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Philippe Weber (CPR AM) : « Trou d'air ou rechute ? »

12/07/2011 - 11:08 - Sicavonline - Philippe Weber



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Philippe Weber (CPR AM) : « Trou d'air ou rechute ? »

Les signaux indiquant un ralentissement de l'économie globale s'accumulent : dettes publiques, chômage américain, catastrophe japonaise. Autant de facteurs qui incitent à modérer d'éventuelles envolées d'optimisme. Philippe Weber, Responsable Etudes et Stratégies chez CPR Asset Management estime néanmoins pour sa part que « le trou d'air n'est sans doute que temporaire » même si des risques significatifs demeurent.

Les chiffres économiques ont été assez médiocres au printemps dernier. Faut-il craindre une rechute vers la récession ?

La craindre, oui. Penser qu'elle est là, non.
Le retour à la croissance s'est fait il y a exactement deux ans, en tout cas aux Etats-
Unis. Il est assez fréquent d'observer un certain ralentissement, souvent de nature technique, après quelques trimestres de croissance. Les stocks, en particulier, assez difficilement prévisibles au demeurant, peuvent jouer un rôle prépondérant dans les fluctuations, d'un trimestre à l'autre, de la croissance.
On le conçoit bien : au début d'une phase de reprise, les entreprises reconstituent des stocks qui avaient été diminués pendant la récession ; quand les stocks retrouvent un niveau normal, ce mouvement s'arrête. Mais ce n'est pas là la seule explication, loin de là, du ralentissement à l'œuvre. Il faut y ajouter des facteurs qu'on espère temporaires, et des facteurs plus durables mais inhabituels.

Quels sont ces facteurs temporaires ?

Il y en a deux principaux. Le premier est la catastrophe au Japon. Au-delà de ses aspects humains dramatiques, elle a provoqué une récession brutale au Japon, mais a aussi désorganisé la production industrielle dans plusieurs secteurs pour lesquels le Japon est un fournisseur crucial de pièces détachées : citons notamment l'automobile et certaines branches de l'électronique. On en a vu les répercussions partout dans le monde. Le deuxième est le renchérissement des matières premières. Depuis 2009 jusqu'aux premiers mois de 2011, tiré par la croissance mondiale et facilité sans doute par l'abondance des liquidités, le prix du pétrole au premier chef, mais aussi celui des métaux industriels et de nombreux produits agricoles ont fortement, parfois très fortement augmenté. C'est une ponction de pouvoir d'achat sur les pays consommateurs : il n'est pas étonnant que la consommation ait été, et soit encore, un peu hésitante.

Et les facteurs durables ?

Citons d'abord l'emploi. Certes, c'est normalement un indicateur retardé, plus qu'avancé, de l'activité. Mais le redémarrage de l'emploi est particulièrement lent (à l'exception notable de l'Allemagne), et, avec un chômage de longue durée d'une ampleur sans précédent depuis la guerre aux Etats-Unis, les ménages sont attentistes (la confiance est plus basse aujourd'hui qu'au plus bas des précédentes récessions). Autre facteur : l'immobilier aux Etats-Unis. Il n'arrive pas à redémarrer, avec des mises en chantier au plus bas depuis un demi-siècle, et plus du tiers des ventes dans l'ancien résultant de saisies pour crédits impayés.
L'immobilier commercial ne va d'ailleurs pas mieux ! Or c'est un gros employeur, il détermine une bonne part du patrimoine des ménages, et pèse sur le bilan des banques.
Enfin il y a la dette !

La dette publique ou privée ?

La dette publique est élevée dans la plupart des pays développés, et la dette privée est énorme dans certains d'entre eux (Etats-Unis, Royaume-Uni, Espagne, Irlande...). Si l'on s'en tient à la dette publique, elle est aujourd'hui à un niveau comparable à celui atteint au lendemain de la seconde guerre mondiale. Cela oblige d'ores et déjà un certain nombre de pays (les pays dits « périphériques» de la zone euro, mais aussi le Royaume-Uni) à des politiques budgétaires exceptionnellement restrictives, ce qui freine la croissance. Au demeurant, là réside, à mon sens, le vrai risque pour les années à venir : la déflation par la dette. Scénario improbable, mais pas impossible, que celui où soit les agents endettés feraient défaut, soit ils épargneraient pour rembourser, soit ils seraient contraints à vendre leurs actifs précipitamment pour rembourser. Dans chacun de ces cas, qui ne sont pas exclusifs, on aurait baisse du prix des actifs et contraction du crédit ou des moyens de paiement.

Est-ce là la seule issue au problème de la dette ?

Heureusement non ! Les autorités politiques et monétaires, et en particulier la Réserve fédérale, font tout pour éviter pareille évolution. Il n'empêche que, même sans cette issue catastrophique, il n'y aura pas de solution facile. Ce pourrait d'ailleurs être un facteur déclenchant d'une rechute dans les trimestres à venir, si les marchés et les agents économiques s'inquiètent de la zone euro ou, tout aussi bien, des Etats-Unis, notamment avec la question du plafond de la dette. La persistance d'un chômage élevé, la ponction sur le pouvoir d'achat que représente le renchérissement passé des matières premières, le logement aux Etats-Unis, sont des risques supplémentaires : de même qu'ils expliquent une partie du ralentissement de ce printemps, ils pourraient, s'ils se conjuguaient avec des tensions budgétaires encore accrues, provoquer une rechute. Dans l'état actuel des choses, ce n'est pas notre scénario majoritaire, puisque nous imaginons la poursuite d'une reprise, peut-être un peu plus modérée, avec une probabilité de 55 %, et une rechute avec
45 %.

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