AXA : Henri de Castries détient 5,8 années de rémunération en actions

23/03/2012 - 18:25 - Option Finance

(AOF) - La Banque Degroof, agissant pour le compte d'Henri de Castries, a cédé sur le marché 384 292 titres Axa. Cette cession est intervenue à l'issue d'une opération de couverture mise en place par la Banque Degroof en février 2011 en exécution d'une convention de gestion discrétionnaire conclue le 31 mars 2010 (modifiée par avenant le 9 décembre 2011) aux termes de laquelle le président du directoire d'Axa a confié à la Banque la gestion d'une partie de ses titres Axa. Le produit de cette cession sera affecté au remboursement d'un emprunt souscrit par Henri de Castries en 2007 à l'effet d'acquérir des actions Axa et arrivant à échéance en 2012. Pour rappel, Axa a une politique exigeante en matière de détention d'actions par ses dirigeants. Ainsi, son président-directeur général doit détenir, durant toute la durée de ses fonctions, un nombre minimal d'actions Axa représentant en valeur trois fois sa rémunération totale annuelle versée au cours de l'exercice précédent (salaire fixe augmenté de la rémunération variable). A ce jour et en tenant compte de la cession du 16 mars 2012, Henri de Castries détient 1 359 770 titres Axa représentant en valeur sur la base du cours de clôture de l'action Axa le 22 mars 2012, 5,8 années de rémunération.

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Les points forts de la valeur

- Le groupe d'assurances se concentre sur l'optimisation de ses marges sur toutes les lignes de métiers avec un accent sur les activités mieux margées en assurance-vie ; - Le nouveau plan stratégique " 2011-2015 " confirme cette orientation avec notamment la mise en place d'une culture de la maîtrise des coûts, une allocation du capital par métier et par zone géographique plus disciplinée en termes de potentiel de croissance et de qualité des marges ainsi qu'une gestion financière plus prudente et moins sensible aux évolutions des marchés financiers ; - Après s'être développé en Amérique du Nord et en Europe, le groupe redouble d'efforts pour se faire connaître davantage dans les pays émergents. Le rachat des minoritaires d'AXA APH (Asie-Pacific Holdings) renforce la présence du groupe dans la zone Asie ; - AXA a un actionnariat stable, composé en grande majorité d'investisseurs institutionnels. - AXA bénéficie de solides positions concurrentielles à travers le monde.

Les points faibles de la valeur

- La communication du groupe est mal perçue par les investisseurs ; - La forte exposition d'AXA aux obligations (81%, dont la moitié en titres d'Etat) pèse sur le cours de Bourse, en raison de la crise de la dette souveraine en zone euro. De plus, les plus-values latentes du groupe sur la part en actions baissent en cas de chute des marchés ; - AXA se traite toujours avec une décote significative sur ses principaux concurrents assureurs généralistes ; - Certains analystes s'inquiètent des conséquences pour AXA de l'entrée en vigueur de Solvency II. Ce régime prudentiel, qui s'appliquera aux assureurs européens, pourrait fragiliser AXA, qui est l'un des assureurs détenant le montant le plus élevé d'actifs incorporels. Il ferait donc partie des acteurs nécessitant le plus de capital supplémentaire.

Comment suivre la valeur

- En tant que valeur financière, AXA est très volatile en Bourse, comme l'ensemble du secteur ; - Avec la crise de la dette souveraine, le titre évolue de concert avec le marché obligataire européen. Il fluctue en fonction du flux de nouvelles sur les pays périphériques de la zone euro ; - En temps normal, les performances du groupe sont particulièrement sensibles à l'évolution des marchés financiers et des taux d'intérêt, en raison de l'activité d'assureur qui consiste à encaisser les primes pour les investir ensuite, après déduction des réserves. Une remontée des taux longs est normalement favorable à l'assureur ; - L'insolvabilité est le principal risque auquel sont confrontés les assureurs, tout comme le manque de liquidités pour les banques ; - AXA est également soumis aux éventuels événements catastrophiques d'ordre météorologique (ouragans, tempêtes de vent ou de grêle, séismes), des incendies, explosions et inondations ou des actes de terrorisme. De tels évènements, suivant leur ampleur, peuvent peser sur le cours de la valeur ; - La mise en place de Solvency II est à suivre de près car les règles devraient encore évoluer ; - Le débat récurrent sur la réforme de la fiscalité du patrimoine en France, notamment sur l'assurance-vie, peut brouiller la visibilité ; -Le développement dans les pays émergents sera l'un des catalyseurs du titre dans les années à venir.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Assurance

Les perspectives sont plutôt positives pour le secteur de la réassurance, pourtant lourdement affecté par les récentes catastrophes naturelles. Les trois grandes agences de notation (Fitch, Moody's et Standard & Poor's) estiment que les acteurs sont parvenus à reconstituer quasiment entièrement leurs fonds propres au deuxième trimestre. Elles attribuent donc désormais une perspective "stable" au secteur. Les quatre grands acteurs européens (Munich Ré, Swiss Re, Hannover Re et SCOR) souhaitent des hausses de tarifs lors du renouvellement de contrats au 1er janvier 2012. Selon Munich Ré, 60 MdUSD de pertes ont été assurées au premier semestre, du fait entre autres du tsunami japonais, des tremblements de terre en Nouvelle-Zélande et au Chili, des tempêtes du sud de la Chine et des inondations en Australie. Même si les résultats du premier semestre des réassureurs ont été fortement impactés par les catastrophes, ces intervenants disposent d'excédents de fonds propres qui leur permettent de bien supporter ces pertes. FTB/ACT/