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Crise grecque : les investisseurs privés devront mettre la main à la poche

16/06/2011 - 11:16 - Sicavonline



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Crise grecque : les investisseurs privés devront mettre la main à la poche

La crise grecque ne laisse pas d'inquiéter. Athènes a eu beau multiplier les mesures d'austérité, rien n'y fait : les déficits hellènes se creusent jour après jour et la Grèce doit payer au prix fort de taux d'intérêt usuraires la défiance qu'elle inspire à la communauté financière. Les solutions pour sortir de la crise grecque auront un coût, et pour Emeric Challier, responsable de la gestion Global Macro d'AFIM OFP, les investisseurs privés seront cette fois, quoi qu'il advienne, mis à contribution.

Un an après que la crise grecque a commencé à occuper la Une des journaux, la zone euro en est toujours au même point : elle cherche une solution. Comment se fait-il qu'elle en soit encore là ?

Emeric Challier - AFIM OFP : La crise grecque persiste et pour une bonne raison : la Grèce a plus de mal à se financer qu'il y a un an. Sa crédibilité auprès des investisseurs est en lambeaux. Les mesures d'austérité annoncées par le gouvernement de George Papandreou ne portent pas vraiment leurs fruits. Le déficit budgétaire de la Grèce a même augmenté de 13 % de janvier à mai par rapport à la même période l'année dernière. Il s'élève à 10,3 Mrds d'euros quand il n'atteignait que 9,1 Mrds un an auparavant. L'objectif était de le ramener à 9,07 Mrds d'euros.

La mise en œuvre des mesures d'austérité et de la collecte des impôts par Athènes est dans ces conditions plus que sujettes à caution, et ce faisant, les investisseurs qui voient dans la Grèce un risque majeur n'acceptent de lui prêter qu'à des taux exorbitants. L'Etat grec est donc dans une situation intenable et plus personne sur les marchés ne croit que sa dette pourra échapper à une restructuration, une solution à laquelle la Banque Centrale Européenne (BCE) est... farouchement opposée. La BCE a acheté de la dette souveraine grecque pour aider Athènes à se maintenir à flot. Elle détient donc une cinquantaine de milliards d'euros d'obligations grecques. Une restructuration de la dette grecque signifierait pour elle une perte importante, une dégradation de son bilan et la nécessité de procéder à une augmentation de capital, qu'elle effectuerait par apport des Banques Centrales Nationales (BCNs) de la zone Euro, déjà sous pression, dont les résultats seront très affectés par la dégradation de leurs dettes nationales Cela, son président Jean-Claude Trichet n'en veut, pour l'instant, pas.

Afin de sortir de la crise grecque, on évoque plutôt qu'une restructuration dure une restructuration douce qui se matérialiserait par un rééchelonnement de la dette émise par Athènes. Cette solution ne serait-elle pas acceptable pour la BCE ?

L'idée d'un Roll over a plutôt cours en ce moment. Elle consiste à dire aux détenteurs de dette grecque court terme qui arrive à échéance : « vous ne serez pas remboursés mais en échange de vos titres nous allons vous redonner de la dette avec des échéances plus longues. » Le hic est que la BCE ne goûte pas du tout cette façon de faire. Pour la Banque Centrale Européenne, les Etats ne font que reporter le problème de la crise grecque dans le temps sans le traiter. Et on peut être d'accord avec elle. On ne peut toujours demander aux générations futures de payer pour les problèmes présents.

Par ailleurs, si la solution du Roll over est séduisante par certains aspects, elle n'est pas forcément très pratique à mettre en place : que se passera-t-il en effet si certains des détenteurs de dette grecque refusent la conversion de leurs titres et exigent d'être payés ? Si on accède à leur demande, tous les détenteurs d'obligations grecques estimeront qu'ils ont le droit au même traitement et on se retrouvera de facto dans la même impasse.

Pour sortir de cette situation inextricable ne faut-il pas que le secteur privé prenne malgré tout à son compte une partie des pertes liées à la restructuration de la dette grecque ?

C'est tout le débat. Deux courants de pensée s'opposent. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande désirent que le secteur privé assume une partie des pertes que ne manquera pas de générer la restructuration de la dette grecque. Paris est contre. L'exposition des banques françaises à la Grèce n'est pas pour rien dans cette position. Les Européens devront sans doute aller au compromis, mais celui-ci induit de toute façon l'implication financière des investisseurs privés dans le sauvetage de la Grèce. La privatisation des profits et la nationalisation des pertes a sans doute vécu.

© Sicavonline. Les contenus (vidéos, articles) produits par Sicavonline font appel à des journalistes professionnels. Ils ne constituent pas des conseils en investissement ou des recommandations personnalisées. Le diffuseur n'a participé ni à l'élaboration de ce contenu ni à la sélection des valeurs/fonds mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital et aucune garantie de gain ne peut être octroyée.



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