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Etats-Unis : un risque pour les marchés en 2019 ? [Interview Marc Touati - Partie 1/2]

17/01/2019 - 16:40 - Sicavonline - Propos receuillis par VB et DG



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Etats-Unis : un risque pour les marchés en 2019 ? [Interview Marc Touati - Partie 1/2]

Marc Touati, le président du cabinet d’analyse économique ACDEFI, estime que la purge entamée en fin d’année 2018 n’est peut-être pas terminée. Dans la première partie de cette interview qui en comporte deux, l’économiste aborde le cas américain et la probabilité que le pays soit une nouvelle fois à l’origine d’une dégringolade des marchés.

Sicavonline : Marc Touati, 2018 a été plutôt favorable à vos prédictions économiques.

Marc Touati : C'est vrai. J'ai fait le bilan de la prévision comme à chaque début d'année. Une seule erreur a été commise, elle concerne l'évolution des taux d'intérêt à long terme de la France. J'avais anticipé une petite hausse et finalement ils n'ont pas bougé mais sinon on a fait de bonnes prévisions.

Vous disiez en 2018 et même antérieurement à 2018 qu'on était en bulle sur les marchés actions, sur les crypto monnaie et que ça allait éclater. On peut considérer que ces bulles se sont sacrément dégonflées. Il est même possible de parler de krach pour les petites et moyennes capitalisations. Ceci-posé, est ce que l'on peut aujourd'hui considérer que la purge sur les marchés actions est achevée ?

Marc Touati : J'aimerais bien vous dire oui mais je pense que malheureusement ce n'est pas terminé. Là, on a eu  effectivement un petit rebond technique puisque qu'on a eu une très forte baisse sur l'ensemble de l'automne. Il faut regarder quel va être l'état de la croissance mondiale pour pouvoir expliquer les niveaux des grandes bourses et notamment de la bourse américaine. Actuellement, pour justifier un Dow Jones autour des 22000 ou 23000 points il faudrait une croissance mondiale de l'ordre de 7 à 8 %. Or, pour 2019, ce sont mes prévisions, nous pourrions avoir une croissance mondiale de l'ordre de 2,8%. Je rappelle que la moyenne sur plus de 30 ans est de 3,5%. L'année dernière en 2018, elle s'établissait à 3,3 %. Elle va tomber à 2,8 % –ce qui est entre nous la plus mauvaise performance depuis 2009. Néanmoins, ce n'est pas la bérézina mais cela justifie encore un Dow Jones qui revient vers des niveaux de 20000 ou 21000 points. Cela veut dire que la purge n'est pas complètement terminée d'autant qu'il demeure beaucoup de risques extra économiques qui menacent de contrecarrer l'embellie boursière.

Attardons-nous sur le Dow Jones et cette valorisation jugée excessive puisque vous affirmez qu'il il faudrait une croissance mondiale bien supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui pour justifier de tels niveaux. Cela fait plusieurs années que le marché n'en a cure et qu'il considère que finalement les niveaux correspondent à la croissance. Par conséquent, on peut imaginer que cela perdure cette année…

Certes. Il est vrai qu'en 2018 on a eu justement cette correction qui a ramené la bourse à un niveau plus logique par rapport à la croissance mondiale. Je rappelle que la bourse valorise les profits. Et d'où viennent ces profits ? De cette croissance mondiale puisque 80 % des profits des entreprises qui composent le Dow Jones viennent du reste du monde. Pareil pour le CAC 40. Nous avons donc ce ralentissement qui est là, mais qui n'est pas encore dans les cours puisque aujourd'hui l'économie américaine, qui s'est jusqu'ici bien comportée, va ralentir vers 2,2% de croissance en 2019 ; idem pour la Chine et l'Inde qui sont les deux grandes locomotives économiques mondiales, devant les Etats-Unis. La Chine devrait revenir vers 6% de croissance, ce qui évidemment est toujours très bon et l'Inde devrait redescendre autour des 6,5%. Partant, tout cela fait que, globalement, on arrive à ces 2,8 % avec un grand point d'achoppement qui est l'Europe d'où viendra la crise puisque la croissance y sera dans le meilleur des cas de 1,2% en 2019.

