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Bourse : restez sereins

18/06/2013 - 10:33 - Sicavonline



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Bourse : restez sereins

Après une hausse de plus de 30 % en douze mois qui l'a mené jusqu'à un pic à 4051 points le 22 mai, le CAC 40 reflue à mesure que monte l'inquiétude des investisseurs quant à une sortie du quantitative easing aux Etats-Unis. Faut-il craindre un retournement durable de la bourse et le pire pour le CAC 40 ? Pas à en croire Cyril Valéry, gérant chez Groupama AM.

La nervosité croissante du marché depuis que le CAC 40 a touché son sommet du 22 mai ne vous traumatise pas. Au contraire, vous estimez que le CAC 40 et ses homologues du Vieux Continent en ont encore sous le pied. Pourquoi un tel optimisme ?

Cyril Valéry : Le marché actions avait besoin de reprendre son souffle au terme de 12 mois de progression, néanmoins les fondamentaux demeurent très bons. Les profits qui, ayant atteint un point bas en 2012, sont attendus en hausse en 2013. Le consensus les voit monter de 8%, et si chez Groupama AM nous sommes plus prudents, nous prévoyons tout de même qu'ils croîtront de 6%.

Mais est-ce bien sensé d'espérer une telle progression des profits alors que la conjoncture, en particulier en Europe, est mauvaise ?

On a tendance à toujours se focaliser sur la conjoncture européenne mais les sociétés européennes cotées sont généralement très ouvertes sur le monde qui, quant à lui, offre de véritables perspectives de croissance, que ce soit dans les pays émergents ou aux Etats-Unis.

Les entreprises cotées du Vieux Continent se sont mises depuis longtemps en quête de nouveaux profits et de nouvelles parts de marché à l'étranger.

Les pays émergents n'entrent-il pas eux-mêmes dans une phase de ralentissement ?

Certes, un léger ralentissement se fait sentir, mais des rythmes de croissance soutenus, de l'ordre de 8%, en Chine notamment, demeurent d'actualité et offrent de nombreuses opportunités à saisir.
D'ailleurs, les dirigeants de ces sociétés affirment eux-mêmes que, en dépit d'une visibilité assez réduite à court terme, les perspectives à 6 mois ou 1 an sont bien meilleures. Les carnets de commandes se remplissent à un bon rythme.

Mais est-ce que cette hausse des profits n'est pas déjà intégrée par des valorisations boursières rendues plutôt élevés par les 12 mois de hausse que les indices viennent de connaître ?

Non, c'est justement cela qui est intéressant. Aujourd'hui les marchés actions restent très attrayants pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le rebond des marchés actions observé durant les 12 derniers mois n'a constitué qu'un rattrapage permettant aux actions de recouvrer des primes de risque conformes à la normale. Ensuite, malgré des profits anticipés à la hausse en 2013 mais aussi en 2014 et en 2015, le prix des actions reste raisonnable quels que soient les modèles de valorisations employés - un prix des actions qui comparé à celui des autres actifs les rend encore plus attrayantes.

Le rendement des actions est sans commune mesure avec celui du monétaire ou des livrets qui ne rapportent plus rien, ou encore les obligations qui s'essoufflent. Le rapport rendement/risque des actions les rend très compétitives par rapport aux autres classes d'actifs qui, pour l'heure, ne proposent pas ou plus de rémunération.

Beaucoup de gérants insistent sur l'abondance des liquidités injectées par les banques centrales pour justifier les hausses récente et future des marchés actions. Souscrivez-vous à cette opinion ?

En effet, nous avons conscience du rôle primordial qu'ont joué les perfusions de liquidités des banques centrales dans la remontée des actions et ce pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, rassurés par les décisions de la BCE, les marchés sont sortis de la spirale de doute dans laquelle ils s'étaient enferrés suite aux atermoiements des dirigeants européens, français et allemands en particulier, quant au traitement de la crise des dettes souveraines. Dans un seconds temps, les injections massives de liquidités complétées par la baisse des taux de la BCE le 2 mai dernier ont créé un terrain favorable à une redynamisation des économies européennes à court terme et à un retour de la croissance prévu pour 2014.

