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Hausse du pétrole : de vrais enjeux économiques et boursiers

02/09/2013 - 15:02 - Sicavonline



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Hausse du pétrole : de vrais enjeux économiques et boursiers

Depuis que Barack Obama tergiverse et recherche désormais le soutien du Congrès, l'incertitude s'intensifie autour d'une possible intervention des Etats-Unis (et de la France) en Syrie contre le régime de Bachar El-Assad. En dépit de la détente des cours du brut induite par cette temporisation de la Maison Blanche, la question d'un emballement géopolitique reste pendante, et avec elle l'équation pétrolière. Franck Bernard, responsable de la stratégie d'investissement chez B*Capital nous apporte son éclairage sur les risques et le comportement qu'il juge ad hoc sur les marchés.

Nous poursuivons notre tour d'horizon des incidences potentielles de la remontée des cours du pétrole suscitée par les bruits de botte autour de la Syrie. Après le stratégiste indépendant Xavier Gandrille, c'est cette fois au tour de Franck Bernard, responsable de la stratégie d'investissement chez B*Capital, de répondre à nos questions.

Les prix du pétrole (WTI) ont atteint un plus haut de dix-huit mois avec l'exacerbation des tensions géopolitiques autour de la Syrie. Quelle incidence peut avoir la hausse actuelle des cours du brut sur l'économie mondiale ?

Franck Bernard (B*Capital) : Face aux tensions liées à la Syrie, le pétrole continuait de grimper pour atteindre un plus haut depuis 18 mois. Une hausse rapide mais encore récente sur les niveaux actuels et loin des records passés. La Syrie est un tout petit producteur de pétrole (quelques milliers de barils de pétrole par jour - 0.2% de la production mondiale) mais les marchés craignent qu'une intervention internationale ne déstabilise l'ensemble du Moyen-Orient, région clé pour le brut. Si la crise prend une plus grande ampleur, et s'étend notamment à l'Irak (entre 0.5 - 2.0 Mb/j), le prix du Brent pourrait monter jusque 140-150 dollars. Dans ce cas, le marché se tournerait vers les stocks de secours de l'Arabie Saoudite.

Seule une hausse durable et élevée du prix du baril aurait un impact sur la croissance économique mondiale. Une règle prévaut en matière de cours du pétrole et de son impact sur la croissance : une augmentation de 10$ du prix du baril de pétrole réduit la croissance du PIB mondial de 0,5%. Cet impact ne se mesure que sur une période de plusieurs mois consécutifs.

A quel niveau de cours du pétrole la menace pour la croissance mondiale est-elle sérieuse, d'aucuns soulignant que les prix du brut devraient rester durablement élevés pour que l'incidence soit notable au plan économique ?

Jusqu'à maintenant l'économie mondiale n'a pas connu de croissance durable avec un cours du baril supérieur à 120 dollars sur une période de plusieurs mois.

Les pays émergents sont réputés être les plus exposés à une envolée des cours du baril. Pourquoi et est-ce vraiment le cas ? Quels sont les pays émergents aujourd'hui les plus fragilisés par les tensions sur le marché du pétrole ? Doit-on s'inquiéter de nouveau pour la croissance chinoise ?

Nombre de pays émergents se montrent vulnérables. Ils affichent une forte croissance économique avec des besoins énergétiques en forte hausse.... Ainsi, une envolée des prix pétroliers alourdirait fortement le large déficit courant de la Turquie. L'Inde subventionne fortement les prix domestiques du fuel, une envolée des prix pétroliers l'amènerait donc à creuser un plus large déficit budgétaire et accentuer le déséquilibre de sa balance des paiements ou à laisser le taux d'inflation exploser. A contrario, le Brésil est en auto-suffisance depuis 2006 et subvient totalement à ses besoins pétroliers (le pays reste cependant dépendant de la croissance chinoise, son premier partenaire commercial). Enfin, les petites économies exportatrices telles que la Corée du Sud ou la Thaïlande souffriraient directement du ralentissement de la croissance mondiale.

