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Jouer l'Europe mais attention aux valeurs exposées au dollar !

19/01/2015 - 12:05 - Sicavonline



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Avec plus de la moitié de son portefeuille consacrée aux valeurs européennes, Charles Firmin-Didot, DG de RMA AM, semble suivre la tendance. Mais à y regarder de plus près, le gérant se distingue de ses pairs en se montrant très méfiant vis-à-vis des valeurs exposées au dollar. Découvrez les convictions,  parfois inattendues, de ce gérant affichant une philosophie d’investissement fondée sur «ceux qui savent entreprendre plus que sur des produits ou des secteurs».


 

Charles Firmin-Didot vous êtes le directeur général de RMA AM et vous gérez le fonds RMA Entrepreneurs. Il s'agit d'un fonds Actions internationales. Vous êtes donc présent via l'investissement sur toutes les zones du globe. Aujourd'hui, dans une période assez troublée où l'on manque parfois de visibilité dans quelle zone investissez-vous en priorité ?

En priorité aujourd'hui plus en Europe et dans la zone euro, mais en particulier au travers de sociétés exportatrices.

En raison de la baisse de l'euro ?

Evidemment, la baisse de l'euro est un cadeau et une opportunité.

Toute crise amène son opportunité aussi.

Choisissez-vous plutôt des valeurs exportatrices exposées au dollar puisque celui-ci est en train de s'apprécier en ce moment et que nombreux sont ceux qui voient ce mouvement perdurer ?

Je ne vais pas forcément sélectionner les valeurs particulièrement en fonction de la devise mais lorsque j'ai regardé mon portefeuille récemment je m'aperçois que la plupart des bons entrepreneurs que nous avons retenus ont des entreprises exposées aux valeurs émergentes. Je me suis demandé si c'était bien ou non. Comme je détiens une ligne du groupe Casino leader sur le marché brésilien, j'ai regardé par exemple le comportement du real brésilien face à l'euro, et le premier commence à s'apprécier face au second depuis un ou deux mois, après avoir sensiblement baissé avant. 

Mais est-ce qu'être exposé au dollar ne serait pas mieux ?

Etre exposé au dollar c'est très bien aujourd'hui parce que c'est le dollar qui est à la mode mais je reste relativement prudent à long-terme sur le dollar parce que je n'aime pas le bilan de la FED.

Voulez-vous dire que l'on peut craindre dans quelques années un effondrement du dollar ?

Tout à fait. Il s'agit peut-être d'une probabilité de l'ordre de 10 ou de 20 % mais si jamais les Russes et les Chinois décident d'abandonner le dollar pour une raison géopolitique –et certains disent qu'ils commencent à le faire, ils ont déjà vendu il me semble 25 ou 30 % de leurs réserves depuis un an– ça pourrait être assez perturbant.

Russes et Chinois ne vont certainement pas le faire tant que les Etats-Unis restent « les plus forts » mais le jour où les Etats-Unis traverseront à nouveau une crise, peut-être qu'ils se souviendront que les Etats-Unis n'ont pas été très gentils avec les Russes récemment.

Je note que l'accord entre la Russie et la Chine est quand même assez important (NDLR : en octobre 2014 la Chine et la Russie ont signé 38 accords de coopération interministériels et interentreprises dans des domaines aussi variés que la fourniture de gaz à la Chine mais aussi que le financement des banques russes par des institutions de l'Empire du Milieu, cependant que la Banque Centrale Russe et son homologue chinoise s'accordaient sur une convention d'échange de devises d'une durée de trois ans pour un montant total d'environ 19 Mrds d'euros.)

Vous vous méfiez du dollar mais on entend une foule d'investisseurs clamer qu'il faut être présent aux Etats-Unis parce que c'est la zone où la croissance semble la plus avérée. Ce n'est donc pas un sentiment que vous partagez…

Non parce que la croissance ne veut pas dire hausse des profits. La valeur qui a le plus monté dans notre portefeuille l'année dernière était russe : +128 % pour Rusal (NDLR : Rusal est le premier producteur mondial d'aluminium) parce qu'il s'agissait d'un exportateur qui a bénéficié de la baisse du rouble.

Aux Etats-Unis, vous allez avoir plein de sociétés qui vont vraiment souffrir de la hausse du dollar. Donc attention aux Actions américaines aussi.

Il faut plutôt aller investir là où il y a quand même une innovation. Les Etats-Unis sont toujours un territoire intéressant pour certaines innovations mais le Canada aussi. Par exemple dans la technologie, on pense toujours à Apple, Google et autres, qui sont de superbes sociétés mais il y a un nouveau challenger que beaucoup de gens pensent fini, c'est BlackBerry.

