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Crénom de nom, pourquoi voudriez-vous vous ré-intéresser à Mandarine Valeur ?

02/10/2013 - 11:11 - Sicavonline - Vincent Bezault



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Crénom de nom, pourquoi voudriez-vous vous ré-intéresser à Mandarine Valeur ?

Pourquoi parler de Mandarine Valeur et de Marc Renaud ?

Vous ne voulez plus qu'on vous parle de Mandarine Valeur. On va vous en parler quand même. Et nous avons de bonnes raisons de le faire.

Quand il vint à se savoir que nous allions consacrer un numéro de "Ils font la Une" à Marc Renaud et son fonds Mandarine Valeur, les réactions telles qu'exprimées dans les couloirs de Sicavonline variaient du scepticisme "T'es bien sûr" à l'étonnement feint et narquois "Ah oui ?" en passant par toute une gamme de conseils amicaux (au mieux) "Il y a de bien meilleurs fonds chez Mandarine que celui du patron, réfléchis-y" ou de franches réprobations "Dis-moi, à quoi cela sert de parler d'un fonds Actions qui affiche des performances négatives depuis sa création ?".

Et force nous est de reconnaître que cette dernière question est LA question de fond. Pourquoi reparler de Mandarine Valeur alors que depuis son lancement le 20 décembre 2007, il affiche une performance négative de -15,5 * (pour sa part R) ?

Afin de répondre à cette question il faut en poser d'autres.
Marc Renaud est-il devenu un mauvais gérant ? La gestion Value est-elle définitivement condamnée ? Ou faut-il revenir sur la Value maintenant ?

Marc Renaud est-il devenu un mauvais gérant ?

Commençons par le commencement : Marc Renaud est-il devenu un mauvais gérant ?
Répondre à cette première et fondamentale question nécessite de se demander si la contre-performance de Mandarine Valeur procède du style de gestion que pratique Marc Renaud, à savoir la gestion Value, ou bien relève d'une défaillance du gérant.

Petit rappel tout d'abord de ce qu'est le style Value : les gérants Value font leur miel des valeurs présentant des décotes excessives, des valeurs que généralement plus personne ne regarde. Ils les ramassent à vil prix en estimant que le marché, qui s'il n'a jamais tort n'a parfois pas toujours raison, les revalorisera immanquablement.

Au sein de la Value, plusieurs styles s'expriment, chacun correspondant à un degré d'acceptation plus ou moins élevé du risque. Le style de Marc Renaud se définit comme de la gestion Value concentrée. Autrement dit, le patron de Mandarine Gestion se range parmi les purs, les durs, les intégristes de la Value. Non seulement, il se pourlèche les babines devant une valorisation d'entreprise à la casse, mais de surcroît, il aime les portefeuilles ramassés, comportant peu de lignes (une quarantaine). Le bonhomme a des convictions et les assume jusqu'au bout. Le mérite de cette radicalité est de lui permettre de crever le plafond quand le marché lui donne au bout d'un certain temps raison. L'inconvénient de ce style de gestion "offensif" est que si les investisseurs le chérissent dans les marchés haussiers, ils lui deviennent instantanément allergiques dès que le temps se couvre et que se lève la houle. Las... les dernières années n'ont pas été de tout repos : surtout en Europe. Cette dernière se relevait à peine de la crise des subprimes qu'elle a subi de plein fouet la crise des dettes souveraines. La gestion Value a connu plus propice.

Mais revenons à ce qui nous occupe : est-ce son style qui a pénalisé Marc Renaud ces dernières années ou est-il parti tout seul comme un grand dans le décor avec Mandarine Valeur ?

Pour le savoir, il suffit de comparer la performance de Marc Renaud à celle de son indice de référence le MSCI Europe Value Dividendes Nets Réinvestis, qui synthétise les performances de la Value.

Ce dernier a depuis le lancement de Mandarine Valeur le 20 décembre 2007 perdu -11,6 %*. Mandarine Valeur I (la part institutionnelle du fonds) n'a cédé dans le même temps que -8,9 %. Tout en étant beaucoup plus agressif que la moyenne, dans un marché qui s'est avéré ô combien défavorable à la Value et à la prise de risque, puisque totalement apeuré, Marc Renaud a réussi à battre son indice de référence. Difficile dans ces conditions de parler de dérapage incontrôlé de sa gestion.

La rigueur journalistique dont Sicavonline s'honore nous pousse toutefois à dire que la comparaison est moins favorable à la part R de Mandarine Valeur, destinée aux particuliers. Le fonds abandonne depuis sa création -15,5 % un décalage de performance avec la Part I que l'on imputera à des frais de gestion passablement (trop ?) élevés.

Un coup d'œil aux performances comparées de l'indice MSCI Europe Value Dividendes Réinvestis et du MSCI Europe Growth Dividendes Réinvestis apporte si besoin une preuve supplémentaire que Mandarine Valeur a avant tout été victime de la désaffection des investisseurs pour la Value, en général. Tandis que le premier depuis le 20 décembre 2007 s'est affaissé de -10,53 %, le second a gagné + 14,74 %*, soit une surperformance de 25,27 % pour les gestions Growth. Il ne faisait donc pas bon être un gérant Value ces dernières années. Soit...

