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Bourse : faut-il prendre au sérieux la menace pétrolière ?

30/08/2013 - 17:01 - Sicavonline (mis à jour le : 11/12/2013 - 11:52)



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Bourse : faut-il prendre au sérieux la menace pétrolière ?

Les velléités d'intervention militaire occidentale en Syrie ont provoqué un net regain de tension sur les marchés pétroliers. La menace pétrolière peut-elle faire dérailler la croissance mondiale et le bourse ? Xavier Gandrille, stratégiste indépendant, nous apporte son éclairage.

Les prix du pétrole (WTI) ont atteint un plus haut de dix-huit mois avec l'exacerbation des tensions géopolitiques autour de la Syrie. Quelle incidence peut avoir la hausse actuelle des cours du brut sur l'économie mondiale ?

Xavier Gandrille : A priori, la hausse du prix du pétrole est un impôt supplémentaire pour les consommateurs dans la mesure où, pour l'essentiel, il s'agit d'une dépense contrainte, comme les produits alimentaires et les frais financiers. De surcroît, une hausse des prix qui résulte de spéculations sur d'éventuelles difficultés d'approvisionnement a un impact plus délétère sur l'activité que celle qui résulterait d'une croissance soutenue de la demande.

Néanmoins, il y a quelques contreparties favorables : les producteurs retrouvent de l'oxygène, la hausse des prix rend plus compétitives de nouvelles zones d'exploration et incite à la recherche sur les énergies de schiste (gaz + pétrole) ainsi qu'aux dépenses en faveur de la "transition énergétique". D'ailleurs, si la hausse devait être pérenne, le nucléaire redeviendrait une alternative partielle crédible. On peut aussi ajouter, cyniquement, que si l'activité est pénalisée par une hausse intempestive de l'énergie, le Quantitative Easing* de la FED pourrait durer plus longtemps...

Au total, la hausse du prix du pétrole correspond à un transfert de richesse des consommateurs vers les producteurs. Par solde, ce transfert est négatif pour l'activité puisque les producteurs de pétrole font tourner moins vite la monnaie que les consommateurs (différentiel de la vélocité de la monnaie).

A quel niveau de cours du pétrole la menace pour la croissance mondiale est-elle sérieuse, d'aucuns soulignant que les prix du brut devraient rester durablement élevés pour que l'incidence soit notable au plan économique ?

On a toujours constaté de façon empirique que ce n'est pas tant le prix (en valeur absolue) du pétrole qui pèse sur l'activité que l'accélération de la hausse dans un laps de temps court. Par exemple, un doublement en 6 mois serait clairement pénalisant. Il le serait d'autant plus que la hausse des prix en l'espèce ne résulterait pas d'une amélioration du paysage économique, et donc d'une hausse de la demande. Mais, fort heureusement, pour l'heure nous n'en sommes pas là.

Les pays émergents sont réputés être les plus exposés à une envolée des cours du baril. Pourquoi et est-ce vraiment le cas ?

Les pays émergents non producteurs de pétrole sont les plus exposés à la hausse du prix du pétrole : leur croissance est plus consommatrice d'énergie que celle des pays développés car davantage tournée vers la production de biens manufacturés que vers la consommation.

Quels sont les pays émergents aujourd'hui les plus fragilisés par les tensions sur le marché du pétrole ? Doit-on s'inquiéter de nouveau pour la croissance chinoise ?

Les pays d'Asie et d'Europe centrale sont défavorisés par rapport à ceux d'Amérique latine en cas de hausse du prix du pétrole. Pour ce qui concerne la Chine, les vrais déterminants de sa croissance sont aujourd'hui de 2 ordres principaux : redistribution des différentes composantes de la croissance, passant par une baisse du taux d'épargne et gestion du stock de dettes né des politiques monétaires trop expansionnistes en 2008 et 2009.

Les Etats-Unis ne sont plus très loin de l'indépendance énergétique grâce à l'intensification de la production de gaz et de pétrole de schiste sur leur sol. Peut-on sérieusement considérer que l'économie américaine soit devenue complètement imperméable à un choc pétrolier ?

Les Etats-Unis sont proches de l'indépendance énergétique, mais de nombreux producteurs d'énergie de schiste ne sont pas rentables en raison de prix trop bas. Une hausse du prix mondial du pétrole renforce donc le potentiel d'indépendance énergétique américain. A contrario, les Etats-Unis ne sont pas imperméables à une moindre fortune de leurs clients du fait de la hausse du prix du pétrole. Un choc pétrolier favoriserait l'indépendance énergétique des Etats-Unis, mais défavoriserait son économie.

Quid de l'Europe ? La hausse actuelle des prix de l'or noir ne porte-elle pas un coup à la reprise qui semble s'amorcer ?

Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais l'Europe bénéficie avant tout d'un desserrement de l'étreinte budgétaire ainsi que d'une politique monétaire durablement accommodante. Il en faudrait davantage, en matière de hausse du prix du pétrole, pour annihiler les autres effets positifs.

Quels sont les risques pour les marchés financiers ?

Les marchés financiers sont des mécanismes d'actualisation des flux futurs. Il faut donc que ceux-ci soient affectés durablement par une hausse du prix du pétrole pour influencer défavorablement les marchés. Une tension géopolitique provisoire n'entre pas dans la catégorie des chocs structurels. En revanche, les marchés peuvent toujours réagir de façon transitoirement émotionnelle, surtout lorsqu'ils ont déjà bien progressé.

Est-ce que pour les marchés financiers le risque principal de cette hausse des cours du pétrole n'est pas qu'elle incite les banques centrales à se montrer moins accommodantes dans leur politique monétaire, une perspective qui ne ferait pas les affaires d'une bourse aujourd'hui dopée aux injections de liquidités de la FED, de la BoJ et de la BCE ?

Je crois plutôt le contraire : les politiques monétaires doivent certes lutter contre l'inflation, mais, ici, il ne s'agit que d'une déformation à la hausse des prix et non pas d'un phénomène auto-entretenu. De plus, une des leçons de la crise est que les Banques Centrales se sentent investies de la responsabilité d'éviter une rechute dépressive. Le risque principal dans le monde n'est toujours pas l'inflation, mais plutôt la déflation.

Quelle attitude, quels types d'actifs et quelle stratégie recommander aux investisseurs dans la période d'incertitude que nous connaissons ?

La Syrie ne produit pas de pétrole et son poids économique et démographique n'est pas celui de l'Egypte. Les incertitudes géopolitiques doivent, selon moi, être reléguées au deuxième ou au troisième plan dans l'analyse que les gérants et investisseurs font de la situation.

L'essentiel reste la capacité des pays développés à sortir de l'ornière grâce à des politiques publiques plus adaptées.....en attendant que la microéconomie prenne le relais.

Pendant plusieurs mois encore, j'incline à rester positif sur les actifs à risque.

*Quantitative easing : politique d'assouplissement quantitatif

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