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Marc Touati : "Des chiffres de l'emploi U.S. décevants"

08/10/2010 - 20:25 - Sicavonline



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Marc Touati : 'Des chiffres de l'emploi U.S. décevants'

Marc Touati

S'il reconnaît être déçu par les derniers chiffres de l'emploi U.S. (95.000 destructions de postes en septembre), Marc Touati, Directeur Général de Global Equities, ne veut pas céder au pessimisme, estimant qu'il s'agit avant tout d'un problème de confiance, les entreprises américaines restant, en dépit de la normalisation de la situation, marquées par le choc de la crise et, partant, réticentes à accompagner avec force la reprise. L'économiste espère donc que la FED saura garder patience et ne s'adonnera pas de nouveau aux mesures non conventionnelles de politique monétaire.

Marc Touati, êtes-vous déçu par les chiffres de l'emploi américain qui font état de 95.000 destructions de postes en septembre ?

Je ne cacherai pas en effet ma déception, surtout qu'ayant eu une baisse des demandes hebdomadaires d'allocation chômage, nous aurions dû normalement avoir des créations d'emploi. Malheureusement il y a des perturbations liées aux très importantes créations d'emploi public du printemps dernier. Enormément de travailleurs intérimaires ont été embauchés dans le cadre du recensement décennal de la population américaine. Les uns après les autres ces contrats d'intérim arrivent à leur terme depuis quatre mois. Voilà pourquoi les destructions d'emploi dans le public polluent les chiffres globaux de l'emploi outre-Atlantique.

Reste par contre réconfortant le fait que le secteur privé a créé en septembre pour le 9e mois consécutif des emplois, soit un total sur la période de 830.000 postes. Ce n'est pas si mal. Je reconnais cependant que nous ne pouvons pas verser dans l'euphorie.

Je suis donc déçu mais me veux optimiste car les indicateurs avancés que sont les indices ISM des directeurs d'achat de l'industrie et des services demeurent au-dessus de la barre des 50 points (NDLR : les indices ISM traduisent une expansion de l'activité au-delà des 50 points, et une contraction en deçà). La croissance américaine devrait donc tourner autour des 3 % et tous les ingrédients sont là pour que le redémarrage de l'emploi s'installe. La baisse des demandes hebdomadaires d'allocation chômage ((voir « USA : Baisse plus significative que prévu des inscriptions hebdomadaires au chômage (-11000)) est à ce titre encourageante.

Vous soulignez la reprise de l'emploi hors secteur public mais une moyenne de 100.000 créations de postes mensuelles dans l'emploi privé depuis le début de la reprise, au regard d'une population active de plus de 150 millions d'individus, n'est-ce pas très faible ?

C'est bien là que réside la déception. Si nous avions une reprise de l'emploi normale, les destructions de postes dans le secteur public passeraient inaperçues. Habituellement, en sortie de crise, la réactivité des acteurs économiques américains, et notamment des entreprises, est très forte. Aujourd'hui on sent ces mêmes agents économiques beaucoup plus timorés. Il y a dans ce phénomène une grande dimension psychologique. Beaucoup d'espoirs ont été placés dans la politique d'Obama, mais le changement attendu avec son élection n'a pas été aussi rapide qu'espéré. Ou plutôt, dirais-je, les mesures prises, comme les investissements dans les travaux publics, dans l'innovation technologique ou même la réforme de la sécurité sociale, ne produisent pas encore des effets très visibles. Obama était attendu comme le messie, l'opinion publique a eu sans doute des attentes exagérées le concernant, d'où un certain désappointement et une certaine retenue des ménages et des entreprises américains à aller résolument de l'avant. Néanmoins, avec des taux à 0 %, une relance budgétaire qui n'est pas terminée, et la baisse du dollar, la situation devrait s'améliorer.

Avec les destructions d'emploi recensées en septembre la Réserve Fédérale des Etats-Unis n'est-elle pas fondée à lancer une deuxième vague de mesures non conventionnelles ?

Il faudrait que la FED demeure sereine et ne verse pas dans l'excès de pessimisme. Elle a déjà mis le paquet en matière de mesures non conventionnelles (NDLR : la banque centrale américaine pourrait en autres pour soutenir l'activité procéder à des achats d'obligations de l'Etat fédéral). Je ne suis pas sûr qu'en remettre une couche soit nécessaire, d'autant qu'il s'agit avant tout d'un problème de confiance et que les choses vont aller mieux. Au contraire, recourir pour la FED de nouveau au Quantitative Easing (mesures non conventionnelles), c'est prendre le risque de donner naissance à une nouvelle bulle et déstabiliser davantage le marché des changes. A court terme, laisser filer le dollar est avantageux, à plus longue échéance une telle politique peut aboutir à une remise en question de son hégémonie en tant que monnaie d'échange internationale. En outre, si le dollar est trop faible, l'Europe et le Japon en pâtiront douloureusement, et ne seront plus autant en mesure d'importer des biens et des services américains. La Réserve Fédérale doit donc laisser le temps au temps et ne pas se hâter.

Vincent Bezault

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