Les pays producteurs pétroliers du Moyen-Orient obtiendraient peut-être un plus haut prix pour le baril, mais leurs exportations de barils seraient moindres (avec une croissance mondiale plus faible) et ils souffriraient directement des tensions géopolitiques.

Les Etats-Unis ne sont plus très loin de l'indépendance énergétique grâce à l'intensification de la production de gaz et de pétrole de schiste sur leur sol. Peut-on sérieusement considérer que l'économie américaine soit devenue complètement imperméable à un choc pétrolier ?

Les Etats-Unis verraient leur reprise économique freinée. Malgré une baisse de leur consommation en 2012, les Etats-Unis demeurent les plus gros consommateurs de pétrole. A aujourd'hui et grâce au développement des énergies de schiste, les importations américaines d'essence reculent fortement, tandis que les exportations de gazole sont en progression rapide. Cependant, des développements sont nécessaires afin de pouvoir approvisionner le pays en quantité suffisante (développement technologique, nouvelles infrastructures, transports...). Bien entendu, la dépendance énergétique des Etats-Unis est moindre aujourd'hui mais le pays souffrirait tout de même du ralentissement économique mondial provoqué par une hausse durable des prix du baril.

Quid de l'Europe ? La hausse actuelle des prix de l'or noir ne porte-elle pas un coup à la reprise qui semble s'amorcer ?

L'Europe est un cas différent car loin de l'autonomie énergétique. Cependant, à aujourd'hui, l'impact de la Syrie (petit pays producteur de pétrole) est faible. L'Arabie Saoudite s'est déclarée prête à accroître sa production et à ouvrir ses stocks si besoin.

Quels sont les risques pour les marchés financiers ?

Le principal risque est que le conflit en Syrie provoque de fortes tensions géopolitiques (Russie-Chine/ONU, embrasement du Moyen-Orient) - A cela s'ajoute l'incertitude concernant l'ampleur et le début de la fin des opérations de Quantitative Easing de la Réserve Fédérale américaine : les marchés n'aiment pas l'incertitude. La volatilité devrait perdurer en attente des nouvelles (frappe militaire ou pas en Syrie notamment).

Est-ce que pour les marchés financiers le risque principal de cette hausse des cours du pétrole n'est pas qu'elle incite les banques centrales à se montrer moins accommodantes dans leur politique monétaire, une perspective qui ne ferait pas les affaires d'une bourse aujourd'hui dopée aux injections de liquidités de la FED, de la BoJ et de la BCE ?

La Fed a déjà préparé le marché à un ralentissement du QE. Sous condition d'un chômage en baisse et de la poursuite de la reprise du marché immobilier. La BoJ n'est qu'au début de son action et la BCE se doit de soutenir la faible reprise de la croissance dans la zone euro (remonter ses taux pour éviter toute tension inflationniste serait dramatique pour la reprise économique). Le sujet est plus délicat pour les pays émergents. Ils doivent faire le choix entre soutenir une croissance en ralentissement fort ou faire face à des tensions inflationnistes. Le retour de l'aversion pour le risque amplifierait encore un reflux des capitaux hors des actifs risqués et de plusieurs marchés émergents. Les devises refuges (dollar, franc suisse et yen) s'apprécieraient ; la dépréciation des autres devises gonflerait encore la facture énergétique de leur pays.

Quelle attitude, quels types d'actifs et quelle stratégie recommander aux investisseurs dans la période d'incertitude que nous connaissons ?

Dans le contexte actuel, nous continuons de privilégier les actions américaines et européennes qui offrent une meilleure visibilité - Aux Etats-Unis, les marchés de l'emploi et de l'immobilier sont en reprise ; en Europe, on note une lente reprise économique avec soutien fort de la Banque Centrale Européenne.

Les actifs de diversification sont aussi à privilégier : fonds d'arbitrage de volatilité, fonds d'allocation flexible (actions/obligataires/monétaires).

Nous demeurons prudents sur les émergents tant au niveau des actions que des obligations (beaucoup de flux sortants pesant également sur les devises locales) avec une aversion pour le risque en hausse.



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