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Interview "Stratégie d'investissement" de Christian Parisot - Partie 1 - ralentissement ou récession ?

10/01/2019 - 16:12 - Sicavonline - VB



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Interview 'Stratégie d'investissement' de Christian Parisot - Partie 1 - ralentissement ou récession ?

Selon Christian Parisot, chef économiste d'Aurel BGC, le point crucial pour les investisseurs est de déterminer si l'économie américaine ralentit ou si la récession est au coin de la rue.

Sicavonline : En matière de stratégie d'investissement pour 2019, Christian Parisot, le premier point sur lequel vous insistez est que l'on se trouve en ralentissement, les chiffres le traduisent, mais pas en récession…

Chistian Parisot : Oui, c'est un élément central. On a eu quand même une belle correction des marchés actions qui traduit véritablement des craintes d'un ralentissement, voire de davantage ; et toute la question est de savoir s'il s'agit bien d'un simple ralentissement, un simple trou d'air dans la croissance mondiale, en partie lié à des risques politiques réels. Mais si ce trou d'air est ponctuel, ça nous laisse véritablement de la marge en termes de rebond des marchés actions et d'arbitrage au sein des actifs financiers dans les prochains mois.

Qu'est-ce qui vous fait dire que qu'il ne s'agit que d'un ralentissement ?

On doit admettre que les enquêtes d'activité se sont nettement dégradées, même si elles demeurent à des niveaux élevés. La vraie question, c'est qu'est ce qui ferait qu'on basculerait en récession ? Qu'est ce qui ferait que l'économie américaine arrive au terme de son cycle de croissance ? Pour l'instant, on n'a pas beaucoup d'indicateurs allant dans ce sens. Le cycle reste quand même solide. On a certes un marché du travail qui se porte bien, et donc des tensions salariales un peu plus fortes mais ce n'est pas encore dramatique. On a une inflation qui va plutôt diminuer cette année ; c'est plutôt un élément positif, et on n'a pas une banque centrale (la FED) qui est prête à casser la croissance.

En Europe, c'est pareil. Nous sommes face à des signaux assez mitigés qui sont liés à des craintes autour du commerce international. Toutefois, en ce qui concerne la demande intérieure européenne, on a plutôt des éléments assez positifs. Quand on regarde les pays émergents, on voit qu'on a des signaux plutôt positifs dans certaines économies de la zone. Donc franchement, globalement, on est loin d'un scénario très noir.

Vous mentionnez les enquêtes, notamment celles réalisées auprès des entreprises. Vous dites qu'elles restent à des niveaux élevés. On a eu cependant une enquête ISM des directeurs d'achats du secteur manufacturier qui témoigne d'une très grande réticence des entreprises à investir aujourd'hui.

Oui, effectivement. Je ne dis pas que la situation est rose. Je dis juste qu'un mur d'incertitudes s'est mis en place. Parmi ces incertitudes, il y a naturellement le risque de guerre commerciale Comment voulez-vous aujourd'hui qu'un chef d'entreprise américain ait envie d'investir quand on lui dit qu'il y a un risque très important de hausse de tarifs douaniers et qu'en plus 25% des administrations américaines sont fermées depuis le 22 décembre en vertu du shutdown. Donc, on est forcément dans une situation nettement plus négative qu'il y a encore un an où on était dans l'euphorie des baisses d'impôts décrétées par l'administation Trump. L'environnement s'est véritablement durci. Cela transparait naturellement dans les chiffres et, aujourd'hui, ça commence à réellement impacter les chefs d'entreprise. En outre, la chute de Wall Street pèse aussi sur le moral de ces mêmes chefs d'entreprise 

Vous parlez là essentiellement des Etats-Unis mais en Europe également, on retrouve des incertitudes d'ordre politique qui pèsent sur le comportement des agents économiques...

Certes, oui... on constate même le Brexit est un sujet de préoccupation qui émerge dans les enquêtes menées en Asie ; alors, vous vous doutez bien que dans les enquêtes européennes, c'est un élément d'incertitude très forte et, puis on a un élément qu'il ne faut pas nier, c'est le ralentissement de l'économie chinoise qui a été particulièrement sévère et qui a vraiment touché assez durement l'économie allemande et les entreprises allemandes. Donc on ne peut pas prétendre que la situation est rose. Pour l'instant, il est vrai qu'on a eu toute une accumulation d'éléments négatifs qui a induit une vraie dégradation de la conjoncture.

Est-ce que le point le plus rassurant n'est pas le fait que Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale des Etats-Unis, ait insisté sur le fait qu'il tiendrait compte de l'évolution des marchés pour mener sa politique monétaire, en gros qu'il serait à l'écoute des marchés et qu'il pourrait ralentir la cadence en matière de hausses de taux et de réduction du bilan de la FED ?

Là on est face à un point essentiel. C'est qu'il pourrait y avoir un risque conjoncturel très important aux Etats-Unis, un risque de récession (ça n'apparaît pas comme ça la récession, il faut quand même qu'il y ait un engrenage, un élément qui se mette en place).

Si M. Powell devait faire face à un rebond très fort de l'inflation, autrement dit si les perspectives d'inflation venaient à se matérialiser ou que le marché obligataire venait à anticiper beaucoup d'inflation, dans ce cas-là il faudrait qu'il réagisse et qu'il dise "l'économie ralentit mais il existe un risque inflationniste et moi je vais monter les taux, je vais ralentir la machine parce que j'ai un risque de surchauffe", on en est très loin, c'est le paradoxe. On a un ralentissement, on a un marché du travail tendu, on a des hausses de salaires, mais derrière on n'a pas de perspectives d'accélération très forte de la croissance américaine. Ce risque de surchauffe était plus présent l'année dernière. Au début de l'année passée, le pétrole était élevé, les matières premières montaient, on avait aussi les stimuli du plan de relance de monsieur Trump. Nous ne sommes plus désormais dans cette situation. Donc [Jerome Powell] a beaucoup de marges de manœuvre. C'est-à-dire qu'au pire même si on était dans une situation d'un ralentissement beaucoup plus sévère, il pourrait dire "je détends la politique monétaire". Il a de la marge de manœuvre parce qu'il n'a pas la contrainte inflationniste et ça, c'est un élément que les marchés n'ont peut-être pas assez intégré. Certes, la situation n'est pas bonne mais il reste des marges de manœuvre au niveau de la politique monétaire.

Propos receuillis par VB

Retrouvez la deuxième partie de l'interview de Christian Parisot ici.

 

 

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