Une Value vouée à regarder briller la Croissance ?

Mais la situation va-t-elle évoluer ou la gestion Value est-elle désormais vouée à regarder durablement le train de la Croissance passer ?

Nous disposons d'ores et déjà de quelques éléments de réponse. Tournons nos regards de l'autre côté de l'Atlantique. Comme souligné précédemment, la Value est particulièrement sensible aux crises. A la différence de l'Europe qui tenant à peine sur ses béquilles n'a rien trouvé de mieux que de se passer une enclume en pendentif avec la crise de l'euro, les Etats-Unis n'ont eu à se relever que de la crise des subprimes. Et comme par hasard, la Value est loin d'y avoir fait aussi mauvaise figure qu'en Europe.

Le MSCI USA Value Dividendes réinvestis a progressé de + 16,99 % depuis que Mandarine Valeur a vu le jour le 20 décembre 2007. Le MSCI USA Growth Dividendes Réinvestis a, quant à lui, réalisé une performance de + 37,61 % sur la même période. Cependant, par rapport à leurs points bas respectifs des heures sombres de mars 2009, l'écart de performance entre les deux indices est considérablement réduit : + 163 % pour la Value contre + 167 % pour la Croissance. Ce mouvement atteste un retour en grâce progressif de la Value auprès des investisseurs et pourrait bien préfigurer ce qui nous attend en Europe... où la situation vaille que vaille se normalise.

Difficile d'imaginer dans ces conditions une quelconque fatalité pour la gestion Value. Elle a toujours sous-performé dans les marchés baissiers, et a eu tendance à surperformer dans les marchés haussiers. Son malheur a juste été d'avoir été confronté à l'un des marchés les plus intolérants à la prise de risque depuis la Grande Crise de 1929.

La Value de nouveau sur les rails

Le panurgisme et le conformisme sont les choses les mieux partagées sur les marchés boursiers (et pas que là, du reste...). Bien peu d'investisseurs ont le cran de ne pas marcher avec la foule. Il est vrai qu'il ne sert à rien d'avoir raison tout seul mais avoir raison en avance par rapport aux autres peut aussi s'avérer payant.

Aujourd'hui, les fonds Croissance recueillent tous les suffrages et les souscriptions vont bon train. Malheureusement, cette unanimité est souvent le signe, comme à chaque fois, qu'il y a mieux à faire... et que le vent va tourner.

Il faut se souvenir qu'en 2000 la fièvre de la nouvelle économie portait les valeurs de croissance aux nues et qu'à cette époque déjà plus personne ne voulait de la Value. Ceux qui s'y sont alors risqués ont bâti des fortunes. Quant à ceux qui sont demeurés résolument fidèles à la croissance... L'analogie entre les deux époques paraît aujourd'hui criante.

Une autre indication d'une amorce de changement dans le rapport de force entre Value et Croissance réside dans l'inflexion donnée par des gérants au style "opportuniste" à la composition de leurs portefeuilles.

Que Nicolas Walewski et Marc Festa avec Alken European Opportunities, ou bien Romain Burnand avec Moneta Multi Caps, des gérants d'immense talent, commencent à s'écarter des valeurs à haut-multiples (celles qui se paient cher... parce qu'elles offrent de la croissance) pour se positionner sur des dossiers plus Value ne peut-être ignoré. (Je ne reviendrai pas sur les raisons qu'ils invoquent pour le faire, il vous suffira de regarder l'interview de Romain Burnand dans ces gérants qui battent le CAC et de lire celle de Marc Festa ici).

Pourquoi s'intéresser à Mandarine Valeur

Si l'on admet que la Value ne peut indéfiniment boire le calice jusqu'à la lie, que certains cycles sont plus favorables que d'autres à des styles de gestion donnés, que l'environnement de taux d'intérêt bas extrêmement favorables à la gestion Growth (nous reviendrons sur cette question dans un prochain article) est sans doute révolu depuis que la FED a indiqué que sa prodigalité monétaire aurait une fin, que la situation économique glisse de l'épouvantable au morose, que même en Europe du Sud le pire de la crise est sans doute derrière nous, et que le monde tel qu'il existe ne s'écroulera pas dans un immédiat de quelques années, alors oui, il est temps de songer à reprendre de la Value.

Et Mandarine Valeur dans tout cela ? Eh bien, qu'on se souvienne que si Marc Renaud s'est fait secouer en 2008 et 2011, faisant pis que son indice de référence, il l'a systématiquement battu lorsque les marchés étaient bien orientés.

Alors si vous êtes prêt à prendre du risque, oui, crénom de nom, c'est bien le moment de regarder un fonds comme Mandarine Valeur !

*Toutes les performances sont arrêtées au 30 sept. 2013


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