1. Bourse & Sicav
  2. L'économie pour investir
  3. Injections de liquidités : stop ou encore ? (Charles Sannat)

Injections de liquidités : stop ou encore ? (Charles Sannat)

21/06/2013 - 16:22 - Sicavonline - Charles Sannat, Directeur des Etudes Economiques d'AuCOFFRE.com



Lettre d'info gratuite

 
Imprimer cet article

 
Augmenter la taille du texte

 
Réduire la taille du texte

 
Envoyer cet article

 
Fil RSS Sicavonline

 
Partager sur Facebook

 
Publier sur Twitter

 
Suivre @sicavonline




Injections de liquidités : stop ou encore ? (Charles Sannat)

Les déclarations de plusieurs membres de la Fed suggérant la possibilité de réduire progressivement la politique monétaire ultra-prodigue de la banque centrale américaine ont soufflé un vent de panique sur les marchés financiers. Aucun actif n'a été épargné : l'or, le pétrole, les actions, tout a baissé. Charles Sannat, Directeur des Etudes Economiques d'AuCOFFRE.com estime pourtant que les banques centrales doivent arrêter de jouer aux apprentis sorciers et qu'il est encore temps de stopper l'hémorragie avant qu'il ne soit trop tard.


« Cela n'aura échappé à personne mais au moment où j'écris ces lignes, il est environ 17h00. Je ne connais donc pas les chiffres exacts de clôture mais peu importe, la tendance est là. Partout baissière.

Un constat : tout baisse !

Les marchés actions chutent sérieusement. Ce n'est pas un krach. Ceux qui ont vécu ces dernières années un peu en Bourse n'ont pas oublié en 2008 les chutes à deux chiffres des principaux indices... En une séance !

Le pétrole et l'énergie au sens large baissent largement.
L'euro s'affaiblit face au dollar.
Les taux d'intérêt sur les obligations souveraines sont en forte augmentation.
L'or, l'argent et de façon générale toutes les matières premières trébuchent, et fortement pour l'or.
Voilà pour les constats. Maintenant essayons de reprendre, de décrypter et de comprendre tout cela.
En bref ;
Il y a trois éléments qui influent sur le prix de l'or depuis 10 ans.
- La demande industrielle. Impact négligeable sur le prix de l'or. Disons que lorsqu'il n'y a que ce facteur l'or vaut 300 dollars l'once.
- Le risque hyperinflationniste. Impact massif et très fort qui explique 99 % de la hausse de l'or durant cette dernière décennie.
- Le risque d'insolvabilité. Impact quasi inexistant pour le moment car personne ne veut prendre en compte le risque pourtant réel d'insolvabilité généralisée des État, c'est-à-dire en d'autres termes une énorme faillite mondiale et simultanée de presque tous les pays !

L'arrêt annoncé, mais je dis bien annoncé, car il y a une différence majeure entre annoncée et avérée... Lorsque « je verrai de mes yeux vus » la FED stopper ses injections de monnaies alors j'y croirai. Pas avant, car pour tout vous dire je pense que la FED et toutes les autres banques centrales sont prisonnières des taux bas. Donc elles ne peuvent pas cesser ces injections. En revanche, elles peuvent déclencher les raisons qui rendraient leur poursuite nécessaire à tout prix.

La peur de la fin des injections quotidiennes de monnaie

Hier, les minutes de la FED, c'est-à-dire le résumé des débats entre les différents membres du Board de la FED, ont été rendues publiques. Et là, panique sur les marchés puisque de plus en plus de gouverneurs souhaitent l'arrêt de la création monétaire illimitée... Tout en sachant que Ben Bernanke, le gouverneur en chef, disait hier devant le Congrès américain que stopper trop vite les quantitative easing pouvait poser quelques problèmes majeurs à la reprise économique.

Et c'est tout le problème des autorités monétaires partout à travers le monde (c'est un peu moins le cas en Europe) qui sont tombées dans le piège des taux bas et de la création de fausse monnaie.

La question devient : comment en sortir ?

