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Un cauchemar nommé déflation

04/10/2010 - 13:59 - Sicavonline - Vincent Bezault



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Un cauchemar nommé déflation

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Si les économistes ne goûtent guère l'inflation, la déflation est leur hantise. Quand la première consiste en une augmentation des prix, la seconde équivaut à leur baisse, durable et généralisée. Mais le recul des prix est en la circonstance loin d'être une aubaine.

Une mécanique infernale

La déflation est tout sauf fortuite. Elle est la purge douloureuse et dépressive des excès d'endettement d'une économie. Lorsque les vannes du crédit sont ouvertes, l'argent devient une matière première abondante et peu onéreuse. Malheureusement, sa profusion conduit généralement les Etats, les établissements financiers, les entreprises et les ménages à en faire un usage déraisonnable et à dépenser plus que leurs revenus réels ne le leur permettent. Dans cette euphorie trompeuse, les agents économiques se berçant de la douce illusion que l'appréciation constante du cours des actions et de la valeur des biens immobiliers n'a pas de limites, les prix de ces actifs s'élèvent à un rythme toujours croissant pour finalement s'emballer et atteindre des hauteurs stratosphériques.

Mais les arbres ne montant pas jusqu'au ciel, la fin de partie vient immanquablement à être sifflée, généralement par une banque centrale qui, alarmée par les poussées inflationnistes qu'induit cette surabondance d'argent qu'elle a elle-même laissée s'installer, durcit sa politique monétaire. Il s'ensuit que le coût de l'argent s'enchérit, la capacité d'emprunt des ménages et des entreprises se réduit, le poids de leur dette s'alourdit et se dissipe alors le mirage d'une hausse continue des biens immobiliers et des actions. Les agents économiques bradent du coup leurs actifs, dans une course de plus en plus effrénée à la réduction de leur excessif endettement. A l'investissement et à la consommation, les entreprises et les ménages privilégient alors le remboursement de leurs dettes et l'activité économique recule. Face à la baisse des chiffres d'affaires et afin de restaurer leur compétitivité, les entreprises diminuent leurs prix et leurs coûts (réduction d'effectifs, baisse des salaires). La demande finale s'en trouve encore plus affaiblie, ce qui entraîne de nouvelles baisses d'activité et de nouveaux ajustements de la part des entreprises. De surcroît, le recul des prix augmente le poids de la dette portée par les ménages et les entreprises, et induit chez le consommateur un attentisme pernicieux (pourquoi acheter maintenant un bien qui demain sera de toute évidence moins onéreux ?) L'économie entre alors dans une ère glaciaire, dont il lui est bien ardu de s'extraire.

Le Japon, une décennie perdue sinon deux...


Dernier exemple en date de cette spirale infernale, le Japon. Durant, les années 1980, le pays du Soleil Levant s'adonne aux délices des bulles immobilières et financières. La politique monétaire plutôt expansive menée alors par la Banque du Japon conduit à une flambée des actions et des prix du foncier. Le Nikkeï prend 200 % entre 1985 et 1989 tandis que les prix de l'immobilier bondissent de quelque 60 % sur la seule année 1989. En décembre 1989, le Nikkeï frôle les 40.000 points, mais l'arrivée de l'inflation conduit la Banque du Japon a relevé ses taux d'intérêt pour mettre un terme à la surchauffe. Les bulles financières et immobilières, à l'instar de toutes les bulles de l'histoire, en viennent à éclater. Le Nikkeï s'effondre : en 24 mois, il perd plus de 50 %. Les prix de l'immobilier suivent la même pente (les prix de l'immobilier ont reculé de plus de 85 % entre le pic de 1990 et le plancher de 2005 !). La déflation s'installe et commence alors ce que l'histoire retient comme la décennie perdue de l'économie nippone.

Hélas, cette décennie perdue s'est prolongée avec la crise de 2008 et le Japon n'est toujours pas vraiment sorti de la déflation... en dépit de taux d'intérêt ramenés à zéro et d'une politique de quantitative easing.

Mais bien sûr toute similitude avec des événements survenus récemment en Europe et aux Etats-Unis ne relève que de la plus pure coïncidence.

Vincent Bezault

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Dossier : Comme un air de déflation

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