LAFARGE : résultat net stable au deuxième trimestre

27/07/2012 - 08:24 - Option Finance

(AOF) - Lafarge a réalisé au deuxième trimestre un résultat net part du groupe, hors dépréciations d'actifs et charges de restructuration, stable à 294 millions d'euros. Le résultat d'exploitation courant a progressé de 11 % à 755 millions. L'Ebitda a augmenté de 8% à 1,007 milliard. Le chiffre d'affaires a progressé de 5% à 4,261 milliards. Au premier semestre, le résultat net part du groupe, hors dépréciations d'actifs et charges de restructuration affiche un gain de 15% à 312 millions. Le résultat d'exploitation courant enregistre une hausse de 15 % à 1,022 milliard. L'Ebitda a augmenté de 8% à 1,523 milliard. Le chiffre d'affaires a progressé de 5% à 7,614 milliards. L'endettement net à 12,5 milliards a été réduit de 1,7 milliard par rapport à juin 2011 et la liquidité du groupe a été renforcée de 675 millions par l'émission en juillet d'emprunts obligataires à moyen terme sans covenants financiers et à des taux d'intérêt inférieurs à 6 %. Le groupe continue d'anticiper une demande de ciment en hausse et maintient son estimation de croissance de ses marchés comprise entre 1 et 4% en 2012 par rapport à 2011. Les marchés émergents demeurent le principal moteur de croissance de la demande et Lafarge en bénéficiera grâce à la qualité et à la bonne répartition géographique de ses actifs. Les prix devraient être en hausse sur l'année 2012, et l'inflation des coûts plus modérée qu'en 2011. Le PDG Bruno Lafont a déclaré  : "La conjoncture économique est toujours tendue dans de nombreuses régions du monde. Nous restons prudents sur les perspectives. Nous confirmons notre objectif de désinvestissements d'au moins 1 milliard d'euros cette année. Toutes ces actions contribueront à l'amélioration de la rentabilité de nos capitaux investis et à la réduction de notre endettement net à moins de 10 milliards d'euros le plus tôt possible en 2013".

AOF - EN SAVOIR PLUS

- Le groupe déploie une nouvelle organisation qui permettra de développer davantage de synergies entre les métiers du groupe et de générer des économies de coûts du fait de la suppression d'un échelon hiérarchique (responsable régional) et du regroupement des fonctions supports ;

Les points faibles de la valeur

- Ultra cyclique, le secteur de la construction est toujours à la peine en Bourse ; - L'atonie conjoncturelle des pays matures (47% du CA) décale le scénario de redressement des résultats du groupe ; - Les plans d'austérité en Europe pourraient se traduire par une révision des dépenses d'infrastructures ; - Le poids de la dette reste une préoccupation majeure. Le groupe réduit le montant de son dividende pour alléger son endettement ; - Lafarge poursuit la réduction de ses investissements de capacité alors que ses concurrents les ont repris. Cela risque d'hypothéquer le potentiel de gain de parts de marché du groupe à moyen terme, notamment dans les zones en forte croissance ; - L'exposition du groupe au Moyen-Orient le rend sensible à la montée du risque géopolitique dans la région depuis début 2011.

Comment suivre la valeur

- Lafarge a détaillé en juin 2012 son plan stratégique 2012-2015 avec des objectifs jugés ambitieux au vue de l'environnement conjoncturel ; - La réduction de la structure des coûts va conférer un effet de levier sur les résultats du groupe lors de la reprise de l'activité. - Les performances de Lafarge sont étroitement liées à l'état du secteur de la construction. Fortement cyclique, ce dernier dépend de l'évolution des taux d'intérêt, des facilités d'accès au crédit, du climat de confiance, et des conditions climatiques ; - Le prix de l'énergie est également à surveiller car il compte pour 25% à 30% du coût de production du ciment ; - Les résultats de Lafarge sont, pour partie, dépendants du cours du dollar par rapport à l'euro du fait de sa présence aux Etats-Unis ; - Le groupe souhaite accélérer l'innovation, notamment pour répondre aux modes de construction plus durables ; - La structure actionnariale du groupe est particulière avec la juxtaposition de deux actionnaires de référence (Groupe Bruxelles Lambert et NNS) et non impliqués par une action de concert. Même s'ils sont des actionnaires de long terme, leurs objectifs peuvent parfois diverger compte tenu des cultures spécifiques de l'un et de l'autre.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Construction - Matériaux

La plupart des analystes financiers sont prudents sur le secteur et estiment que 2012 devrait être une année difficile. Si les volumes du marché mondial (hors Chine) devraient croître de 3,5%, les augmentations de prix sont jugées insuffisantes pour compenser la hausse des coûts de production. En revanche, malgré les difficultés anticipées de la construction en Europe du fait d'un climat économique morose, Fitch considère que les perspectives de crédit sont stables pour le secteur des matériaux de construction. Les entreprises bénéficient de bilans assainis, avec des niveaux de trésorerie élevés et un risque de refinancement limité. L'agence anticipe que cette année, les difficultés devraient être semblables à celles de 2011, avec une faible croissance de la demande et des marges en retrait. Les volumes ne devraient que faiblement croître sur les marchés matures. Ils pourraient même régresser dans certaines régions. La demande sera plus dynamique sur les marchés émergents, mais certains marchés (comme l'Inde) pâtiront de surcapacités et d'une hausse des coûts. FTB/ACT/