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Steria, une sanction boursière disproportionnée

24/11/2010 - 10:28 - Sicavonline - Vincent Bezault



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Steria, une sanction boursière disproportionnée

Florian ALLAIN

L'avertissement sur résultat que Groupe Steria a récemment lancé n'inquiète pas Florian Allain, gérant chez CCR AM de CCR Actions France. Selon lui, cette alerte repose sur des facteurs conjoncturels et ne remet pas en cause la stratégie du groupe. Le gérant de CCR Actions France considère au contraire que le brutal décrochage de Steria depuis la mi-octobre prodigue aux investisseurs une belle opportunité pour rentrer à son capital.

Un leader européen des services informatiques

« Groupe Steria se classe parmi les dix premières SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique) d'Europe. Le groupe réalise 55 % de son chiffre d'affaires dans des activités cycliques, telles que le conseil et l'intégration de systèmes. Steria intervient également sur des segments plus récurrents que sont l'infogérance, la tierce maintenance applicative et le Business Process Outsourcing (BPO), qui génèrent 45 % du revenu. »

« Le groupe opère principalement en Europe de l'Ouest. Ses trois plus gros marchés sont le Royaume-Uni, qui pèse 40 % de son chiffre d'affaires, la France (30 %) et l'Allemagne (15 %). »

« Par ailleurs, Steria se focalise essentiellement sur trois catégories de clients : le secteur public (gouvernement, administrations, collectivités territoriales) qui amène 40 % du chiffre d'affaires, puis les services aux collectivités (énergie, eau, transports) et les services financiers, qui constituent chacun 25 % du revenu. L'industrie et le commerce de détail représentent les 10 % restants de l'activité. »

Une activité au second semestre 2010 pénalisée par des éléments conjoncturels

« Groupe Steria a émis dernièrement un « profit warning ». En raison d'un décalage d'activité au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. La société n'escompte plus désormais engranger que 1 % de croissance interne sur l'année, quand elle anticipait précédemment une progression organique de son volume d'affaires comprise entre 1 % et 3 %. Par ailleurs, la marge opérationnelle qui était initialement vue à 7,3 % devrait s'établir à 7 %.»

« La moitié du décalage d'activité de Steria provient du Royaume-Uni. Comme chacun sait, le grand cheval de bataille du gouvernement britannique est aujourd'hui la réduction des dépenses, notamment les dépenses informatiques. Par conséquent, Steria, à l'instar de tous les prestataires de services informatiques, a dû renégocier l'ensemble de ses contrats avec le gouvernement de sa gracieuse Majesté, ce dernier souhaitant être sûr de ne pas engager de dépenses superflues. Finalement, tous les contrats du groupe ont été validés, mais les discussions ont duré plus longtemps que prévu. Du coup, toutes les affaires qui devaient démarrer au dernier trimestre 2010 ne démarreront qu'en début 2011. »

« Le décalage en France (un quart du décalage total) provient d'un problème de ressources humaines. La division française n'avait pas recruté suffisamment d'ingénieurs au cours du deuxième trimestre et s'est donc retrouvée obligée de recourir à des sous-traitants, ce qui coûte plus cher. L'impact sera de trois millions d'euros environ. »

« Le retard en Allemagne sera équivalent à celui pris en France. Steria met plus de temps que prévu à lancer sa nouvelle solution pour les groupes financiers, initialement programmée pour le second semestre 2010 et qui n'arrivera qu'au début de l'année prochaine. »

« Suite à cet avertissement sur chiffres d'affaires et marge opérationnelle, Steria a été d'autant plus sanctionné par les marchés financiers que son principal concurrent, Atos, a indiqué qu'il n'aurait pas de report d'activité. Néanmoins, de mon point de vue, la déception n'est que passagère car elle découle d'éléments conjoncturels et n'invalide absolument pas la stratégie du groupe, qui possède toujours des atouts intéressants. »

Des fondamentaux très rassurants

« Une des grandes forces de Steria est la stabilité de son management. Le PDG, François Enaud, dirige le groupe depuis maintenant douze ans. De plus, la structure atypique de la SSII lui permet de travailler dans la sérénité : Steria est une SCA (société en commandite par actions) et ne peut donc pas faire l'objet d'une OPA. En outre, le groupe possède un actionnariat salarial important, puisque plus de 20 % des actionnaires sont des salariés de Steria. Cette particularité assure une continuité dans la gestion de la société. »

« Un autre élément qui me semble essentiel est le rachat de la SSII britannique Xansa en 2007. Cette acquisition a permis à Steria de se renforcer dans le secteur public et, surtout, de disposer en Inde d'une base « offshore » de 6.000 ingénieurs, soit un tiers de ses effectifs. Or, il est crucial de disposer de ce type de centre à moindre coût dans le métier des SSII, par nature plutôt déflationniste du fait de l'important pouvoir de négociation des clients sur les prix. Pour cette raison mais aussi eu égard au fait que les ingénieurs indiens sont extrêmement qualifiés, l'implantation en Inde revêt réellement un caractère stratégique. »

«Autre argument en faveur du titre : Steria a considérablement réduit son endettement. Le ratio dette nette/EBITDA du groupe, qui s'élevait à 2,5 au cœur de la crise, est aujourd'hui tombé à 1. Cela permet à l'entreprise de François Enaud de bénéficier d'une solidité financière significative, d'autant plus qu'en règle générale les SSII génèrent beaucoup de trésorerie et ont peu de dépenses d'investissement. »

Un positionnement attrayant

« Outre ses fondamentaux solides, Steria présente encore de belles perspectives de développement. Le groupe est bien positionné sur deux métiers d'avenir, le «Business Process Outsourcing (BPO) et le cloud computing. Le BPO consiste à sous-traiter certaines tâches administratives, telles que la paie, la comptabilité etc... , afin de faire des économies sur des activités qui ne constituent pas le coeur de métier du client. Ce service, qui intéresse beaucoup les industriels, connaît une forte croissance et procure des marges appréciables à Steria. »

« Le cloud computing, quant à lui, n'est autre que l'externalisation des serveurs de l'entreprise, avec une mise à disposition d'applications On Demand, c'est-à-dire en fonction des besoins du client. Il s'agit d'une activité en plein essor et Steria n'est pas le plus mal loti pour capter une partie de ce business additionnel. »

« Par ailleurs, et c'est un coup de chance pour les SSII comme Steria, il se trouve que les technologies de l'information sont globalement génératrices d'économie. Cela offre des opportunités certaines à un moment où de nombreux gouvernements cherchent à équilibrer leurs comptes. »

« Fort de ces atouts, Steria a annoncé viser une marge à deux chiffres à moyen terme. Il y parvient déjà au Royaume-Uni et, à mon sens, cet objectif est atteignable sur l'ensemble de ses marchés, à condition de maintenir un certain niveau de croissance. »

Une valorisation attrayante

« Compte tenu des fondamentaux du groupe, la valorisation actuelle de Steria me paraît très séduisante. Le titre, qui se paie six fois le résultat d'exploitation (NDLR : à 18,53 euros, cours du 23 novembre), est encore évalué comme une valeur très cyclique alors que le groupe réalise près de 7 % de marge en creux de cycle et qu'il s'est largement désendetté. »

Recommandation

« Par conséquent, Steria apparait comme une belle opportunité. En dépit de l'avertissement sur résultat, le groupe repose toujours sur des bases solides et présente des perspectives d'avenir intéressantes. Je pense donc qu'il pourrait se payer huit fois le résultat d'exploitation, soit un potentiel de hausse d'environ 30 %.

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



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