EADS : fin du partenariat au Brésil

26/02/2013 - 16:33 - Option Finance

(AOF) - Créée en mai 2010, la co-entreprise qui unissait Cassidian, filiale d'EADS chargée des activités de défense et Odebrecht, groupe brésilien de construction, va être dissoute. Un porte parole du groupe français a annoncé hier soir la fin de ce partenariat, confirmant ainsi les informations publiées dans le quotidien économique allemand Handelsblatt. En cause, l'échec de négociations concernant une commande pour la fourniture de technologies de surveillance à l'occasion de la Coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques de Rio de 2016. Ce contrat qui aurait dû porter sur environ six milliards de dollars, soit 4,6 milliards d'euros devrait être attribué au groupe brésilien Embraer. Pourtant, il y a deux ans et demi, à l'occasion de la signature de cette alliance, les deux entreprises avaient l'intention de former "un partenariat à long terme" avec une base industrielle pour répondre aux besoins régionaux de défense et de sécurité. En effet, les deux groupes stipulaient avoir identifié clairement des synergies entre eux.

AOF - EN SAVOIR PLUS

- Arrivée bien perçue de Vincent Bolloré au capital pour insuffler un changement stratégique.

Les points faibles de la valeur

- Manque de synergies entre les activités ; - Positionné soit sur des marchés matures, soit sur des marchés faisant face à de nouveaux entrants agressifs ; - Marché dans l'expectative d'un changement de périmètres avec cession d'actifs. Mais cession rapide d'actifs avec une prime de contrôle difficile dans le contexte économique actuel ; - Perspectives morose de l'industrie musicale en raison de facteurs structurels (baisse de la demande de CD, piratage, dégroupage des disques, disponibilité des titres en libre accès à travers les plateformes de partage et les réseaux sociaux...) ; - Environnement de plus en plus concurrentiel dans la téléphonie mobile ; - Forte cyclicité de l'activité jeux vidéo ; - Manque de visibilité sur la distribution future de dividendes ; - Durcissement fiscal en France ; - Image toujours ternie suite aux déboires de l'époque " Messier ".

Comment suivre la valeur

- Valeur défensive du fait de la récurrence des revenus mais perte de son statut de valeur de rendement ; - Nombreuses rumeurs de démantèlement depuis le printemps 2012 ; - Entrée du Groupe Bolloré au capital annonciatrice, selon les analystes, d'un changement imminent de stratégie ; - A suivre, donc, la modification du périmètre d'activités attendue par le marché (cessions du brésilien GVT et de Maroc Telecom, recentrage sur les Médias puis sortie organisée de SFR ?) ; - A suivre l'orientation stratégique de SFR pour contrer l'arrivée de Free Mobile ; - A suivre également, la stratégie de diversification de Canal+ dans la télévision gratuite et la montée en puissance d'Al-Jazeera en France.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Communication - Medias

La concurrence du numérique pénalise fortement certains titres de presse papier aux Etats-Unis. L'hebdomadaire Newsweek a annoncé l'arrêt définitif de son édition imprimée. Le magazine américain va passer au "tout numérique" début 2013 avec une version payante. Selon la société américaine eMarketer, les investissements publicitaires sur Internet devraient dépasser, pour la première fois, cette année aux Etats-Unis les dépenses sur les supports papier, soit 37,3 milliards de dollars prévus pour le numérique contre 34,3 milliards pour le format papier. L'agence ZenithOptimedia prévoit que la part des investissements des annonceurs dans les magazines par rapport à l'ensemble des médias dans le monde devrait tomber en-dessous des 8% en 2014 (contre 10% en 2010). FTB/ACT/