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Où investir si la déflation survient ?

04/10/2010 - 13:59 - Sicavonline



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Où investir si la déflation survient ?

La déflation est perçue par nombre d'économistes comme le pire des maux. Mais tous les placements ne sont pas logés à la même enseigne dans un environnement déflationniste. Jean Borjeix, gérant associé chez Platinium Gestion, et Marc Girault, gérant chez HMG Finance, vous donnent sur Sicavonline quelques clefs pour bien piloter votre patrimoine si le risque déflationniste se matérialisait.

Jean Borjeix (Platinium Gestion)

Marc Girault (HMG Finance)


Jean Borjeix

Jean Borjeix (Platinium Gestion) :

Les placements obligataires, publics et même privés (car la situation financière des entreprises est en moyenne bonne) me paraissent à privilégier car même si les rendements qu'ils offrent ne sont pas élevés, ils sont de toutes les façons attrayants quand l'inflation est proche de zéro ou négative comme cela devient le cas en période de déflation. Généralement, dans ces phases de recul des prix, les taux à 2 ans ou à 5 ans sont les plus recherchés car l'inflation n'a pas le temps de revenir sur ces périodes courtes.

Paradoxalement, l'or est aussi un bon
placement car la déflation est un facteur de risque. En effet, les Etats déjà très endettés auraient, dans un contexte de baisse des prix, de fortes probabilités de voir leurs rentrées fiscales diminuer ; ils pourraient du coup rencontrer des problèmes de remboursement de leurs emprunts. En cherchant à se crédibiliser auprès des investisseurs dans le dessein de se refinancer à des taux acceptables, ils pourraient aussi tenter d'accroître leurs ressources en levant de nouveaux impôts et de ce fait fragiliser un peu plus la consommation et créer les conditions d'une nouvelle récession. L'or dans pareil cas de figure se verrait conforté dans son statut de valeur refuge. Par ailleurs, la déflation pourrait conduire à la mise en place d'un nouveau système monétaire international qui favoriserait de nouveau le métal jaune. On pourrait en effet envisager un système de type « Bretton Woods » reposant en partie sur les réserves d'or des banques centrales, ce qui entrainerait une nouvelle appréciation en dollars et en euros de l'or.

Si l'or peut donc tirer son épingle du jeu en cas de déflation, en revanche, l'exemple du Japon montre que les actions résistent très mal à la déflation. On peut objecter que les entreprises occidentales ont su déjà s'adapter à la stabilisation ou la baisse des chiffres d'affaires. Mais dans le cadre de la déflation, le remède employé - la baisse des effectifs pour répondre à la baisse du chiffre d'affaires - ne fait qu'entretenir la déflation elle-même, en affaiblissant davantage la demande et la consommation. Ce qui aboutit à de nouveaux reculs des chiffres d'affaires.

En période de déflation, les actions risquent donc de sous performer les obligations, comme c'est le cas au Japon depuis 20 ans et même en Occident depuis 30 ans. Toutefois, compte tenu du développement de l'économie émergente cette dernière décennie, certains secteurs peuvent en bourse se distinguer et offrir des rentabilités supérieures à l'or ou aux emprunts : les plus susceptibles de le faire sont le luxe, les services exportés (l'hôtellerie ou les services aux entreprises), les matières premières et, à un degré moindre, les biens d'équipement, la technologie, la recherche pétrolière, ou les transports...

En revanche sont à exclure sur la durée les secteurs les plus domestiques que sont la finance, la construction, les services publics, et une bonne part de la distribution...


Marc Girault

Marc Girault (HMG Finance) :

Pour notre part, nous ne craignons pas la déflation, mais si, malgré tout, comme dans un scénario à la japonaise, elle venait à se produire, tous les secteurs ne réagiraient pas uniformément à sa venue.

En cas de déflation, les actifs réels devraient voir leur valeur baisser : néanmoins, ceux, tels l'or ou les matières premières, dont le rendement est nul mais dont la détention serait rendue très peu coûteuse du fait des taux très bas verraient au moins en partie leur baisse compensée par ce coût d'opportunité très faible. L'immobilier se trouverait théoriquement dans une situation légèrement meilleure que les actifs réels sans rendement, mais souffrirait d'une dynamique inverse : qui dit déflation dit baisse des prix des loyers, ce qui aurait un impact négatif sur la valeur des biens.

Déflation rime généralement avec stagnation, voire récession. Dans le cas d'une déflation, les actions continueraient donc en général à souffrir de l'atonie de l'activité économique dans les pays développés, même si aujourd'hui leur valorisation est généralement trop faible et reflète une aversion au risque exagérée de la part des investisseurs.

Si le Japon est vraiment l'exemple de ce qui nous attend, il faut plutôt rester à l'écart de la bourse, mais pas la déserter complètement car il ne manquera pas de choses à y faire : le marché actions sera animé par les rachats d'entreprises ou les sorties de la cote. En outre, les actions peu cycliques et à fort rendement, de même que les sociétés fortement exposées aux pays émergents et aux secteurs qui connaissent une croissance indépendante du reste de l'économie du fait de mutations technologiques ou sociétales (par exemple, les sociétés Internet, dans le premier cas, ou les loueurs d'équipements médicaux pour le maintien à domicile des malades, dans le second) continueront à présenter un intérêt pour l'investisseurs, même dans le cas d'une déflation.

Mais dans l'hypothèse d'une déflation, le placement roi serait selon moi les obligations à taux fixe, et plus la durée de vie de celles-ci sera longue, plus leur performance sera élevée. La baisse des prix ne fera qu'accroître le rendement de ce type de placement. Je recommande particulièrement les obligations perpétuelles à taux fixe dont certaines sont aujourd'hui encore nettement sous-évaluées, même en l'absence de réalisation du scénario de déflation.

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.


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