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Chine : la menace du système bancaire fantôme

09/07/2013 - 09:25 - Sicavonline - David Shairp - J.P. Morgan AM



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Chine : la menace du système bancaire fantôme

Sous l'impulsion de Pékin, l'économie chinoise poursuit sa réorientation vers son marché intérieur. Si le prix d'une telle transition ne se résume pour l'instant qu'à un ralentissement modéré de l'activité, le shadow banking laisse planer une véritable menace sur le système financier de l'Empire du Milieu. David Shairp, stratégiste chez J.P. Morgan AM, analyse ce phénomène et en décrit les conséquences potentielles.

Après avoir intégré les récentes inquiétudes concernant les marchés interbancaires chinois, le Shibor est revenu à un niveau normal. Le fait qu'il ait atteint le chiffre de 11 % a toutefois amené de nombreux investisseurs à s'interroger sur la résistance réelle du système financier chinois et sur l'ampleur du risque latent dans son système bancaire fantôme. La taille du système bancaire fantôme chinois est estimée à environ 20 trillions de yuans. Mais la Chine compte des réserves de change de plus de 3 trillions de dollars américains, lesquelles s'ajoutent à une réserve de capital de 20 trillions de yuans dans le système bancaire. On peut donc argumenter qu'il y a assez de capital pour palier à tout problème éventuel lié au système bancaire fantôme, jusqu'à présent tout au moins. Si le secteur bancaire fantôme continue à grossir, cela restera à voir.

Compte tenu de la contraction des principales sources de revenus, recettes fiscales et ventes de biens fonciers des gouvernements locaux, il n'est pas surprenant de les voir emprunter de plus en plus auprès des véhicules de financement des gouvernements locaux (LGFV) pour financer les projets d'infrastructure en cours démarrés lors du plan d'action de 2009. Parallèlement, les promoteurs immobiliers ont de plus en plus de difficultés à emprunter par le biais des canaux conventionnels, auquel cas ils font également de plus en plus appel aux sociétés de placements et aux produits financiers pour lever des capitaux. Mais dans la mesure où les sociétés de placements immobiliers représentent seulement moins de 4 % de l'ensemble des revenus du secteur immobilier, nous pensons que les risques sont sous contrôle. Les segments du système bancaire fantôme qui s'avèrent vraiment vulnérables sont les LGFV et les banques de plus petite taille. Vu les taux d'intérêt à deux chiffres offerts par les produits financiers, on ne peut s'empêcher de se demander si les projets d'infrastructure vont offrir des retours sur investissement suffisants pour couvrir les intérêts.

Dans les années 90, alors que le Premier ministre Zhu Rongji dirigeait la réforme et la restructuration des entreprises publiques, le ratio global des prêts non productifs s'élevait à environ 46 %. Trente millions de personnes, soit 60 % des effectifs des entreprises publiques, avaient été licenciées sur sept ans à partir de 1998. Pendant deux ans et demi à compter d'août 1997, la croissance du PIB était restée inférieure à la tendance, atteignant un plancher de 5,3 % en mai 1999.

Qu'en est-il aujourd'hui ? D'après UBS, la surcapacité était, dans les années 90, nettement supérieure à son niveau actuel. Les marges d'exploitation des entreprises sont à ce jour à un meilleur niveau également. Néanmoins, le chiffre officiel de 0,99 % pour les prêts non productifs demeure trop faible.

Il semble que le nouveau gouvernement soit pleinement conscient des risques potentiels planant sur le système bancaire fantôme et soit prêt à accepter des souffrances à court terme en échange de gains à long terme. Cela suppose que les conditions de crédit vont inévitablement se resserrer et la croissance du PIB ralentir davantage.

Après 30 ans d'investissements productifs intensifs dans les infrastructures dites lourdes, la Chine a besoin de temps pour digérer. Rappelons que la Chine reste un pays pauvre. D'importants investissements restent à réaliser dans les infrastructures légères telles que les services sociaux, la santé et l'éducation. Il reste à souhaiter que les dirigeants fassent preuve d'une capacité d'anticipation et aient les choses bien en main pour faire face aux risques liés au système bancaire fantôme. Autrement, ils pourraient bien être mal en point en cours de route.

David Shairp - stratégiste chez J.P. Morgan AM

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



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