer le marché au quotidien et de créer des tendances de court terme, car le stock de titres qu'ils détiennent à long terme n'est pas suffisamment significatif.

Aujourd'hui, les fonds de pension anglo-saxons et les assureurs vie européens ont fortement réduit leur exposition aux actions. Tout d'abord pour des raisons de maturation de leur passif : les baby boomers de l'après-guerre, qui ont beaucoup cotisé, commencent à partir à la retraite. Afin de servir les pensions auxquelles ces gens ont droit, les assureurs vie et les caisses de retraite abaissent dans leur portefeuille la proportion des actions pour accroître celle des obligations.

A ce premier facteur d'inertie de la bourse s'ajoute le fait que la réglementation décourage de plus en plus les investisseurs de long terme de se placer sur les actions et les incite au contraire à se porter sur les emprunts d'Etat (cf : fonds en euros, la fin de l'âge d'or). Les règles de Solvabilité II intiment ainsi aux assureurs de mettre 100 % de fonds propres face actions qu'ils détiennent et 0 % face aux obligations d'Etat.

Par conséquent, au vu du rendement qu'il offre, le marché actions n'est certes pas cher et recèle un potentiel de hausse, mais pour que ce potentiel s'exprime il faut des investisseurs de long terme qui achètent régulièrement des actions. Or, ces investisseurs-là ont aujourd'hui disparu ! Et ils ne reviendront pas de si tôt, à moins d'un bouleversement démographique ou d'une rupture dans la réglementation. Dans ces conditions, j'anticipe des marchés actions sans orientation.

La macro-économie ne pourrait-elle toutefois donner une direction aux marchés boursiers ?

Je pense justement que la macroéconomie ne peut pas leur en donner, puisque tout nous indique que l'Europe s'oriente vers une stagnation économique de plusieurs années. La croissance que nous avons eue au premier semestre qui s'était traduite, du côté des entreprises, par des chiffres d'affaires en progression de 20 % à 40 % ne participait que du restockage. Le marché actions a confondu un rebond technique de l'activité avec une reprise durable. Je ne crois pas pour autant au double creux. Juste à la stagnation de la bourse, comme au début des années 1990.

Si la bourse doit stagner ces prochaines années, faut-il la passer par pertes et profits ?

Ce serait selon moi une erreur tragique car cette stagnation globale du marché aboutit à une forte dévaluation de certaines actions. Cette décote finira par se corriger à un moment ou à un autre, que ce soit par des rachats d'entreprises ou lorsque les investisseurs se mettront à « re-découvrir » un secteur « oublié », comme c'est le cas aujourd'hui avec les valeurs Internet.

Beaucoup de choses restent donc à faire pour un investisseur averti, patient, qui n'a peur ni d'acheter des titres délaissés par la communauté financière ni de les voir stagner pendant une durée assez longue. Au demeurant, certains de ces titres décotés, tel Veolia Environnement ou France Telecom, offrent de généreux dividendes qui permettront de prendre son mal en patience.

Autre chose, un marché qui ne va nulle part ne cesse pas pour autant de fluctuer. Au contraire, comme il est livré aux mains des spéculateurs, en l'occurrence les hedge funds, il peut bouger très fort. En conséquence de quoi, celui qui ne voudrait pas se donner le mal de choisir des valeurs pour leur qualité intrinsèque et leur valorisation propre pourrait très bien acheter l'indice quand il s'est cassé la figure et que tout le monde est pessimiste afin de le revendre quand tout le monde est regagné par l'optimisme et qu'il a remonté.

Dans ce marché que vous anticipez fluctuant mais stagnant, y a-t-il des arbitrages sectoriels plus évidents que d'autres ?

Dans un contexte de taux bas, les valeurs de rendement méritent d'être accumulées pour la rémunération qu'elles offrent ; les valeurs avec un endettement élevé, telles que Veolia Environnement, pourraient faire meilleure figure, car avec des taux longs durablement modestes, leur dette leur coûtera moins cher ; les immobilières dont la valorisation profitera de la faiblesse des taux sont également à prendre en considération. Et puis sont à regarder les sociétés qui vont chercher leur croissance à l'extérieur de l'Europe. Certaines d'entre elles, comme LVMH ou L'Oréal, ont déjà été repérées par le marché : d'autres non. Je me réfère, par exemple, à Lafarge dont 70% de l'activité sera réalisée d'ici trois à quatre ans dans les pays émergents et dont le cours est quasiment au plus bas de cette année.

Propos recueillis par Vincent Bezault

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



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