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« Les investisseurs devraient se remémorer ce qu'ils espéraient fin 2018 » (2/2)

31/05/2019 - 09:43 - Sicavonline - Vincent Bezault (mis à jour le : 15/10/2019 - 17:20)



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« Les investisseurs devraient se remémorer ce qu'ils espéraient fin 2018 » (2/2)

Deuxième partie de la version écrite de l’entretien avec Nicolas Chéron, Directeur de la Recherche chez Binck.fr.

Revenons, Nicolas Chéron, à Berkshire Hathaway, le fonds de Warren Buffett. S'il a d'une certaine manière capitulé en investissant dans Amazon ou Apple, est-ce que ce n'est pas poussé par le raisonnement suivant, qui est que l'argent gratuit est toujours à disposition puisque la FED ne va pas relever ses taux et qu'il se trouve que cet argent très bon marché profite principalement aux valeurs technologiques américaines et plus particulièrement aux grandes valeurs de technologie, et que cet état de fait favorise subséquemment leur avancée boursière ?

Oui, bien sûr, on peut avoir des flux entrants [sur les grandes valeurs de technologie américaines]. On peut avoir aussi des particuliers américains dont l'indice de confiance est au plus haut qui peuvent se dire « je n'ai pas profité pleinement du marché actions. Même Warren Buffett achète, donc je vais participer aussi à cette hausse ». Lorsque l'on regarde, ce qui s'est passé en l'an 2000, et en l'espèce le parcours d'alors de l'action Microsoft en est emblématique puisqu'il a connu une hausse constante suivie d'une accélération haussière et tout s'est achevé avec une hausse complètement euphorique, stratosphérique marquée par une progression de 30 à 50 % en l'espace de six mois, suivie ensuite par une baisse extrêmement brutale, une sorte de retour à la réalité d'autant plus violent que la hausse l'avait été. 

 

« Les investisseurs devraient se remémorer ce qu'ils espéraient fin 2018 » (2/2)

 

Bref, qu'on aille encore faire du « melt up », verser dans l'euphorie, chercher des nouveaux records, pourquoi pas ? Mais plus on ira haut, plus le retour de bâton sera violent. Vous n'êtes pas sans savoir qu'on est sur le cycle haussier le plus long de toute l'histoire. Les banquiers centraux essaient de nous faire croire qu'il pourrait durer éternellement que « this time, it is different ». Je pense que cela n'est pas le cas.

Certains relativisent l'envolée à laquelle nous avons assisté depuis le début de l'année en attirant l'attention sur le fait que finalement les marchés actions sur deux ans glissants n'ont pas fait grand-chose. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Eh bien, c'est aussi une des caractéristiques de la fin d'un marché haussier. On appelle cela la phase de distribution c'est à dire que pendant un an, un an et demi, les marchés vont se stabiliser sur leurs plus hauts. Certains professionnels, certains fonds d'investissement vont sortir des marchés et les particuliers eux vont y rentrer en vertu de la confiance qu'ils placent dans les banquiers centraux, dans le scénario d'une absence de récession, dans les résultats d'entreprises, et aussi par envie de profiter d'une énième jambe de hausse, mais je pense que c'est dangereux.

En clair, aujourd'hui votre recommandation aux investisseurs est de faire attention, parce que l'on est au-delà de toute rationalité. 

Il y a la rationalité et puis il y a aussi ce risque récessif.  On nous dit que la récession ne sera pas là, fin 2019. Très bien, peut-être… Mais regardons par exemple l'indice de la FED de New York ¬donc là, je ne vous parle pas d'une statistique ou d'un fonds d'investissement qui a fait une étude dans son coin mais de l'indice que calcule la FED de New York afin de probabiliser la récession à échéance douze mois [et qui a fait ses preuves par le passé]. En 2000 et en 2008 on a vu cette probabilité passer de 0 à 20 %, de 20 % à 45 % puis une récession s'est mise en place très rapidement. Récemment, on est passé de zéro à 27 % en l'espace de quelques mois. Donc même la FED ¬et c'est peut-être l'une des explications de sa pause sur les taux¬ estime qu'un épisode récessif a une probabilité de plus en plus importante de prendre de prendre forme et je le pense également.

Cela dit, quand on remonte un petit peu dans le temps on s'aperçoit que l'on a déjà atteint des niveaux équivalents sans aller tout de suite en récession puisque dans certains cas elle n'a suivi qu'un ou deux ans plus tard.

C'était en 1999 et 2000, on a eu un premier pic de stress puis la probabilité est redescendue puis ensuite on a eu une envolée des risques de récession et une envolée des cours. C'est le fameux melt up. Va-t-on l'avoir ou pas ? Y aura-t-il l'énergie suffisante pour engendrer une ultime phase haussière euphorique de 10 à % 20 % ? 5 à 10 %, pourquoi pas ? 10 à % 20 % j'en doute et, dans tous les cas, on monte depuis dix ans et aux Etats-Unis on a déjà gagné 400 % est ce que ça vaut le coup d'essayer d'aller chercher 10 à 20 % de plus quand on sait qu'il existe un risque de drawdown, de rechute de 30 à 40 % par la suite.

Propos recueillis et édités par VB.

Vous pouvez retrouver la première partie de cet entretien ci-dessous.

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