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Vers un faux pas de la BCE ?

12/03/2011 - 09:52 - Sicavonline - Vincent Bezault



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Vers un faux pas de la BCE ?

Jean-Claude Trichet et la BCE commettent-ils une bourde comme en 2008 ?

Si les économistes ont tendance à considérer que la BCE ne se contentera pas d'une simple et unique hausse des taux en avril mais s'engage bien dans un cycle de resserrement graduel de sa politique monétaire, l'unanimité ne règne pas entre eux sur l'opportunité d'un tel mouvement, certains se demandant si, comme en 2008 où elle avait plombé la croissance européenne par une hausse intempestive, la BCE et son président Jean-Claude Trichet ne se trompent pas de bataille.

Philippe Waechter, le directeur des Etudes Economiques et de la Recherche de Natixis AM, n'est pas le plus ravi du changement de ton de la BCE et de son président Jean-Claude Trichet. La Banque Centrale Européenne affiche dorénavant « une forte vigilance » à l'encontre des risques inflationnistes - sa façon à elle d'annoncer qu'une hausse des taux est assurée à 99,99 %.

Il faut dire que la flambée du pétrole et autres matières premières l'y incite fortement. Mais pour l'économiste de Natixis AM, la banque centrale eurolandaise perd de vue l'essentiel. « Les prix des matières premières montent vite et fort. Le sujet est en soi préoccupant mais on n'est pas en mesure aujourd'hui d'évaluer l'ampleur et surtout la durée de ce mouvement, qui procède certes de facteurs structurels (la demande des émergents) mais aussi d'autres de nature exogène, comme la situation géopolitique dans le monde arabe. En se précipitant, la BCE ne se laisse pas le temps de l'analyse.  » Une erreur du point de vue de Philippe Waechter pour qui la banque centrale doit évaluer quelle est aujourd'hui la question la plus importante : « celle des prix ou celle de l'emploi ? »

Pour le patron de la recherche économique de Natixis AM la seconde prime sans conteste. «Certes, les prix de l'alimentation et de l'énergie pèsent sur le consommateur, mais hélas pour ce dernier l'inflation aura bien du mal à se transmettre aux salaires au regard de l'état du marché du travail. Même si l'emploi s'améliore, et va continuer à le faire progressivement dans les mois qui viennent au vu de ce qu'indiquent les enquêtes PM/Markit des directeurs d'achat, il faut garder à l'esprit qu'il part d'un niveau très bas (le taux de chômage de l'Euroland était de 9,9 % en janvier) et que son redressement est lent. D'autant que nous ne sommes pas revenus à un niveau d'activité normal. Si tel était le cas, la décision de la BCE et de son président Jean-Claude Trichet ne me préoccuperait pas. Mais l'économie européenne n'a pas encore récupéré du choc de 2008. L'activité est encore faible : la croissance, faut-il le rappeler, n'était dans la zone euro que de 0,3 % au 4e trimestre 2010, et la BCE s'apprête à la contraindre à nouveau. » Car Philippe Waechter, comme d'autres de ses confrères, estime qu'après la hausse d'avril, la Banque Centrale Européenne ne s'arrêtera pas en si bon chemin et qu'elle rehaussera ses taux directeurs de 0,25 % au moins encore deux fois d'ici la fin de l'année pour les porter à 1,75 %.

Dès lors, « au vu de l'environnement très particulier où l'économie européenne se trouve, la politique monétaire ne serait plus du tout accommodante, » juge le directeur des Etudes Economiques de Natixis AM.

Un avis qui n'est pas celui de Bruno Cavalier. Le chef économiste d'Oddo Securities qui croit lui aussi à l'amorçage d'un cycle de hausse des taux juge que la BCE et Jean-Claude Trichet ont quelques justes raisons d'agir et que si un parallèle doit être établi avec une précédente séquence de durcissement monétaire, c'est avec celle de 2005 et non celle de 2008.

« Pour juger de la pertinence de la volonté de la BCE d'intervenir sur les taux, il faut à mon sens considérer ses motivations. Tout d'abord, elle a dû mener du fait de la profondeur de la crise des politiques exceptionnelles : les taux n'ont jamais été aussi bas, elle n'a jamais autant donné de liquidités et a même été jusqu'à acheter de la dette publique. L'exceptionnel qui était justifié par des conditions extrêmes ne se justifie plus quand l'environnement tend à se normaliser. Certes la croissance européenne est très inégale d'un pays à l'autre mais on n'est plus dans une récession comme il y a 2 ans, » souligne Bruno Cavalier.

L'expert d'Oddo Securities insiste aussi sur le fait que les cycles de hausse de taux ne débutent généralement pas quand l'horizon est pleinement dégagé et que tout va bien. « On sait que la politique monétaire joue avec des délais, on ne peut pas attendre que tout soit normalisé pour remonter les taux. » Le cycle de hausse des taux entamé fin 2005 en est selon lui, une bonne illustration, avec une croissance européenne répartie de façon très disparate entre des pays au faîte de leur forme (L'Espagne, l'Irlande...) et d'autres plutôt stagnantes.

Bruno Cavalier ajoute que BCE a d'autant plus de latitude pour enclencher une normalisation de sa politique monétaire que la croissance nominale, « le référentiel des taux courts en situation normale » avoisinera en 2012 les 3,5 % (+ 1,8 % de croissance ; + 1,7 % d'inflation). Comme les taux courts de la BCE ne peuvent pas passer de 1 % à 3,5 % en une fois, il faut bien le faire à un moment donné, même si la situation n'est pas brillante. » Et puis en agissant de la sorte la banque centrale recouvre des marges de manœuvre. « Si la situation se dégrade à nouveau que pourra faire la BCE pour soutenir l'économie avec des taux à 1 % ? Rien. Mieux vaut donc que les taux reviennent graduellement à des niveaux plus habituels pour qu'elle puisse les réduire si nécessaire. »

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