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Croissance : touchée mais pas coulée !

03/07/2014 - 17:24 - Sicavonline - Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau, gérants chez Amplégest



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Croissance : touchée mais pas coulée !

Quels enseignements tirer des récentes statistiques publiées aux Etats-Unis ? Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau, gérants chez Amplégest, conseillent de garder la tête froide et d'opter pour une lecture des événements sur le long terme.

Les chiffres révisés de variation du PIB aux Etats-Unis pour le premier trimestre 2014 (-2,9%) ont jeté un froid, les investisseurs comptant sur la locomotive américaine pour redonner des couleurs à l'économie mondiale. Faut-il en tirer la conclusion que notre scénario d'accélération progressive de la croissance dans le monde est remis en cause ?

Nous ne le croyons pas pour plusieurs raisons. Ce mauvais chiffre, pour surprenant et inquiétant qu'il soit, ne reflète en réalité qu'une correction des niveaux trop élevés des stocks et de la contribution positive du commerce extérieur dans la seconde partie de 2013. Ajouté à un effet météo très défavorable, ce rééquilibrage a été violent mais, selon nous, non « reproduisible ». Par ailleurs le PIB est un agrégat comptable qui peut, on vient de le voir, être impacté par des facteurs non récurrents. Il n'est pas très fiable et sujet à des révisions régulières. Il peut donner une vue erronée de l'économie. Il vaut mieux alors se concentrer sur des données économiques aux méthodes de calcul bien établies. Parmi celles-ci la production industrielle est un indicateur très révélateur de la santé d'une économie. Il est aujourd'hui au plus haut et a dépassé, en volume, son niveau d'avant crise de 2008. Les indicateurs d'activité des différentes FED régionales, les indices de confiance des consommateurs, les chiffres de l'emploi et ceux de l'immobilier, corroborent également l'idée d'une croissance économique toujours robuste aux Etats-Unis.

Ce chiffre de - 2,9% pour le PIB du premier trimestre nous oblige automatiquement à réviser nos prévisions de croissance globale pour 2014 (croissance embarquée trop faible pour un chiffre annuel au dessus de 3%). Les prochains trimestres devraient être assez vigoureux et retrouver une tendance favorable. Rétrospectivement, le discours prudent de la Federal Reserve sur la politique monétaire se trouve justifié par cette chute ponctuelle de croissance. Les autorités monétaires américaines resteront très vigilantes sur le maintien d'une croissance soutenue avant d'agir sur les taux d'intérêt.

En Europe, en dépit d'une Allemagne solide, la croissance tarde à repartir, obligeant la BCE à devenir enfin plus audacieuse et à mener une politique monétaire non conventionnelle. La volonté clairement exprimée de Monsieur Draghi est d'éviter la déflation et de faire baisser l'euro contre les autres devises, pour doper la compétitivité européenne. Nous pensons qu'il continuera d'agir dans ce sens, même si pour l'instant l'effet sur la devise est limité. Une croissance atone, autour de 1%, et un chômage de masse dans la plupart des pays, ne laissent guère le choix à la Banque Centrale, alors que les réformes continuent à se réaliser sur un rythme inégal et incertain selon les pays.

La réaction des autorités politiques et monétaires à la crise aux Etats-Unis a été beaucoup plus rapide et efficace qu'en Europe. Il est donc normal que la croissance économique et les profits des entreprises américaines soient nettement plus élevés. Aujourd'hui les résultats des principales sociétés dépassent d'environ 30% ceux d'avant crise, alors qu'en Europe ils n'atteignent qu'environ la moitié de ceux-ci ! Cela justifie parfaitement la surperformance du Dow Jones par rapport à l'Eurostoxx sur la période. Le Japon et La Grande Bretagne ont également agi rapidement et fortement. Compte tenu du niveau de cycle économique en Europe, et de l'action enfin franche de la BCE, nous préférons en relatif les actions européennes à leurs homologues américaines dans un portefeuille diversifié. Le propre des marchés est d'anticiper et, en dépit de valorisations des actions moins favorables qu'il y a un an, nous pensons que les décisions monétaires récentes vont contribuer à soutenir les indices européens. Nous restons principalement positionnés sur les leaders globaux, capables de résister aux pressions déflationnistes. Toute baisse significative des marchés par rapport aux niveaux actuels serait une belle opportunité d'achat. Nous continuons par ailleurs à revenir progressivement sur les zones émergentes.

Cette dernière séquence sur le PIB américain nous montre une nouvelle fois à quel point une vision court terme de l'économie peut être prise à revers par des facteurs ponctuels et non récurrents. Gardons le cap en nous fixant un horizon plus long permettant de gommer en grande partie ces aléas !

Xavier d'Ornellas - Gérant Associé - Pôle Gestion Flexible chez Amplégest
Emmanuel Auboyneau - Gérant Associé chez Amplégest
Avec la participation de Jean-Michel Mourette, Economiste

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