Vous voulez dire que vous investissez aujourd'hui dans BlackBerry ?!!! C'est quand même assez culotté. L'image que donne BlackBerry aujourd'hui est celle d'une société un peu en perdition.

Nous sommes d'accord. Leurs produits récemment, et je peux le dire parce que j'en ai un, n'étaient pas les produits les plus « sexys ». Toutefois, il ne faut pas omettre que BlackBerry possède un avantage énorme. Il est le meilleur dans la sécurité. Et cela à l'heure où notre téléphone s'apprête à servir de moyen de paiement et où nos communications sont de plus en plus suivies. Peut-être qu'on va avoir envie d'avoir un peu plus de sécurité. Et BlackBerry sera en l'espèce très bien positionné. Mais si nous investissons dans BlackBerry, c'est surtout que le groupe a un nouveau patron et un nouvel actionnaire, tous deux exceptionnels.

Dans notre approche « Entrepreneurs », on investit du reste plus dans les patrons que dans les business tels qu'ils existent aujourd'hui car ce sont les business de demain qui nous intéressent, ceux que l'on ne connaît pas encore mais que ces patrons vont concevoir et développer.

Estimez-vous que BlackBerry puisse réaliser le même parcours qu'Apple lorsque vous l'aviez mis en portefeuille entre 2001 et 2002 ?

J'avais investi dans Steve Jobs lorsqu'il était revenu chez Apple (NDLR : Apple se porte acquéreur de Next que Steve Jobs, l'un des trois fondateurs du groupe à la pomme parti en 1985 détient à 45 %. Ce dernier reprend pleinement les manettes d'Apple en juillet 1997 alors que celui-ci est au bord de la banqueroute). Il faut se rappeler qu'à cette époque personne ne croyait plus en Apple qui, du reste, ne valait plus que 150 millions de dollars, soit même plus le cash qu'il avait dans ses caisses. J'ai acheté le titre pour le voir encore baisser de 30 % dans l'année qui a suivi. Tout le monde me tombait dessus. Mes investisseurs me disaient : Mais Charles pourquoi veux-tu investir dans cette boite pourrie ? On a vu ce qui s'est passé ensuite.

Aujourd'hui tout le monde me dit : pourquoi veux-tu investir dans BlackBerry, c'est fini, mais regardez ce que le nouveau PDG, le hongkongais John S. Chen, a fait avec la société américaine Sybase par exemple (NDLR : sous la houlette de John S. Chen qui en devient PDG en 1997 l'éditeur de logiciels Sybase se transforme en une machine à cash qui enregistrera cinquante-cinq trimestres consécutifs de rentabilité. Sa capitalisation boursière qui ne dépassait pas les 400 millions de dollars lorsque Chen prend les commandes avoisinera les 6 milliards de dollars en 2010 lorsque SAP le rachètera). Il est bien meilleur que nous, il n'y a même pas de questions à ce poser.

Outre-atlantique, bien que vous soyez inquiet du devenir du dollar, y-a-t-il d'autres types de sociétés qui vous intéressent ?

On aime bien FedEx par exemple, je crois beaucoup en son patron et cette société va énormément profiter de l'essor du commerce Internet. En revanche, je suis assez méfiant vis-à-vis de toutes les sociétés Internet et technologiques qui ne paient pas beaucoup d'impôts, parce que déjà, à titre personnel, je n'aime pas l'idée que l'on se soustraie à la fiscalité, et donc par principe j'y vais moins. Ensuite, je pense qu'un jour ou l'autre les choses vont changer ; des entreprises américaines qui vendent des produits en France et qui ni paient pas d'impôts grâce à tout un tas d'astuces, c'est scandaleux et le holà finira bien par être mis.

Revenons à l'Europe. Quelle proportion de votre portefeuille lui revient aujourd'hui ?

Aujourd'hui, l'Europe doit peser environ 60 % du portefeuille alors que dans l'indice mondial elle ne compte que pour 25 ou 30 %.

Et au sein de l'Europe quels pays se dégagent ?

La France parce qu'on la connaît bien et qu'on y trouve de très bons entrepreneurs. La Norvège, l'Allemagne, L'Italie ; par contre, je ne touche pas tellement à l'Angleterre parce que la plupart des entrepreneurs anglais utilisent le marché comme poubelle pour sortir de leurs sociétés, et toutes leurs bonnes idées, ils les développent dans le privé.

Une question hérétique pour un stock-picker comme vous : ne serait-il pas plus simple pour un investisseur en Actions dans la perspective d'un QE d'acheter un tracker ou un fonds indiciel ?

