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USA : Quantitative Easing toute ! Les implications

20/09/2013 - 11:46 - Sicavonline



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USA : Quantitative Easing toute ! Les implications

Alain Pitous (Amundi) revient sur la décision surprise de la FED

Alors que la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) avait en mai, par la voix de son président Ben Bernanke, indiqué que la période de rotation effrénée de la planche à billet arrivait à son terme, la banque centrale américaine a changé de pied et décidé de ne pas réduire ses achats d'actifs. Alain Pitous, Directeur des Gestions Diversifiées d'Amundi, détaille les implications de cette décision surprise.

La FED a pris la communauté financière à contre-pied en décidant de ne pas toucher à son programme de rachats de titres (QE3). Elle motive le fait de ne pas fermer le robinet à liquidités par des incertitudes entourant la croissance américaine, le marché du travail (où la baisse du taux de chômage ne parait pas la pleinement convaincre) et la faiblesse de l'inflation. La croissance américaine que nombre de stratégistes et d'économistes voyaient s'affirmer dans les prochains mois est-elle plus sujette à caution qu'il n'y parait ?

Alain Pitous (Amundi)  : En termes de prévision économique, nous sommes depuis mois plusieurs décalés chez Amundi par rapport au consensus. Nous pensons en effet que l'économie américaine est certes en avance par rapport à l'Europe, en particulier dans son cycle de reprise, mais que le potentiel de rebond marqué est limité. Nous anticipons donc une croissance modérée, inférieure à ce qu'elle devrait être à ce moment du cycle, pour 2013 et 2014. La Fed elle-même a réduit ses prévisions pour 2013 et 2014...sachant que la FED est en général plus optimiste dans ses prévisions que ce qui est généralement atteint par l'économie, il y a lieu de se poser des questions... pour mémoire début 2011, la FED anticipait une croissance de 4% pour 2013...nous sommes sur un rythme d'à peine 2% en fait...

Est-ce que la FED ne s'inquiète pas au premier chef de l'envenimement des discussions budgétaires entre Républicains et Démocrates qui pourrait déclencher beaucoup d'attentisme de la part des ménages et des entreprises ?

Ce thème a été abordé par Ben Bernanke lui-même lors de sa conférence de presse : il a effectivement indiqué que ces doutes sur la politique budgétaire étaient un facteur négatif à court-terme pour la reprise. Plus généralement on peut se demander si structurellement les ménages américains n'ont pas changé d'attitude vis-à-vis du crédit pour consommer. Avant 2008, utiliser sa carte de crédit pour consommer était la norme. Il semble que cela ait changé. De plus, le chômage même s'il baisse un peu reste élevé et le revenu moyen progresse trop modérément pour que la consommation reparte franchement à très court-terme.

Le dollar s'est renforcé face aux autres devises depuis que Ben Bernanke a le 22 mai fait comprendre aux marchés financiers que le Quantitative Easing aurait une fin. Doit-on s'attendre à un affaiblissement sensible du dollar ces prochaines semaines ?

La décision de mercredi est quand même un peu surprenante par rapport à la communication engagée le 22 mai. C'est un changement de message et de sens ! En effet la décision de continuer d'acheter 85 Mrds $ par mois revient en fait à accroître le quantitative easing... le Trésor Américain ayant légèrement réduit son montant d'émission, moins de papier émis vs plus d'achat de la FED entraine un plus grand afflux de liquidité. Ceci peut expliquer la hausse des marchés obligataires et la baisse du $ dès jeudi... Le $ est donc probablement plus fragile à court-terme en particulier vis-à-vis de l'Euro. Vis-à-vis du Yen cela ne devrait pas trop changer la donne...en effet la BoJ va continuer sa politique accommodante encore plusieurs mois...plus accommodante que la politique de la FED en tout cas !!!

Coté émergent : la décision ce matin (NDLR vendredi 20 septembre) de la Banque Centrale d'Inde de monter ses taux , pour faire remonter sa devise, montre que le retour au calme n'est pas pour tout de suite.

Les marchés émergents avaient été fortement pénalisés par la perspective d'une fin prochaine du QE3, perspective qui avait entraîné outre la chute des devises émergentes une sortie de capitaux de ces mêmes marchés au profit des marchés occidentaux. Pourrait-on assister à un mouvement inverse ces prochaines semaines ?

C'est clairement ce que les opérateurs ont joué dès jeudi matin. Encore une fois la banque centrale d'Inde a jeté un pavé dans la mare ce matin en remontant ses taux ce qui va calmer les ardeurs. Le plus gênant dans tout cela est que la politique des banques centrales tend à être moins coordonnée moins lisible...et ça n'est pas bien vu par les marchés généralement.

Au-delà des premières incidences positives sur les marchés actions (le S&P 500, le Dow Jones ont culminé suite à cette annonce à des records historiques), quelles peuvent être les répercussions du statu quo décidé par la FED pour les bourses américaines et européennes ces prochaines semaines ?

Une première lecture conduit à traduire la décision de la FED comme un retour du « Put » Bernanke gratuit : c'est-à-dire à interpréter le discours de la FED comme une incitation à acheter des actifs risqués ...sans risque ! La FED étant là en dernier recours pour injecter des liquidités et soutenir les marchés. Même si tout le monde pense que cette politique aura une fin, les marchés continuent leur marche en avant.

Si on prend un peu de recul, le discours prudent de la FED sur l'économie devrait inciter à plus de circonspection d'ici quelques jours et ce d'autant que les discussions budgétaires pourraient amener un peu de volatilité sur les marchés.



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