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Pétrole : un rapport offre/demande pas favorable à de grandes envolées (2/2)

22/02/2019 - 17:50 - Sicavonline - Vincent Bezault (mis à jour le : 22/03/2019 - 15:16)



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Pétrole : un rapport offre/demande pas favorable à de grandes envolées (2/2)

Deuxième partie de la version écrite de l’entretien dans l’œil du Pro avec Stéphane Soussan, gérant Actions Thématiques chez CPR AM et spécialiste du pétrole. Après avoir dans la première partie de l’interview analysé le rapport de force entre offre et demande, l’expert de CPR AM livre dans cet ultime volet sa vision quant à la façon de jouer le secteur pétrolier dans l’environnement présent.

Comment jouer le pétrole dans ce contexte de marché ?

Dans un scénario de hausse modérée du pétrole, je pense que les véhicules ou les segments à privilégier sont premièrement les compagnies pétrolières intégrées, parce qu'elles ont énormément réduit leur base de coûts et sont capables aujourd'hui de financer leurs investissements et leurs dividendes même avec un baril de Brent qui descendrait à 50 ou 55 des dollars par baril. Vous avez un rendement du dividende autour de 5 % qui, on peut le dire est un peu garanti, ce qui est une bonne base pour un investissement boursier. Selon moi, le deuxième segment intéressant à jouer dans le cadre de ce scénario est le raffinage et en particulier le raffinage américain. On a une décote du prix du pétrole aux Etats-Unis par rapport au pétrole international parce qu'on a une offre en forte croissance et surabondante et, partant, les raffineurs américains ont un avantage de coût. Ils achètent leur pétrole brut moins cher que les raffineurs européens ou asiatiques. Par contre, ils peuvent revendre les produits raffinés aux mêmes cours que les prix mondiaux. Ils ont par conséquent un avantage de coût pour leurs marges. Ils profitent d'un deuxième avantage. Une nouvelle norme pour les carburants de l'industrie maritime entre en vigueur en 2020. Les navires vont devoir plutôt utiliser désormais du diesel au lieu de fioul lourd qui était plus polluant. L'augmentation attendue de la demande de diesel devrait avoir un impact positif sur les marges des raffineurs.

Vous êtes plutôt favorable aux pétrolières intégrées et aux raffineurs. Quid de l'exploration ?

Dans ce cadre-là, si on n'envisage pas une forte hausse du prix du baril, pour les compagnies pétrolières qui font de l'exploration production, donc des purs producteurs, le scénario n'est pas très favorable. Par ailleurs, en termes de cote boursière vous avez essentiellement des compagnies américaines dans ce segment, des sociétés qui en l'occurrence n'ont pas une grande discipline financière, qui font un peu de la croissance à tout prix, quelles que soient les conditions de rentabilité. Je me méfierais de ce segment aujourd'hui, surtout dans l'hypothèse où l'on a pas de forte hausse du prix du baril. Un deuxième segment doit d'après moi inspirer la prudence. Nous sommes dans une phase de marché où l'OPEP et certains autres producteurs doivent réduire leur production. Cette phase de réduction de la production n'est pas favorable aux sociétés de services pétroliers puisqu'elles ont besoin qu'on lance de nouveaux développements de champs et de nouveaux investissements. Je ferai cependant une petite distinction entre services pétroliers aux Etats-Unis et hors Etats-Unis. L'année sera relativement mauvaise pour les uns et les autres. En revanche, comme la production américaine a vocation à continuer à croître de manière sensible le chiffre d'affaires des services pétroliers aux Etats-Unis devrait croître de manière sensible. A moyen terme, j'ai plutôt une vision positive des services pétroliers aux Etats-Unis. A contrario comme la production croît aux Etats-Unis et que les producteurs dans le reste du monde doivent plutôt se serrer la ceinture en termes de production, l'environnement me parait défavorable pour les services pétroliers hors Etats-Unis.

Il convient d'évoquer la situation au Venezuela et en Iran parce qu'elle conditionne beaucoup le rapport offre et demande. Est ce que l'on ne risque pas en l'espèce d'assister à une contrainte de l'offre pour des raisons géopolitiques ?

On a eu déjà une très forte baisse de la production vénézuélienne ces dernières années. Le changement politique pourrait provoquer un chaos supplémentaire et une baisse additionnelle de la production. Inversement, si on avait un changement, on pourrait avoir l'espoir de retour des compagnies pétrolières internationales et d'un nouveau développement. Est-ce que la production vénézuélienne peut vraiment encore beaucoup baisser ? Possible mais difficile à dire. Quand les sanctions ont été annoncées contre l'Iran, les attentes de chute des exportations iraniennes ont été très fortes, ce qui a d'ailleurs sous-tendu la forte hausse du prix du baril observée pendant les dix premiers mois de l'année. Cependant, Donald Trump a fini par annoncer des dérogations pour les pays importateurs de pétrole iranien et les attentes de chute des exportations iraniennes se sont évanouies, ce qui a alimenté la forte baisse du baril qu'on a eue lors du quatrième trimestre 2018. Aujourd'hui, on n'a pas encore une visibilité très forte sur l'évolution des exportations iraniennes. Elles ont quand même un peu baissé depuis la mise en place des sanctions. Les derniers chiffres que j'ai pu voir indiqueraient une accélération de cette baisse des exportations mais combien de temps vont durer les dérogations. Est-ce que les pays qui y ont droit vont continuer à les utiliser ? Cela reste une question en suspens assez importante pour anticiper l'évolution des exportations iraniennes. C'est donc à surveiller car cela peut avoir un impact significatif sur l'offre mondiale de pétrole.

Propos recueillis et édités par VB.

Retrouvez la première de cette interview ici

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