1. Bourse & Sicav
  2. L'économie pour investir
  3. A quel niveau le pétrole est-il un risque pour les marchés ?

A quel niveau le pétrole est-il un risque pour les marchés ?

20/09/2019 - 17:09 - Sicavonline - Vincent Bezault



Lettre d'info gratuite

 
Imprimer cet article

 
Augmenter la taille du texte

 
Réduire la taille du texte

 
Envoyer cet article

 
Fil RSS Sicavonline

 
Partager sur Facebook

 
Publier sur Twitter

 
Suivre @sicavonline




A quel niveau le pétrole est-il un risque pour les marchés ?

Un entretien sur le marché de l’or noir avec Pierre Sabatier, Président du cabinet d’analyse économique PrimeView.

 

Samedi 14 septembre, l'attaque par drones de l'usine de traitement de pétrole d'Abqaiq en Arabie saoudite, la plus grande du monde, et du champ pétrolier de Khurais, l'un des principaux du royaume saoudien, a fait lever un beau vent de panique sur les marchés pétroliers. A raison puisque ces frappes réalisées par les rebelles yéménites houthis ont fait disparaitre en une journée 6 % de la production mondiale de pétrole, soit 5,7 millions de barils par jour (mb/j). Les cours du WTI ont bondi de 54,82 dollars le 13 septembre à près de 65 dollars lors de la reprise des cotations le lundi 16 septembre. Cette hausse de plus de 18 % ne s'est pas pérennisée, les cours redescendant autour des 58 dollars le baril à la faveur de l'annonce par les Saoudiens d'un retour à la normale sous trois semaines.

Pierre Sabatier, est-ce qu'un pétrole à 65 dollars comme ce fut le cas ponctuellement lundi 16 septembre est susceptible de faire dérailler la machine économique ?

Dix dollars de hausse en une séance, c'est énorme mais je rappellerai que même à 65 dollars, les cours du brut demeurent en deçà des niveaux qui étaient les leurs en octobre 2018 où ils ont un temps dépassé les 70 dollars et a fortiori de ceux de 2010 et 2011 quand le pétrole se situait au-delà des 100 dollars le baril. Nous assistons néanmoins à la reconstitution d'une prime de risque géopolitique comme on a pu en connaître du temps des printemps arabes quand l'ensemble des prix des matières premières baissait à l'exception du pétrole qui réagissait aux risques associés aux problématiques de production.

Le léger regain de tension que nous observons (les cours ont reflué à 58,21 dollars à la clôture du 18 septembre) traduit pour l'instant une incertitude nouvelle mais c'est soutenable pour tout le monde. En somme, nous ne sommes pas en phase de risque pétrolier majeur qui entraînerait l'économie mondiale dans une fin de cycle. Bien sûr, cette appréciation des cours du pétrole n'est pas la bienvenue car l'économie mondiale est déjà en train de ralentir. Les vents contraires forcissent obligatoirement avec des prix de l'énergie supérieurs mais c'est encore supportable, d'autant plus qu'il existe une différence de taille avec la situation des années 1970 ou 1980, c'est la présence d'un nouvel acteur majeur chez les producteurs, à savoir les Etats-Unis (NDLR : la production de pétrole américaine a profité du développement intensif de l'exploitation des hydrocarbures de schiste depuis 2010 pour bondir à 12mb/j contre moins de 6 mb/j en 2010). 

Donald Trump l'a du reste rappelé en tweetant « plenty of oil ! »…

La présidence américaine communique avec son habituel sens de la nuance. Il n'empêche que la capacité du marché à s'adapter à cette prime de risque géopolitique est supérieure à ce qu'elle a été quelques décennies plus tôt ; néanmoins, si jamais véritablement on voit des prix continuer à monter, là pour le coup, il faudra être extrêmement vigilants. Actuellement, à l'échelle mondiale, les agents privés que sont les ménages et les entreprises sont schématiquement incapables de supporter deux choses : primo, des conditions de financement qui seraient moins favorables si jamais les taux d'intérêt remontaient, et qui déclencheraient une récession généralisée ; deuxio, une hausse durable des prix des matières premières qui aurait, elle aussi, un effet récessif quasi-certain. Sous l'une ou l'autre de ces conditions, l'heure serait probablement à l'entrée en marché baissier. 

La hausse actuelle est à vos yeux soutenable mais à partir de quel seuil estimez-vous que le basculement en récession puisse avoir lieu ?

En considérant des fourchettes larges, l'économie mondiale est relativement à l'aise tant que le WTI reste entre 45 dollars et 65 dollars et que le Brent s'établit grossièrement entre 50 et 70 dollars. Cela convient à peu près tout le monde : les agents privés sont capables de supporter de semblables niveaux et les producteurs sont relativement contents. Au-delà, le comportement des consommateurs changera, puisque les ménages devront payer l'énergie sensiblement plus cher (on voit bien d'ailleurs que ce cas de figure n'est pas qu'un sujet économique, il est aussi politique –la fronde des gilets jaunes tire son origine d'une augmentation du prix du carburant) ; quant aux entreprises, elles verront leurs charges augmenter, ce qui naturellement les privera de leur capacité à investir et aura un impact négatif sur l'économie. Pour résumer, au-delà de 65 dollars pour le WTI et de 70 dollars pour le Brent, compte tenu que l'économie mondiale est déjà en ralentissement voire en fort ralentissement, il faudra faire attention car il se pourrait bien que ce soit la goutte qui fasse déborder le vase.  

Propos receuillis par Vincent Bezault

 

 

 

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



A lire autour du sujet "A quel niveau le pétrole est-il un risque pour les marchés ?" :




Lettre d'info gratuite

 
Imprimer cet article

 
Augmenter la taille du texte

 
Réduire la taille du texte

 
Envoyer cet article

 
Fil RSS Sicavonline

 
Partager sur Facebook

 
Publier sur Twitter

 
Suivre @sicavonline





Abonnez-vous à notre newsletter
Pour mieux comprendre les stratégies financières et patrimoniales gagnantes, abonnez-vous :
En savoir +

Articles les plus lus

Abonnez-vous à notre newsletter
Pour mieux comprendre les stratégies financières et patrimoniales gagnantes, abonnez-vous :
En savoir +

SICAV et FCP les plus vus
 
Perf.
5 ans
-
+12.1%

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La valeur de l'investissement peut varier à la hausse comme à la baisse.


A court ou long terme, avec plus de 4 500 Sicav et FCP disponibles, le compte titres est le support idéal pour développer votre capital.
Jusqu'à
remboursés
A plus de 5 ans, le compte PEA, avec son cadre fiscal avantageux et ses 600 Sicav et FCP est le plus adapté pour épargner.
A plus de 5 ans, investissez dans des PME européennes au travers de 22 Sicav et FCP éligibles au compte PEA PME.
Grâce aux SCPI sélectionnées par Sicavonline, investissez dans l'immobilier à partir de 830 €, préparez vos revenus de demain et réduisez vos impôts. Nouveau : Découvrez les SCPI à crédit