C'est une bonne question. Je pense que lorsque vous regardez la performance moyenne de la plupart des fonds, elle n'est pas supérieure à celle des trackers, donc on peut se poser la question. Personnellement, je trouve que les indices sont mal formés aujourd'hui et qu'avec le private equity qui est devenu très puissant remet en bourse des sociétés desquelles il a exprimé toutes les marges qu'il y a avait à tirer en décuplant les profits. Il les remet ensuite en bourse alors que le potentiel est épuisé. Ces sociétés voient leurs cours baisser pendant sept ou huit ans puis le private equity les rachète. Je considère dans ces conditions que l'indice devient la poubelle du private equity. Donc il faut quand même se méfier des indices et plus ça va plus je pense qu'il faut être sur des sociétés dans lesquelles on est protégé d'un rachat par l'actionnaire majoritaire. Ce qui m'a beaucoup fait souffrir voilà deux ans c'est que nous étions investis dans Dell depuis pas mal d'années, et alors que le titre commençait à bien se reprendre, Michael Dell a racheté les minoritaires sans leur demander leur avis puisqu'aux Etats-Unis nul besoin d'avoir 95 % des voix, il suffit juste que le conseil d'administration dise « allez-y, c'est bon» et tous les minoritaires se font avoir. Depuis Dell se porte beaucoup mieux, le cours aurait sûrement été multiplié par trois et bien sûr le marché et les indices n'en profitent pas. Par conséquent, il faut bien regarder où vous investissez et voir si la société peut se faire racheter par ses actionnaires majoritaires et se faire sortir du marché.

Quelles sont les sociétés en France qui vous plaisent le plus ?

J'ai évoqué casino avec Jean-Charles Naouri. J'aime beaucoup Elior qui a été réintroduite récemment, il y a six mois sur le marché, je connais très bien l'équipe de Robert Zolade Son équipe et lui sont incroyables. Donc Elior j'y crois beaucoup.

Vous avez Bolloré qui est incontournable pour moi bien que le cours ait tellement monté depuis deux ou trois ans si bien que le groupe est peut-être assez cher – au demeurant c'est peut-être pour cela que Bolloré a fait une OPE sur Havas en payant en Actions – mais Vincent Bolloré reste un des meilleurs entrepreneurs d'Europe voire du monde. Et beaucoup de sociétés plus petites aussi comme Valtech ou celle de Jacques Veyrat, Direct Energie, que j'aime beaucoup.

Donc pour résumer, vous allez sur des sociétés avec des entrepreneurs de qualité, misez sur l'Europe et plutôt sur les exportateurs européens mais pas ceux exposés au dollar…

Au sujet du dollar, j'apporterai un petit bémol à ce que j'ai développé précédemment : les exportatrices en dollar n'ont pas encore monté en bourse, elles devraient bien performer dans les six mois qui viennent même si à long-terme le dollar reste une devise dont il faut se méfier.

Et outre-Atlantique votre grand pari est BlackBerry…
Oui, et si John S. Chen arrive à la redresser je pense que ce titre peut être un jackpot et surtout que le risque est beaucoup moins important aujourd'hui qu'il y a un an : la société ne perd plus d'argent.


Charles Firmin-Didot
Diplômé de l'Ecole Polytechnique, Charles Firmin-Didot est le Directeur Général de RMA Asset Management.
Après avoir passé 12 ans chez JP Morgan en tant que gérant de fonds et conseiller en fusion-acquisition, il fonde en 2000 sa propre société de gestion, qui gère un fonds privé non enregistré en Europe. En 2001, il crée et gère chez DNCA le fonds Talents (actions internationales) avec une approche focalisée sur les entrepreneurs. En 2003, il rejoint AXA Investment Managers en tant que gérant indépendant. Il y transfère le fonds Talents et crée aussi Talents Brick.
En août 2012, il quitte AXA IM pour se consacrer à la gestion du fonds Sophia Global Investments (fonds Entrepreneurs privé non enregistré en Europe), avant de rejoindre RMA Asset Management en mai 2014 pour créer la nouvelle gamme de fonds « RMA Entrepreneurs » proposée à une clientèle plus large.
Philosophie d'investissement
La philosophie d'investissement de Charles Firmin-Didot, repose plus sur l'étude des hommes et des femmes qui  savent entreprendre que sur leurs sociétés. Avec une approche humaine et responsable, Charles et son équipe sélectionnent à travers le monde les meilleurs entrepreneurs dans chaque secteur d'activité. Ces entrepreneurs de talent doivent avoir fait leurs preuves, avoir une grande partie de leur patrimoine dans la société sélectionnée et être généreux envers les actionnaires minoritaires.

© Synapses. Les contenus (vidéos, articles) produits par Synapses font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.

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