Est-ce qu'il ne faudrait pas pour que finalement une correction majeure advienne à Wall Street qu'on ait un changement radical de paradigme, c'est-à-dire davantage qu'un ralentissement ?

Tout à fait, il existe deux grands dangers en 2019 : le premier est américain. Il s'agit de savoir si Trump va véritablement imposer une augmentation des barrières douanières un peu partout dans le monde et là il y a un problème, puisqu'il faut savoir que pour avoir 3% de croissance mondiale, il faut une croissance du commerce mondial, c'est-à-dire des échanges internationaux, de l'ordre de 10 % en valeur. Du coup, si effectivement le protectionnisme l'emporte on n'aura pas cette croissance du commerce mondial…

Pour découvrir l'intégralité de cet entretien en vidéo cliquez ici

Ce n'est pas forcément le scénario le plus plausible

Malgré tout, cela a déjà commencé. On voit ce qui se passe avec la Chine ou l'Allemagne. La Chine a contrecarré les barrières douanières américaines en dépréciant le yuan, qui a baissé de 20% quand les barrières douanières ont augmenté de 20% et donc, finalement, ça n'a pas joué tellement sur les exportations chinoises. Néanmoins on a un ralentissement. Idem pour l'Allemagne qui reste certes une grande championne du commerce extérieur. Cependant, ces excédents ont fondu comme neige au soleil, je ne vous parle même pas de la France qui se trouve en déficit chronique. Tout cela pour dire qu'il y a déjà des impacts, et bien évidemment, si demain le protectionnisme s'accroît, cela fera très mal sur la croissance mondiale. N'oublions pas en outre que Trump a réussi un coup de baguette magique incroyable en 2018 en réduisant très fortement les impôts et, ce faisant, il est parvenu à relancer le cycle alors qu'on était en fin de ce fameux cycle. Normalement on aurait dû avoir une récession. Il a au contraire réussi à relancer la croissance, ce qui est très fort, c'est vrai, –on voit que le taux de chômage témoigne toujours du plein emploi, ce qui va permettre [au cycle] de perdurer– donc je ne vois pas une récession américaine. Néanmoins le plus beau est derrière nous. On aura forcément ce ralentissement qui, encore une fois, n'est pas dans les marchés avec des taux d'intérêt de la Réserve fédérale des Etats-Unis qui vont continuer d'augmenter par petites touches

Revenons-y parce que les marchés s'inquiétaient grandement d'un durcissement exagéréou intempestif de la politique monétaire de la FED qui est engagée dans un chemin de hausse de taux.  or Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis a finalement émis ce qu'on appellerait un put, le put Powell,  après le fameux put Bernanke. Traduction : en gros, rassurez-vous je suis à l'écoute des marchés, si jamais les choses ne vont pas bien, je suis là. Or, le put Bernanke est ce qui avait permis aux marchés boursiers de très bien se comporter.

C'est vrai. Simplement je vous rappelle qu'il y a un an quand on annonçait ici même que les taux de la FED allaient monter à 2,5 %, on s'entendait rétorquer qu'ils n'iraient pas au-dessus des 2 %, et pourtant on y est. Donc, je pense qu'effectivement on ira vers un niveau de 3 % et on voit des conséquences sur le marché hypothécaire et immobilier aux Etats-Unis.

Depuis l'intervention de Powell, de nouvelles hausses de taux de la FED paraissent bien moins certaines…

Elles continueront au regard des chiffres de l'emploi.

Oui, mais on n'a pas tellement d'inflation aux Etats-Unis…

C'est vrai que l'inflation reste limitée, mais les salaires croissent de façon assez soutenue, les revenus également. Cela ne signifie pas que la politique monétaire dérapera, mais qu'on aura au moins encore deux hausses de taux de 0,25 % chacune de la FED. Ce n'est pas dramatique, néanmoins cela devrait calmer le jeu. Répétons-le, il s'agit du travail de la Réserve fédérale de remonter les taux quand ça va mieux, et c'est une bonne nouvelle, parce que si demain survient un ralentissement économique plus marqué que prévu, la FED pourra baisser les taux afin de relancer la machine ; voilà pourquoi je ne vois pas un krach, mais davantage la poursuite de la correction sur le marché boursier, autrement dit une baisse de l'ordre de 5 à 7 % sur l'année.

 

La seconde partie de cet entretien en cliquant ici

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