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Japon : chronique d'une hausse annoncée... avant le grand plongeon

18/11/2014 - 11:54 - Sicavonline (mis à jour le : 25/11/2014 - 09:39)



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Pierre Sabatier était l'invité de l'oeil du pro fin octobre. Son analyse de la situation japonaise prend un relief particulier au regard des chiffres excécrables du PIB japonais publiés lundi 17 novembre (-0,4 % au T3).


La BoJ, la banque centrale japonaise, a décidé fin octobre d'intensifier de 30.000 Mds de Yens par an ses achats d'actifs. La planche à billets tourne de plus en vite dans l'archipel nippon, et cela ne surprend en rien Pierre Sabatier, président de PrimeView et membre fondateur des Econoclastes, qui maintient son scénario d'une bourse nippone performante… dans un premier temps. 

Depuis de longs mois Pierre Sabatier assure que les Abenomics qu'il définit comme « un mélange de politiques publiques très interventionnistes », censées soutenir la consommation et l'investissement, et de politique monétaire très expansionniste visant à « maintenir des coûts du capital très faibles afin d'essayer de reflater l'économie et de sortir de la déflation » ne mèneront le Japon sinon qu'à une situation aussi désespérante que celle que vécut l'Argentine au début des années 2000.

Et pour cause, le quantitative easing tel que pratiqué par la BoJ ne saurait aux yeux du président de PrimeView être aussi efficient que celui mené aux Etats-Unis par la FED.

A ses yeux, les racines de l'échec  des Abenomics sont profondes. « Le Japon doit faire face à des mouvements structurels extrêmement forts liés notamment au vieillissement de sa population qui le destinent à un environnement de stagnation/déflation : les solutions mises en place ne parviendront pas à contrebalancer ces forces extrêmement puissantes… »

Car, d'après celui qui est aussi l'un des fondateurs des Econoclastes le QE à la japonaise ne saurait produire les mêmes effets que le quantitative easing mené par la FED.

« La politique monétaire qui consiste à descendre dans sa cave et à imprimer des billets de banque et les donner à l'Etat afin qu'il puisse financer ses déficits publics a globalement permis aux Etats-Unis de purger leurs excès passés. La nature du QE américain était conjoncturelle : mettre en place une politique monétaire exceptionnelle pour régler une situation d'origine exceptionnelle. Une fois que celle-ci est réglée, on s'arrête. »

Mais au Japon le QE n'est pas de même nature.

« Au Japon, on est dans une situation vraiment différente, » poursuit l'économiste, « puisque le QE n'est pas là pour répondre à des problématiques conjoncturelles mais pour répondre à un phénomène structurel  ayant débuté il y a une vingtaine d'années : le vieillissement de la population. Ce dernier entraîne naturellement les populations vers un niveau de consommation plus faible que par le passé, ce qui débouche sur une stagnation économique associée à de la déflation.»

La situation est d'autant plus épineuse pour le Japon qu'il ne dispose plus des excédents courants grâce auxquels il autofinançait des déficits publics « [avoisinant] 8 à 10 % par an depuis 15 ans maintenant. »

L'impécuniosité de l'Etat japonais n'était en effet pas un problème tant qu'il pouvait émettre de la dette financée par l'épargne des ménages nippons. Mais la donne a changé.

« L'origine du QE réside dans le fait qu'aujourd'hui les Japonais ne disposent plus de suffisamment d'épargne pour autofinancer cette dette.  Cela pousse le Japon à rechercher un financement de sa dette et de ses déficits publics à l'extérieur de ses frontières or aucun investisseur, en tout cas je n'en connais pas, n'est disposé à prêter à un Etat endetté à hauteur de 240 % du PIB en échange des 0,7 % de rémunération offerts par les emprunts d'Etat nippons à 10 ans. » Il faut donc que la BoJ prenne le relais et fasse tourner à plein régime la planche à billets pour acheter elle-même la dette publique japonaise.

En agissant de la sorte, elle favorise l'envolée du prix de certains actifs, à commencer par les Actions.
Avec le QE, « Les banques centrales (…)  administrent le prix des taux d'intérêt .» En l'occurrence, elles les écrasent.

« On se retrouve à des niveaux de taux d'intérêt jamais atteints, 0,5 %, 0,6 % ou 0,7 % pour les financements sur 10 ans, » constate Pierre Sabatier. «  Et en agissant ainsi, les banques centrales génèrent un effet d'éviction de l'épargne privée. » Cette dernière ne peut plus acheter des obligations d'Etat, tout d'abord parce qu'elles ne rapportent plus rien, mais aussi et surtout, parce qu'elles ne sont plus accessibles, les banques centrales ayant acquis la dette souveraine disponible sur le marché.

« Par conséquent, [l'épargne privée] doit se porter sur autre chose : de l'immobilier ou des Actions. »
Et on a pu voir tant aux Etats-Unis qu'au Japon ce qu'un QE, en réorientant les flux d'épargne, pouvait avoir de dopant pour les marchés boursiers.

Voilà pourquoi, de l'avis du fondateur de PrimeView, l'amplification du quantitative easing japonais constitue un clair signal d'achat des Actions nippones d'un point de vue tactique… avant que la situation ne dégénère, car il faut, selon lui, bien garder à l'esprit que lorsque l'on « imprime des billets dans [sa] cave, [on permet juste] au système de perdurer le temps que les [investisseurs] prennent conscience que ce mouvement n'est qu'une fuite en avant. »

 

Pierre Sabatier est ingénieur agronome de formation (diplômé d'AgroParisTech). Sa carrière débute en tant que stratège en finance de marchés pour JCF Group puis FactSet. Au sein de la société de gestion Pythagore Investissement, il deviendra gérant de portefeuilles et responsable de la stratégie. En 2009, Pierre Sabatier fonde avec Jean-Luc Buchalet le cabinet indépendant de recherche économique et financière PrimeView, dont il est aujourd'hui président. Il est co-fondateur des Econoclastes (www.leseconoclastes.fr) au côté notamment d'Olivier Delamarche et de Philippe Béchade, avec lesquels il intervient régulièrement sur BFM Business.

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