ILIAD : 3,6 millions d'abonnés pour Free Mobile

31/08/2012 - 08:49 - Option Finance

(AOF) - Iliad a annoncé que Free Mobile comptait 3,6 millions de clients au 30 juin, soit 5,4% du parc français en moins de 6 mois. Cette activité a généré près de 320 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un Ebitda de -44 millions d'euros. Les investisseurs anticipaient une perte deux fois plus importante selon Reuters. L'opérateur télécoms a précisé que les recrutements se répartissent de manière globalement équilibrée : entre les deux forfaits, entre les Freenautes et les nouveaux venus ainsi qu'entre abonnements avec portabilité et abonnements avec attribution du numéro. Au niveau du groupe, le bénéfice net a reculé de 45% à 80 millions d'euros tandis que l'Ebitda pratiquement stable à 417 millions d'euros. Le chiffre d'affaires a progressé de 39% à 1,44 milliard d'euros, dont 1,13 milliard (+9%) pour l'activité fixe. Le chiffre d'affaires par abonné est resté stable à 35,50 euros. Dans l'Internet fixe, Iliad juge " exceptionnelle " sa performance commerciale. Avec 298 000 nouveaux abonnés (net de résiliations et hors migrations Alice), le groupe revendique une part de marché record de plus de 54% des recrutements nets sur la période. Concernant ses perspectives, l'opérateur télécoms a annoncé son intention d'atteindre à moyen terme une part de marché de 15% dans la téléphonie mobile et de 25% à long terme. Cette année, Iliad vise une " forte " augmentation du chiffre d'affaires. La croissance dans le fixe devrait être supérieur à 5%. Le groupe table sur un chiffre d'affaires de plus de 4 milliards d'euros à horizon 2015. Le free cash flow ADSL cumulé devrait être supérieur à 1,1 milliard d'euros entre 2010 et 2012.

AOF - EN SAVOIR PLUS

- Les offres mobiles et la structure de coûts sont construites de telle sorte qu'elles génèrent des marges élevées pour Free tout en ne pouvant être répliquées par la concurrence sans abandonner leurs marges ; - Le lancement des offres mobiles est un succès très supérieur aux attentes les plus optimistes malgré les quelques " bugs " de démarrage que le groupe a globalement bien surmontés ; - Plus généralement, Iliad est profitable depuis de nombreuses années, grâce à une gestion saine et l'absence d'investissements hasardeux durant la période de la bulle Internet ; - Iliad est une société très innovante ; - Iliad est l'un des opérateurs télécoms les moins endettés d'Europe, et ce malgré l'acquisition de la licence de téléphonie mobile.

Les points faibles de la valeur

- L'environnement concurrentiel instable et la position de challenger d'Iliad sont des facteurs de fragilité ; - La concurrence s'est intensifiée dans le " triple play " depuis les récentes baisses de tarifs de France Telecom et le succès non démenti des offres " quadruple play " (téléphonie fixe et mobile, Internet, télévision) ; - Répliquer le succès d'Internet dans la téléphonie mobile sera plus difficile et peut-être moins spectaculaire que prévu : le marché mobile français est entré dans une phase de surenchère commerciale et d'accélération de sa déflation tarifaire.

Comment suivre la valeur

- Les analystes estiment que le potentiel de croissance de l'activité mobile et les synergie avec l'offre fixe sont sous-estimées dans les cours de Bourse ; - La valorisation d'Iliad dépend aussi de la croissance de la base d'abonnés ADSL et des services optionnels de la Freebox. L'engouement des Français pour le haut débit ne se dément pas ; - La " Freebox Revolution " avive encore plus la concurrence ; - Xavier Niel, le fondateur d'Iliad, détient 56% des droits de vote. Le flottant du titre est inférieur à 40%. - Iliad pourrait intéresser à terme un opérateur télécoms à la recherche de parts de marché en France.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Internet - FAI et sites internet

Selon une étude du Boston Consulting Group (BCG), d'ici à quatre ans, 3 milliards d'internautes existeront à travers le monde, contre 1,9 milliard en 2010. Cette croissance importante est tirée par deux tendances : l'accès à Internet sur les téléphones mobiles et tablettes, et le développement de l'Internet "social", avec le succès des réseaux sociaux. L'économie Internet devrait représenter une valeur de 4 200 MdUSD en 2016, contre 2 300 MdUSD en 2010. Parmi les pays du G20, le Royaume-Uni serait celui qui enregistrerait la plus forte contribution d'Internet à son PIB (produit intérieur brut). En 2016, Internet devrait représenter 12,4% de son PIB. C'est bien mieux qu'en Corée du Sud (8%) ou en Chine (6,9%), où le nombre d'internautes est en plein essor. Cette part serait également bien supérieure à celle existant dans l'Europe des 27 pays (5,7%), aux Etats-Unis (5,4%), au Canada (3,6%) ou en France (3,4%). Selon BCG, en encourageant les entreprises à être actives sur Internet pour resserrer les liens avec leurs clients, les pays pourraient améliorer leurs perspectives de croissance. FTB/ACT/