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Le CAC 40 rayonnera-t-il encore cet été ?

23/05/2013 - 14:55 - Sicavonline



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Le CAC 40 rayonnera-t-il encore cet été ?

Après un mois d'avril en dents de scie, le CAC 40 a repris le chemin de la hausse ayant même franchi la barre des 4000 points le 17 mai. Une telle progression peut-elle se poursuivre alors que le marché américain commence à montrer des signes de consolidation ? Sébastien Korchia, responsable de la gestion Actions de Meeschaert AM, livre son point de vue* à Vincent Bezault rédacteur en chef de Sicavonline.

Fin mars, lorsque le CAC 40 était légèrement en dessous des 3800 points, vous nous disiez qu'il fallait être prudent. C'était plutôt bien vu puisque le CAC 40 est redescendu ponctuellement à 3600 points. Mais depuis il est remonté. Les motifs d'inquiétude se sont-ils dissipés ?

Sébastien Korchia : « Absolument pas. On est parti d'une situation où effectivement l'inquiétude croissait sur les marchés avec un CAC 40 qui est retombé à 3600 points mi-avril. Mais fait paradoxal, au moment où un chiffre a véritablement acté l'inquiétude des investisseurs - en l'occurrence un chiffre qui montrait que l'Allemagne, le cœur de l'Europe, était touchée et pouvait potentiellement entrer en récession - les marchés ont fait volte face et se sont enflammés en pensant que cette mauvaise nouvelle obligerait la banque centrale européenne (BCE) à intervenir. Et comme ces mêmes marchés adorent les liquidités, ils ont imaginé que la BCE allait leur ouvrir ses coffres. »

Ce qui n'a pas été le cas.

Sébastien Korchia : « Non, la BCE a assuré un service minimum en n'annonçant qu'une baisse des taux de 25 points de base, dont on sait que l'impact est quasiment nul, notamment sur les pays périphériques. On attendait plutôt une baisse de 50 points et surtout des mesures complémentaires et non conventionnelles qui ne sont pas venues. Le discours de la BCE consiste à dire que cela se fera peut-être plus tard mais, en tout cas, pas sous cette forme là et surtout à condition que les gouvernements continuent leur travail en profondeur, notamment sur les dépenses. »

Ce qui n'est pas gagné.

On aimerait donc comprendre ce qui gouverne les marchés aujourd'hui. Une récente enquête de Fitch montre que six investisseurs sur dix considèrent que l'exubérance des marchés est complètement déconnectée du réel. Alors par quoi sont régis les indices boursiers aujourd'hui en Europe et notamment le CAC 40 à Paris ?

Sébastien Korchia : « Le CAC 40 et ses homologues européens sont tout d'abord régis par des paradoxes. Notamment celui de penser qu'une mauvaise nouvelle déclenchera automatiquement une intervention de la banque centrale. Ils sont également gouvernés par le mimétisme. L'évolution du CAC 40 dépend du comportement de marchés directeurs, tels que le marché américain qui va de record en record et le marché japonais qui s'envole grâce aux injections massives de liquidités de la Banque du Japon (BoJ). Les liquidités sont finalement le moteur de ces trois marchés : aux Etats-Unis, la liquidité est déjà présente ; au Japon elle le sera, et en Europe, on peut imaginer qu'elle le sera. »

A vous suivre, si on doit investir dans le CAC 40 ou les actions européennes, il est, par conséquent, indispensable de se fier à la boussole que constituent les marchés américains et nippons et essayer d'anticiper leurs évolutions...

Sébastien Korchia : « A court terme, oui, car on constate à chaque séance que la tendance à Paris et dans le reste de l'Europe dépend très étroitement du parcours qu'ont signé la veille les marchés américains et asiatiques. Donc, à court terme, la clé du comportement des marchés européens réside dans la matérialisation d'une pause ou non de Wall Street. »

Alors justement, envisagez-vous une pause outre-Atlantique et au Japon, sachant que la banque centrale nippone procède à des injections continues de liquidités et qu'il sera donc difficile d'arrêter la progression du Nikkeï dans ces conditions ?