Avant d'aborder le comment, voyons d'abord le pourquoi ! Pourquoi sortir de ces politiques dites non-conventionnelles ? Pour une raison finalement assez simple. Ce n'est pas la monnaie qui crée la richesse mais la richesse qui crée la monnaie.
Pour comprendre ce concept économique de base, utilisons l'image employée par Olivier Delamarche dans sa dernière intervention sur BFM Business et qui disait pour un autre sujet que « ce n'est pas la queue qui remue le chien mais le chien qui remue la queue » !
En clair, injecter trop de monnaie ne peut avoir comme conséquence à terme que la dévalorisation de cette monnaie et donc de l'hyperinflation. Tout le monde le sait ! Y compris les gamins qui font une partie de Monopoly et qui, pour la faire durer, pillent la banque puis finissent par faire ce que fait Ben Bernanke... imprimer des nouveaux billets ! C'est la seule façon de rendre solvable les joueurs qui ont déjà perdu pour que la partie puisse continuer sans fin... C'est ce que nous faisons, avec une grande différence : nous ne sommes pas dans un jeu !

Alors pourquoi en sortir ? Parce qu'à aller trop loin, nous déclencherons un tsunami hyperinflationniste qui ruinera tout le monde dans un bain de sang monétaire à la République de Weimar.

Maintenant comment en sortir ?

Tout d'abord, en essayant de préparer les esprits progressivement dans un savant dosage de communication avec un jour où je dis on va arrêter peut-être dès juin 2013, puis le lendemain en disant que non ce ne sera sans doute pas juin, puis en disant que ce sera juillet... On attend les réactions des marchés et en fonction on réajuste le discours. Au bout d'un certain temps et d'un nombre indéfini de séances boursières en yo-yo, les intervenants finiront par s'habituer à ce nouveau discours et répéteront à l'envie comme les crétins lobotomisés qu'ils sont « ben oui c'est normal comme l'économie va mieux que bien faut arrêter tout ça et tout se passera bien... »

Le petit hic, bien visible hier au Japon, c'est que l'on visualise bien ce que l'on dit depuis plusieurs mois à savoir que cette hausse ne repose que sur l'argent gratuit imprimé par les banques centrales. Il n'y a rien de sérieux et de solide économiquement derrière tout ça.

Le problème précisément c'est que l'économie ne va pas mieux !
Et il est bien là le problème majeur. Il n'y a aucune croissance saine, durable et autonome que les gouverneurs de banques centrales ont réussi à créer avec ces politiques. Rien, que de nouvelles bulles qui menacent la stabilité de l'économie mondiale de façon systémique. »

Charles Sannat, Directeur des Etudes Economiques d'AuCOFFRE.com

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



A lire autour du sujet "Injections de liquidités : stop ou encore ? (Charles Sannat)" :




Lettre d'info gratuite

 
Imprimer cet article

 
Augmenter la taille du texte

 
Réduire la taille du texte

 
Envoyer cet article

 
Fil RSS Sicavonline

 
Partager sur Facebook

 
Publier sur Twitter

 
Suivre @sicavonline





Abonnez-vous à notre newsletter
Pour mieux comprendre les stratégies financières et patrimoniales gagnantes, abonnez-vous :
En savoir +

Articles les plus lus

Abonnez-vous à notre newsletter
Pour mieux comprendre les stratégies financières et patrimoniales gagnantes, abonnez-vous :
En savoir +

SICAV et FCP les plus vus

A court ou long terme, avec plus de 5 000 Sicav et FCP disponibles, le compte titres est le support idéal pour développer votre capital.
Jusqu'à
remboursés
A plus de 5 ans, le compte PEA, avec son cadre fiscal avantageux et ses 600 Sicav et FCP est le plus adapté pour épargner.
A plus de 5 ans, investissez dans des PME européennes au travers de 23 Sicav et FCP éligibles au compte PEA PME.
Grâce aux SCPI sélectionnées par Sicavonline, investissez dans l'immobilier à partir de 830 €, préparez vos revenus de demain et réduisez vos impôts. Nouveau : Découvrez les SCPI à crédit