Les marchés actions nous paraissent les mieux placés pour tirer parti de ces liquidités abondantes à travers plusieurs canaux : les flux d'investissement vont se diriger à un moment ou à un autre vers le marché financier et plus particulièrement vers le marché actions ; ensuite, le climat monétaire accommodant est de nature à soutenir les fondamentaux économiques puisque les entreprises peuvent se financer et donc investir avec moins de contraintes.
Tous ces éléments présagent de rythmes soutenus de croissance des sociétés européennes cotées.

Vous tablez sur la perfusion monétaire des banques centrales pour continuer à alimenter la hausse de la bourse, mais n'est-ce pas paradoxal quand on songe que la FED elle-même se demande comment elle va bien pouvoir refermer le robinet à liquidités ? Par ailleurs, le fait que la BCE n'ait pas baissé ses taux d'intérêt lors de sa réunion du 6 juin n'est-il pas révélateur du fait que les banques centrales ont déjà fait le maximum de ce qu'il était raisonnable de faire en matière de prodigalité monétaire - le mot « raisonnable » étant d'importance puisque on ne sait toujours pas si la politique hyper-expansionniste de la BoJ est géniale ou démesurément stupide - et qu'en conséquence miser sur une poursuite de l'expansionnisme monétaire pour justifier une nouvelle hausse des actions est un pari un peu risqué ?

Le choix de la Fed est de ne pas prendre de risques sur la reprise économique et d'obtenir une baisse du chômage ... même si cela peut passer à court terme par des excès de valorisation des actifs risqués (du fait de l'abondance des liquidités).

Chez Groupama AM nous sommes conscients des choix des banques centrales. Immanquablement les marchés ne sortiront pas sans heurts de cette abondance de liquidités. Mais comment et dans combien de temps ?

Pourquoi utiliser le mot « raisonnable », pour définir la politique actuelle des banques centrales ?
Il est clair qu'aujourd'hui il s'agit de politiques « non conventionnelles » et que les banques centrales demeurent les acteurs économiques les plus crédibles, c'est pourquoi les marchés vont dans leur sens.

Puisque selon vous, les actions disposent toujours d'un certain potentiel, quel est selon vous celui du CAC 40 ?

Pour déterminer le potentiel du CAC 40, il faut non seulement observer les fondamentaux, ce que nous venons de faire, mais aussi se poser des questions d'ordre technique. Nous ne rentrerons dans la période de publication des résultats que dans un mois. Durant cet intervalle les marchés actions vont donc manquer de repères susceptibles de les orienter, ce qui constituera et constitue même déjà un prétexte à du flottement.

Cependant nous pouvons d'ores et déjà prévoir que l'abondance de liquidités aboutira à un basculement des capitaux issus d'actifs peu rentables (monétaire ou taux) vers les marchés actions.

Donc, indéniablement, la bourse marque une pause et le cap des 4000 points s'avère difficile à franchir actuellement mais nous sommes sereins et confiants dans la capacité du CAC 40 à le dépasser ultimement pour atteindre sous trois mois les 4100 points.

Par la suite, du fait de l'amélioration des fondamentaux à laquelle nous nous attendons, le CAC 40 devrait rallier les 4300 points d'ici 12 mois.

Que préconisez-vous en termes de stratégie d'investissement ? Faut-il privilégier certains secteurs ?

La progression jusqu'à fin mai du CAC 40 a reposé, de manière assez surprenante, sur des valeurs défensives et de rendement. Pour le moment, nous ne sommes pas en mesure de savoir quels secteurs porteront la prochaine phase de hausse. Nous pensons que le cœur de l'Europe, constitué de la France et de l'Allemagne, jouera un rôle moteur de l'investissement et donc de la progression des marchés. Par ailleurs, les pays européens périphériques tels que l'Italie devraient constituer un second axe de développement.

Pour le reste, des opportunités se présentent un peu partout dans la cote. Il s'agit par conséquent de faire du « stock picking » en gardant à l'esprit quelques critères simples de sélection des entreprises du portefeuille : un endettement faible, de la croissance externe et/ou interne et surtout une ouverture sur le monde afin de récolter les fruits de la croissance émergente ou bien américaine.

Auriez-vous des exemples de titres remplissant ces critères ?

Afin de bénéficier du retournement de cycle et de leur internationalisation, les valeurs technologiques sont un vecteur d'investissement : STM, Atos, Dassault Systèmes.

Un autre axe d'investissement peut reposer sur les changements de stratégies qui provoqueront une revalorisation : Alcatel, Vivendi ou Air France.


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