Sébastien Korchia : « Au Japon, une nouvelle dynamique boursière est à l'œuvre. La hausse, à très court terme, sera conséquente puisque ce marché a techniquement besoin de respirer. Il ne respirera peut-être pas à pleins poumons mais il respirera. Cela ne devrait pas tarder à se produire. Aux Etats-Unis, on vole de record en record, il est donc difficile de trouver un point technique. Par contre, il y a des éléments qui peuvent indiquer l'entrée en mode pause d'ici une poignée de séances. D'abord, de moins en moins de titres progresseront, puisqu'au fil des records la participation à la hausse de l'ensemble de la bourse s'érode. Ainsi, après avoir gravit les plus hauts sommets, la bourse américaine devrait s'essouffler et la tendance haussière s'épuiser. Ensuite, on observe, depuis quelques jours, une remontée des taux d'intérêt à long terme. On l'observe en Europe mais surtout aux Etats-Unis. »

Alors qu'est- ce que cela signifie ?

Sébastien Korchia : « En fait, cela témoigne d'une sorte d'incrédulité des marchés à l'égard du discours du directeur de la FED, Ben Bernanke, qui assure que les liquidités continueront d'alimenter les marchés autant que nécessaire. Les marchés obligataires semblent y croire de moins en moins et prennent acte de chiffres économiques américains plutôt encourageants - en ce qui concerne les chiffres de l'emploi, ils sont même plus qu'encourageants - qui les poussent à penser que la politique de l'autorité monétaire sera nettement moins généreuse à l'avenir. Et pour cause, la question du calendrier d'arrêt ou de diminution de ces injections de liquidités reviendra sur la table du conseil d'administration de la banque centrale US. Le débat sera alors sûrement un peu plus serré au sein des gouvernants de la FED. Ce qui explique l'inquiétude des marchés. Et évidemment, si les marchés américains commencent leur consolidation, le CAC 40 suivra à court terme, c'est mécanique. »

Faut-il garder une certaine réticence vis-à-vis des actions à plus long terme?

Sébastien Korchia : « Pas pour l'instant. En fait, à court terme, il y aura sûrement une pause qui viendra des deux pays qui nous dirigent « boursièrement parlant ». En ce qui concerne le moyen terme (de 3 à 6 mois), on peut d'ores et déjà relever des indices nous informant de l'évolution future des marchés européens. D'abord, les marchés européens étant toujours très en retard, on observera probablement un effet de rattrapage. Ensuite, en toile de fond, le marché est nourri par l'absence de rendement des placements alternatifs. Et enfin, les autorités européennes semblent vraiment avoir pris conscience que trop d'austérité tuait la croissance ou le peu de croissance qu'il restait. Et même les pays les plus durs en la matière, je pense au Pays-Bas, reviennent en arrière. Je crois notamment que le délai accordé à la France pour rentrer dans les clous des déficits montre que les autorités européennes estiment que le pays est capable de donner une forme de bouffée d'oxygène à la croissance. Certes elle sera limitée, mais suffisante pour ne pas faire plonger l'économie européenne et pour que les marchés soient un peu plus optimistes. Donc les données de fond sont toujours là pour que tranquillement la hausse sur les marchés européens se réalise. »

Quel est le potentiel d'une telle hausse ?

Sébastien Korchia : « Pas facile à dire, je l'avoue. Mais un CAC 40, à la sortie de l'été [...] à 4150 points, est quelque chose qu'on peut parfaitement imaginer, en gardant à l'esprit qu'à très court terme un nouveau « trou » en provenance d'outre Atlantique ou du Japon est possible. Ce dont il faudrait savoir profiter. »
*Interview réalisée le 14 mai 2013

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



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